Grotte du Maquis – Lusigny-sur-Ouche (21)

 

Lusigny-sur-Ouche est une petite commune de Côte-d’Or en Bourgogne Franche-Comté. Les amateur(trice)s de fantastique vous expliqueront que  “Lusigny” a un fort lien avec les Lusignan. Les Lusignan étaient dans une époque très lointaine les rois de Jérusalem (Guy de LusignanGeoffroy de Lusignan, Hugues VIII de Lusignan etc…), on disait qu’ils étaient les descendants de la fée Mélusine. C’était une famille originaire du Limousin, qui a étendue au mieux son territoire et sa richesse pour devenir rois de Chypre, d’Arménie et de Jérusalem.

La fée mélusine ferait donc partie de la famille…Pourquoi pas ? La mère mélusine est une femme merveilleuse avec une queue de serpent (d’ailleurs mélusine signifie merveilleux), la première trace de la légende remonte bien loin, entre 1208 et 1210… Mais c’est l’écrivain Jean Arras qui l’a fera s’accroître grâce à l’un de ces romans “Mélusine” écrit en 1393. On retrouve plusieurs communes en France avec la dénomination de Lusignan.

 

La source de L’Ouche :

Revenons sur notre chemin. On commence donc depuis le cimetière, et on prend la direction de la Source de L’Ouche, il faudra effectuer environ 1,5km pour atteindre la source. La petite route y menant est très agréable. Quelle fût la surprise en arrivant à hauteur de la source, un portail, des escaliers, et ce monument au milieu d’une pente douce.

 

 

 

 

 

 

 

L’Ouche est en fait alimentée par sept sources. La plus connue est celle-ci, sortant d’une grotte artificielle érigée grâce à l’abbé Vantelot en 1931. Les habitants ont été témoins des bienfaits de cette eau dite “miraculeuse”. On disait qu’elle pouvait guérir les méningites et tous maux de reins. L’abbé Vantelot avait une grave pathologie et il se savait condamné. Les médecins lui ont prédit quelques jours à vivre tout au plus. Il a bu de cette eau et il a été guérit quasi-instantanément. Ce pour quoi il fit construire cette grotte et l’infrastructure qui l’entoure pour pouvoir accueillir le plus de pèlerins. Depuis, la source est très fréquentée, les gens viennent parfois de loin pour boire un peu de cette eau. Sachez que tout comme celle de Lourdes, elle est légèrement radioactive, mais ne porte aucun risque pour la santé (au contraire). Le pèlerinage se fait le premier dimanche de Septembre.

L’ermitage de Presles :

 

 

 

 

 

 

 

Sur le site de l’ermitage de Presles se dresse la Chapelle oratoire Notre-Dame-de-Presles. L’infrastructure laisse croire que les pèlerins étaient très nombreux à venir boire l’eau de la source, et se recueillir. Juste à côté, on observe une maison en pierre qui appartient à l’ermitage ! Tout du moins, ce qu’il en reste. C’est une propriété privée, et il est formellement interdit d’y pénétrer. On peut par contre se rapprocher de la chapelle. Il faut savoir qu’il existait à cet emplacement l’église de la commune. Encore visible à la fin du 17ième siècle en état de ruine, elle fût totalement détruite. On sait qu’elle existait déjà au 13ième siècle. Quelques pierres ont toutefois été récupérées pour reconstruire cet oratoire.

La maison de l’ermitage :

 

La grotte du Maquis :

Pour atteindre la grotte, il faut continuer le chemin. Changement radical de configuration. Cette fois, nous sommes dans une forêt sombre, et à l’approche de la grotte, le sentier offre un dénivelé important. Je déconseille fortement cette partie lors de fortes pluies.

