Château d’Engelbourg – L’oeil de la sorcière – Thann (68)

 

Lorsqu’on s’approche de la petite ville de Thann en Alsace, on aperçoit un drôle de monument circulaire sur le sommet d’une montagne (le Schlossberg) surplombant le vieux bourg. Ça intrigue, on souhaite en savoir plus et la curiosité nous pousses jusqu’au pied du sommet (On reviendra sur la ville médiéval de Thann un peu plus tard).

Il s’agit de “l’œil de la sorcière”, c’est ainsi que l’on nomme l’étrange structure depuis des siècles. Les anciens ont certainement pensé qu’une sorcière vivait autrefois sur ce point haut. On peut imaginer qu’elle a fini pétrifiée par une force divine, et qu’elle observe les habitants à travers cet œil. On pourrait penser en le voyant à un monument druidique, ou bien, l’imaginaire n’ayant aucune limite, a un système pour pointer des étoiles.

La réalité historique est tout autre. Il s’agit dans son ensemble du vestige d’un ancien château construit aux alentours de 1224 par le comte Frédéric II de Ferrette. L’élément de forme circulaire est en fait le tronçon d’une ancienne tour qui a été détruit en plusieurs morceaux et retournée par des mineurs venant de Giromagny sous l’ordre du Roi Louis XIV qui avait décidé de raser le château. Ce qui fût exécuté en 1673.

Le château d’Engelbourg (Engelsburg ou château de l’ange, en référence à l’archange Saint-Michel, protecteur des fortifications) servait a contrôler un péage. Construit sur une montagne haute de 443 mètres, sa position stratégique permettait de veiller sur la route commerciale en contrebas reliant l’Italie aux Flandres.

Les descendants d’Ulrich II de Ferrette en font leur résidence privilégiée. Mais en 1324, le château devient le logis d’un commandant et, plus tard, en 1470, à Pierre d’Archambaud qui était alors le bailli de Charles le Téméraire, connu pour être un chevalier bourguignon dont la condamnation est le premier exemple d’un procès pour crimes de guerre dans l’Europe moderne.

Les années défilent, le château subit bons nombres de destructions sans grande importance, ce qui permit de le reconstruire. Il a pu ainsi résister jusqu’au milieu du 17ième siècle. Malheureusement, perdant de son intérêt stratégique en partie à cause des traités de Westphalie, Louis XIV ordonna de le détruire intégralement.

Il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges, entretenu et restauré grâce à de courageux bénévoles. Le site est Classé Monument historique depuis 1930. (Comptez une trentaine de minutes pour monter en empruntant le sentier depuis Thann).

 

La ville médiévale de Thann : 

Impossible de visiter le château d’Engelbourg sans parler de Thann et de la légende des trois sapins. Une muraille entourait la ville sous le règne du comte Thiébaud en 1290, et l’on observe aujourd’hui quelques tours :

La Tour des sorcières (Prison utilisé lors de procès contre la sorcellerie datant de 1411) 

Tour des cigognes (Tour de défense datant de 1360)

La légende des trois sapins : (elle a de nombreuses variantes)

L’histoire commence en Italie, dans la petite ville de Gubbio. L’évêque de cette ville d’Ombrie s’appelait Thiébaut et il avait un domestique. Thiébaut se sentant approcher de la fin de sa vie, demande à son honorable serviteur s’il peut, le jour de sa mort, garder la bague épiscopale qu’il porte en main.

En 1160, Thiébaut meurt. Le serviteur tente alors de récupérer difficilement la bague à son doigt. L’opération est tellement délicate que le doigt du Saint se décroche de la main. Hum, oui c’est gore, mais pensant que c’est un miracle, il garde précieusement la bague et le doigt.

N’ayant plus rien qui le retient dans cette contrée lointaine, il désire se rendre dans son pays natal et plus précisément dans la région de Lorraine. Il prépara ces affaires et se mit en route, aidé d’un bâton de pèlerin. Fatigué par ce long trajet qui durait presque une année entière, il fait une pause en bordure de forêt à Thann, pose son bâton contre un sapin et finit par s’endormir.

Le lendemain matin, il se réveille, mange un infime morceau de pain, se prépare brièvement à repartir, et s’approche de son bâton pour le récupérer. Sauf qu’il lui était tout bonnement impossible de le saisir ! Une force l’en empêcha comme pour la bague !

Au château proche d’Engelbourg, un seigneur est informé par ces gardes qu’il se passe un étrange phénomène lumineux au pied de la colline, au-dessus des cimes des sapins.

Nos deux personnages se rejoignent et concluent que l’événement est un signe miraculeux du Saint. Naîtra ainsi une promesse, celle de construire une chapelle à cet endroit. Et ainsi, le bâton a pu être saisi.

 Saint Ubald de Gubbio (Traduit par  :Saint-Thiébaut)

La relique du doigt de Saint-Thiébaut est conservée à la Collégiale Saint-Thiébaut de Thann. L’église est de style gothique et date sous sa forme architecturale actuelle du 14ième siècle (bien plus ancienne à l’origine). Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1841.

Vue sur Thann et sa collégiale depuis le château :

 

Quelques photos du château et de Thann :

 

Pour s’y rendre : Depuis Mulhouse ou depuis Belfort, prendre la direction de Cernay, puis prendre N66 en direction de Thann (en passant par le Vieux-Thann). Suivre rue du Général de Gaulle,  puis le Boulevard Auguste Scheurer Kestner jusqu’à hauteur de la collégiale. Faire le tour de la collégiale et emprunter la rue Saint-Thiébaut. On est au pied de l’œil de la sorcière, quelques petits parkings sont publics.

A proximité :

  • Le musée des amis de Thann (rue Saint-Thiébaut à Thann)
  • Eglise ruiné à Leimbach
  • Le vieil Armand (champ de bataille)
  • Château de Freundstein
  • Musée de la porte de Thann à Cernay

 

Sur la carte :

 

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