Ermitage de Saint-Julien – Châteauneuf (21)

 

Après avoir visité le magnifique château ou le bourg historique de Châteauneuf-en-Auxois en Bourgogne Franche-Comté, il est conseillé de se promener dans les “Grands Bois”. Les sentiers y sont très agréables et les buts de balades sont nombreux. On peut par exemple se rendre à une chapelle perdue au cœur de la forêt. Mais le plus intéressant étant un ancien ermitage, appelé St-Julien et figurant sur la carte IGN.

Après avoir effectué environ 800 mètres de marche sur le sentier, on s’aperçoit qu’on longe un mur en pierre, les quelques accès visibles s’en approchant ne sont pas dégagés. On continue notre marche jusqu’à un sentier plus large (1500 mètres), nous menant droit sur le premier bâtiment.

Alors aucune surprise, tout est en ruine, et recouvert en parti par la végétation. On déambule à travers les ruines et l’on remarque des détails intéressants. L’ermitage est fondé en 1301 avec l’aide du seigneur du château de Châteauneuf, et ce sont tout d’abord deux ermites qui y vécurent. Ceux-ci reçoivent les malades de la lèpre et de la peste. Vous l’aurez compris, l’ermitage sert d’hospice et de léproserie. Nous progressons à travers les bâtiments, émerveillés par ce que l’on voit et par la grandeur du site.

On estime que les lieux ont été occupé jusqu’en 1886 en se référant aux écrits de l’Abbé Landrot en 1927. Ce monsieur, avec son équipe, ont dégagé le terrain des broussailles et ont effectués des fouilles. Grâce à ces écrits et à un plan fait à main levé, on devine ce qu’il reste aujourd’hui de l’écurie, de son enclos, et de l’ancienne chapelle.

La chapelle est une construction rustique, il n’y a pas de clocher ni de parvis. A l’intérieur, on retrouve quelques arcs, et six corbeaux. L’un d’eux représente la figure d’une femme qui porte une coiffure à bandeau. Un autre, une tête de bœuf. Un rameau et des traces de feuillage pour le troisième. Une branche de chardon pour le quatrième.

 

Une main brisée sur le cinquième corbeau, et enfin deux écus sur le sixième et dernier corbeau. La chapelle était ornée de peintures (d’un monogramme du Christ…), et d’inscriptions religieuses, une de ces inscriptions en vieux français : “Doncques pensez à mes trois dicts”. Les statues et statuettes n’ont pas été retrouvées (sûrement pillées avant le passage de l’Abbé Landrot). Toujours à l’intérieur de la chapelle, quatre tombes ont été repérées. Toutes portent le signe de croix, aucune inscription sur les deux premières, mais sur la troisième, ont peu lire :

CI GIST PIERRETTE
FII.1,15 DE MAISTRE MILLOT QVI TKÉl’A
SSA A SAULES DE
PESTE J/E 23 DOCTOBRE 1546 PRIEZ

Sur la quatrième, l’abbé note le nom d’un ancien habitant de Châteauneuf :

«Cy gist Phit (Philibert) Bougeret… fils de Vivand(t) Bougeret et… de
Chatelneuf qui trépassa le vingt cinquième jour de juillet mil cinq cent quattre
vingts et six. Dieu ait son âme. O. amen.
aim… de Mathilde.

 

Lorsqu’on arrive par le sentier, on remarque une bâtisse  avec ce qui ressemble à la base d’une tour complètement effondrée, appelée “le dépositoire”, c’est en fait un four accolé à un bâtiment. A côté, on trouve une cave (accès risqué). L’abbé et ses coéquipiers ont fouillé autour de ces structures et ont trouvé plusieurs pierres tombales dont une portant une croix de Malte.

Une vieille dame prétendait avoir vécu en ce lieu jusqu’en 1886. Lors de travaux pour faire une rigole afin d’évacuer au mieux l’eau de pluie, elle a découvert (avec son mari?) des dagues très anciennes. Certaines étaient gravées, et l’une d’entre-elles étaient en argent. Désirant les montrer aux habitants du village, on lui suggéra de plutôt vite s’en débarrasser, car ils devaient appartenir à des pestiférés.

Ce “trésor” a pu être situé approximativement par l’abbé, mais il ne l’a pas déterré, il reste donc à son emplacement d’origine, sous la terre et sous la végétation.

Devant le dépositoire, on remarque une grande enceinte, entre le dépositoire et le mur à l’autre bout du terrain, c’est l’ancien cimetière des pestiférés. Il était d’une taille très importante, on a du mal à estimer le nombre de personnes enterrées.

De l’autre côté, on aperçoit une maison en pierre, isolée d’une trentaine de mètre aux restes des structures, c’est la maison du gardien.

L’ermitage est encore bien plus grand qu’on ne le pense, et il n’a pas livré tous ces secrets…

 

Quelques photos : 

 

 

Pour s’y rendre : Depuis Châteauneuf, se garer sur les parkings visiteurs, le plus proche étant celui vers le château d’eau (Place aux Moutons), emprunter le sentier menant à la Chapelle Notre-dame-du-Chêne (indiqué : voir photo en début d’article), mais à la patte d’oie, prendre à gauche. Après 10 minutes de marches environ, surveiller votre gauche, jusqu’à voir des murs en pierres. Continuer pour atteindre le chemin menant aux ruines sur la gauche.

A proximité :

  • Chapelle Notre-dame-du-Chêne à Châteauneuf
  • Le centre du bourg (pittoresque) de Châteauneuf
  • Le château de Châteauneuf (visite payante)
  • Le château de Commarin à Commarin

 

Sur la carte :

 

 

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