 

 

 

 

 

 

 

Nous voyons enfin des barrières, et nous sommes en approche du haut d’un plateau. On remarque qu’il aurait été plus aisé d’arriver par le dessus. Les barrières nous empêchent de pénétrer dans la grotte, et nous comprenons vite pourquoi. Le passé de la grotte n’est pas très glorieux, il y a eu beaucoup de morts à l’intérieur à trois époques bien distinctes. Mais l’instabilité du plafond est tel qu’il ne vaut mieux pas s’introduire sous le porche. La cavité composée de plusieurs salles se développe sur une trentaine de mètres. Pour accéder à ces salles, il faut passer par des étroitures et un couloir de huit mètres en pente très raide.

 

Des explorateurs ont exposé leurs inspections du “peu trou” (c’est ainsi qu’on l’appelait) au 17ième et au 18ième siècle. En 1772, un aventurier disait voir de très belles cristallisations.  L’historique de cette cavité est bien sombre, parmi tous ces explorateurs, personnes n’a jamais vu les restes d’un lointain passé. En effet, des spéléologues ont retrouvé en 1957 des tessons, ce qui indique une présence humaine bien antérieure. Deux années plus tard, des campagnes de fouilles sont organisées. C’est ainsi que l’on découvre des sépultures datant de deux époques, celles du Néolithique, et celles de l’époque Gallo-Romaine.

Au Néolithique, on suppose que les hommes et femmes vivaient sur le plateau en restant à proximité de la grotte. Lors de la mort de l’un d’entre eux, ils transportaient le corps dans la grotte, le posait sur un tas de branchage, de feuilles, recouvrait le corps de terre et de pierres, puis allumaient des foyers. Deux enfants ont été découverts dans l’une des salles recouverts de plus de 1000 tessons. D’autres sépultures et d’autres corps ont été dégagés. Les archéologues ont remarqué une salle avec de nombreux outils, des pointes de flèches et dans une autre du mobilier, laissant supposer qu’elle servait à pratiquer des rituels religieux ou magiques.

 

Plus proche de l’entrée, dans une pente, les chercheurs ont retrouvé des céramiques, des monnaies, ainsi que des corps, mais cette fois-ci, plus récent, ils dateraient de l’époque Gallo-Romaine. Les rituels funéraires de cette époque sont bien connus et les trouvailles (os de sangliers, cerfs, porc, cheval, chat) correspondent parfaitement au traitement des morts de cette période. On déplore ainsi au total 7 squelettes, le corps d’un enfant de 10 ans, deux enfants de 10 à 16 ans, deux adultes, un fœtus et un adolescent de 18 ans.

Les corps des deux époques confondues n’ont pas été quantifiés. On sait que dans certaines salles, ils se superposaient, et que 6 corps étaient ensevelis dans la pente de l’entrée.

Nous avons évoqué le sombre passé de cette grotte, mais il manque une troisième période, encore plus récente : durant la seconde guerre mondiale (1939 – 1945). Nous sommes en 1944, une vingtaine d’hommes viennent se cacher dans la première salle de la grotte. Ces hommes, ce sont des maquisards, ils sont restés cachés du 20 février au 30 mars 1944. Il reste peu d’éléments de leur campement, seuls les débris d’un vieux fourneau et des perches en mauvais état ont été observé. La nuit, ils allumaient un poêle dont la fumée s’échappait par une faille. Malheureusement pour ces hommes, ils se sont retrouvés encerclé par les Allemands. Quelqu’un les avait sans doute dénoncé. Dix d’entre eux sont tués.

Une plaque a été déposée à l’entrée de la grotte. Sur le plateau, un panneau explique cette triste histoire. Depuis, la grotte est appelée : la grotte du Maquis.

 

Quelques photos : 

 

 

Pour s’y rendre : Depuis Lusigny-sur-Ouche, prendre rue de Derrière, et emprunter la petite route passant devant le château. Il est possible de se garer en véhicule au cimetière du village. Poursuivre tout droit par la route menant à la source de l’Ouche et à l’ermitage de Presle. Pour se rendre à la grotte, continuer tout droit et suivre les indications.

A proximité :

 

Sur la carte :

 

 

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