Camp de Châtaillon – Vestiges gaulois – Alaise (25)

 

Je connaissais le lieu depuis bien longtemps. Un jour, tout à fait par hasard, je vois ce panneau indiquant les vestiges gaulois près d’Alaise dans le Doubs. La curiosité me pousse jusqu’au bout du chemin, il faut un petit kilomètre pour atteindre le parking. De là débute la visite, très bien indiquée et très bien expliquée. Les affiches ne sont pas récentes mais reste lisibles.

Il faut ensuite effectuer une marche de 200 mètres pour atteindre les premières antiques structures, tout du moins, ce qu’il en reste !

Le camp a été établi sur le dessus plat d’une petite montagne entourée de ravins naturels, ce qui permettait de dissuader l’ennemi et de s’en défendre aisément. Notamment sur le coté Est et Nord avec la hauteur impressionnante de 140 mètres tombant à pic. Pour s’en rendre compte, il faut se déplacer jusqu’au belvédère.

De là haut, on surplombe le cours d’eau « le Lison »

L’éperon barré est long de 1500 mètres. De quoi pouvoir voir s’installer une belle petite cité bien protégée. En 1869, on disait que l’on pouvait distinguer environ 150 structures de forme circulaire (huttes), et carrées. Quant aux abris sous roches, ils sont bien entendu encore visible à ce jour (photo de couverture et ci-dessous). Un mur en pierres sèches protégeait la face avant de l’abri.

Deux séries de fouilles ont été effectuées. L’une a débuté au 19ième siècle dirigé par l’archéologue Auguste Castan, tandis que l’autre fût entreprise un siècle plus tard. Ces recherches ont permis de déterminer le fait que l’endroit était fréquenté bien avant les Gaulois, à l’âge de pierre. Des milliers de tumuli ont été retrouvé aux alentours. Les tumuli (tumulus) sont des sépultures très anciennes. Souvent en traversant les forêts, on en voit sans y prêter attention. Sous la forme d’un tas de pierres sèches, régulièrement recouvert par la végétation, ces tombelles peuvent parfois cacher bien des trésors.

A l’intérieur de celles du site d’Alaise, on a pu observer à côté d’os humain, des os d’animaux (chevaux). Les corps sont ensevelis avec des bijoux et des armes. Sur 200 sépultures fouillées, les chercheurs ont mis la main sur de nombreux bracelets, fibules, épingles, ceintures en bronze, et d’épées.

Parfois d’autres éléments ont entouré les corps comme des poteries, ou des objets en bronze ou en fer. On a pu estimer la datation de ces tombes de l’ordre de -1000 à -500 avant J-C (période de la Tène)

Le site d’Alaise a été au cœur d’un débat rassemblant plus de 60 historiens en 1866. Ils se posaient la question de savoir si le camp de Châtaillon était le site d’Alésia dont faisaient référence les récits de Jules César dans la guerre des Gaules. La polémique existe encore aujourd’hui, même si le site d’Alise-Sainte-Reine a été privilégié depuis des années. Un troisième site entre plus récemment dans le débat, celui de Chaux-des-Crotenay dans le Jura.

 

Pourtant ce nom de village d’Alaise (Alaize – Alaisia) intrigue, il fait grossièrement penser à celui d’Alésia. C’est ce que révèle Alphonse Delacroix en 1855 lors d’un exposé à une séance à la Société d’émulation du Doubs.  Il met en avant le fait qu’Alaise a conservé depuis très longtemps  ce nom (les premières traces remontent en 1139). Pour lui, il ne fait aucun doute, Alésia c’est à Alaise (Parenthèse : Le buste d’Alphonse Delacroix est visible dans le village).

De nombreuses personnalités s’intéressent à la thèse de Delacroix, et il est soutenu notamment par Napoléon III. Ce dernier se déplace sur le lieu accompagné d’Henry d’Orléans, de son aide de camp, de nombreux savants, et de Prosper Mérimée. Ils sont repartis avec l’intime conviction que le site était bien celui de la bataille d’Alésia.

En fait, à ce stade demeure l’incertitude, et le mystère sur ses habitants reste entier. Qui étaient-ils ? On suppose que l’emplacement était habité par des celtes (Séquanes). Ils ont élevé un oppidum sur cet éperon, mais qu’est-ce qui les a fait fuir ?

Une seconde campagne de fouilles s’exécute à partir du 14 août 1952 et dure jusqu’en 1955. Des sondages sont effectués sur le site et dans le secteur Alaise-Myon et donnent peu de résultats sauf un nouvel élément : Le site aurait occupé à une période médiévale. Les abris-sous-roche ont pu servir de cache à cette époque et servir d’habitation aux peuplades antérieures. Les archéologues ont découvert également des cabanes dont le procédé de construction date du moyen-age.

Voilà près d’un siècle qu’Alaise dans le Doubs et Alise en Côte d’Or s’affrontent par conférences interposées. Alaise est une « cité mystérieuse » pour ne pas mentionner le livre de Louis Courlet. Les découvertes sont exposées un peu partout dans la région, quelques éléments sont visitables à la mairie d’Alaise.

A noter : Il est possible de faire une boucle de 8 kilomètres « La gauloise » (circuit jaune et bleu).

Merci de respecter le lieu, et bravo aux bénévoles qui tentent de le sauvegarder !

 

Quelques photos : 

 

Pour s’y rendre : Depuis Nans-sous-Sainte-Anne, prendre la direction d’Eternoz, en sortant de la commune, bifurquer sur la gauche route de Saraz. Traverser Saraz puis suivre D139 jusqu’à Alaise. Traverser Alaise et continuer sur la D139. A la sortie d’Alaise, surveiller le côté droit, un panneau indique les vestiges gaulois.

A proximité :

 

Sur la carte : 

 

 

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