La légende de Damvauthier – Lac Saint Point – Doubs

Le Saint-Point-Lac est situé dans le département du Doubs en Franche-comté.

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On raconte qu’autrefois, un ermitage aurait été construit dans ce vallon, au bord du lac.

Dom Vauthier et Fournier s’y seraient installés. Plusieurs maisons furent construit, ce qui forme un village en ce lieu, les habitants l’appellent Dampvauthier pour rendre hommage à l’un de ces ermites. C’est le début des défrichements, ce nom est donné au lac ainsi qu’à toute la communauté des villages installés autour du lac.

A la Révolution, plusieurs documents précisent avec précision que le « tombeau » de Vauthier et de Fournier était dans l’allée centrale de l’église.

Nommé anciennement Dampvauthier locus Domni Pontii heremitae ce nom sera changé au 16ième siecle pour prendre celui de Saint-Point-Lac.

Voici ce que dit la légende :

C’était une magnifique ville que Damvauthier. Tous les villageois des environs aimaient y aller, s’y retrouver. Ses marchés et ses foires attiraient énormément de monde Il y faisait si bon vivre et ses habitants y étaient si heureux.

Cependant, les habitants devinrent bourgeois, à force de commercer et de s’enrichir, ils perdirent leurs bonnes habitudes de largesse et de magnanimité. Ils devinrent hautains et ménagers de leurs deniers.  

Cette année-là, l’avant-veille de la Saint-Vauthier, fête patronale, une pauvresse, toute déguenillée, était entrée dans la ville. Elle portait un petit enfant sur son bras maigre, un bébé qui pleurait de faim. Elle frappa à la porte de la première maison : on fit semblant de n’avoir point entendu. Elle entra dans la seconde : on la chassa sous prétexte qu’elle avait de ses pieds sales, quelque peu terni l’éclat du parquet, tout juste ciré pour la fête ; on lui jeta un morceau de pain dur en arguant qu’on était trop occupé à préparer les gâteaux de la Saint-Vauthier pour aller lui chercher autre chose… Partout, ce fut semblable antienne et elle se retrouva à l’autre bout de la ville sans abri ni nourriture, désemparée.

Tout en pleurant, elle monta vers la forêt et s’y enfonça. Elle parvint, sans s’en rendre compte jusqu’à un énorme sapin à la base duquel un creux, entre deux grosses racines, servait de domicile à un ermite nommé Point. 

Dès qu’il l’aperçut, il s’arrêta de prier et lui dit :  

 « Vous ne pouvez aller plus loin : il fait nuit et vous semblez épuisée. Prenez abri dans mon arbre. Je coucherai dehors. »

  « Nous avons faim aussi, murmura la pauvre femme. »

  « Prenez mon dîner. »

Et il tendit son repas. Puis il alla s’étendre sur la mousse et, aussitôt, s’endormit. De toute la nuit il ne se réveilla, et pourtant, une terrible tempête s’éleva, se déchaîna sur les environs ; pendant des heures et des heures, les vents, les plus violents hurlèrent et le ciel déversa les trombes d’eau comme jamais on n’aurait pu l’imaginer. Puis tout redevint calme. Le soleil commençait à apparaître lorsque l’ermite Point ouvrit les yeux. Il se leva, se mit à genoux, pria longuement, puis alla vers le sapin : l’abri était vide ; sur la table, son humble repas s’était multiplié. Étonné, il fit quelques pas vers l’orée de la forêt. C’est alors qu’il vit que la vallée était noyée par un long lac aux eaux tristes. Il se jeta, face contre terre et supplia :

     Dieu tout-puisant, Dieu bon, pardonnez !

Une voix d’enfant répondit :

    Parce que tu as eu pitié de ma mère et de moi, Point, Dieu a entendu ta prière ;
le châtiment de ceux qui ne nous ont pas reconnus cessera le jour où l’un de cette ville aura pu faire accepter un morceau de pain à un pauvre étranger.

Point mourut, en odeur de sainteté, et donna son nom au lac au bord duquel il vécut sa vie de pénitence.  

Et depuis lors, tous les trois cents ans, la ville de Damvauthier revit la préparation intense de la fête patronale, avec ses parquets méticuleusement cirés, ses gâteaux dont l’odeur parfumée sort du four. Cela dure une heure. A la fin de la soixantième minute, tout disparaît : le lac remplit de nouveau la vallée. Il s’en est fallu de peu, une fois, qu’un berger qui venait du Risou ne libérât les habitants de la malédiction. Il s’était perdu et était entré, sans prendre garde, dans la ville un instant ressuscitée. A peine y avait-il fait quelques pas qu’il vit des gens, faire de grands gestes de fous en tenant du pain à la main. La peur le saisit et il s’enfuit à toutes jambes dans la forêt.  

Le soir de la Toussaint, on entend, au fond du lac, les cloches de Damvauthier sonner le glas des morts et il arrive parfois qu’un pêcheur aille maladroitement jeter son filet au-dessus de l’église engloutie et l’en retire déchiré…

Il existe plusieurs variante de cette légende. Selon certaines, c’est l’ermite qui a fait faire engloutir la ville grâce à un pouvoir miraculeux.

Une autre légende raconte qu’un ermite nommé Pontius avait bâti une cellule et un oratoire en bordure du lac de Damvautier au VIième Siecle.

Quelques photo du lac :

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Pour s’y rendre : Depuis Pontarlier, prendre la direction Metabief ou Vallorbe, et en sortant de Pontarlier tourner sur la droite en suivant la D437 jusqu’à Malbuisson.

Sur la carte :

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