Le Château des Cornes d’Urfé – Champoly (42)

Arrivé dans la Loire, à Saint-Just-en-Chevalet, nous entamons la balade jusqu’à Champoly. Une longue route qui monte et qui serpente nous mène à un parking spécialement conçu pour les visiteurs. Nous sommes ici à une altitude de 927 mètres, les paysages sont splendides.

Depuis le parking, une petite centaine de mètres de marche sont nécessaires pour arriver au pied du château. Tout a été prévu pour bien accueillir le visiteur, tables de pique-nique, toilettes sèches, et quelques bornes explicatives (avec QR code).

Un escalier extérieur, et à l’intérieur, permet de monter jusqu’au sommet du donjon datant du 12ième siècle.

 

Le début de la construction de ce château daterait au 12ième siècle. L’emplacement du château n’a pas été choisi par hasard : il remplace une tour d’observation qui permettait de surveiller les villages alentour et il marque la frontière entre trois régions historiques comme l’Auvergne, le Forez et le Bourbonnais. La noble famille Raybe d’Urfé est la première à loger dans la bâtisse et elle assure la défense du comté de Forez.

Au 14ième siècle, le seigneur des lieux se nomme Guichard d’Urfé (fils d’Arnoul IV d’Urfé). Il améliore considérablement le château et le transforme. En 1406, il est nommé bailli du Forez. Il mourra en 1414. Quatre années plus tard, l’héritier Jean d’Urfé fait l’objet d’une dramatique histoire, devenue légende par la suite :

 

Nous sommes en 1418, Jean d’Urfé vit au château avec sa femme Eléonore de Lavieu et leurs fils. Jean a comme projet d’acheter de nouvelles terres, et pour ce faire, il a récolté une très grosse fortune qu’il a soigneusement cachée et gardée dans l’enceinte du château. Une servante à l’ouïe fine, entend les douces voix murmurant l’intention. Elle en parle aux autres domestiques et ils mettent au point un plan machiavélique consistant à tuer toute la famille, récupérer le butin, et fuir.  Les historiens ont eu vent de cette affaire grâce à l’aide d’un manuscrit du 16ième siècle.

Pour la suite, tout n’est pas très clair car la légende évoque un véritable massacre, ne laissant aucun survivant. Le seul événement qui est une certitude dans cette histoire, c’est l’assassinat de Jean d’Urfé. Quant à sa belle et jeune femme, elle fut assassinée à son tour. Dans la chambre parentale, à l’intérieur du Donjon, le manuscrit fait état d’un berceau avec un nourrisson, appelé Antoine. Les domestiques devenus des assassins, ne savaient pas trop quoi faire du petit. Certains suggéraient de le tuer, d’autres de l’épargner. La légende raconte qu’un des tueurs aurait tendu une pomme et une pièce d’Or. Antoine choisit la pomme et fut sauver.

Le sire d’Albon, seigneur de Saint-Forgeux, furieux en apprenant les faits, s’empresse de faire mener une enquête et de retrouver rapidement les assassins. Les coupables sont vite retrouvés et sont interrogés. Bien sur, à cette époque, on avait les moyens de faire parler… Ils avouèrent très vite, et furent tous tuer à l’aide du supplice de la roue. Tous ? Sauf un… La légende veut que l’un des voleurs se soit enfui au sommet d’une montagne, il se serait caché sous les rochers de Peyrotine. Il aurait vu la Vierge à cet endroit, et depuis il aurait vécu une vie d’ermite (à voir dans un autre article).

Heureusement, l’autre fils, Pierre I d’Urfé, qui au moment des faits avait 8 ans se trouvait à Paris… Il deviendra chevalier et vivra jusqu’en décembre 1444.

 

 

Le château ne plaît guère aux héritiers. Ils ne supportent plus les murs du château, d’autant plus qu’il se disait que la trace de la main ensanglantée de Jean d’Urfé sur l’un des murs de la tour rouge était ineffaçable. Ils préfèrent investir le château de la Bâtie d’Urfé à Saint-Etienne-le-Molard. D’ailleurs, ces deux châteaux sont très souvent confondus. La corne d’Urfé est en ruine, alors que la Bâtie, en bon état, se visite également.

Au 16ième siècle, il appartient au gouverneur royal et bailli du Forez, Claude d’Urfé. Il sera le grand-père de 6 petits-enfants de son fils Jacques. Trois d’entre eux deviendront célèbres; Antoine, Anne d’Urfé, et Honoré durant la guerre de religion. Ce dernier, Honoré, est l’auteur de l’Astrée (roman pastoral publié en 1607). Son frère, Anne d’Urfé, soldat et poète, s’installe au château de la corne d’Urfé pour prendre un peu de recul.

 

Anne d’Urfé meurt à l’âge de 65 ans, en 1621, à la Bâtie d’Urfé. Après lui, le château n’intéresse plus personne. La famille d’Urfé continue de l’entretenir, mais aucun héritier ne compte s’y installer. C’est finalement en 1766, que la famille d’Urfé décide de le vendre. Il appartiendra au Marquis de Simiane puis à la famille de Meaux.

Comme de bien nombreux châteaux en France, à la Révolution, le château sera utilisé comme carrière de pierre. On peut donc se dire que dans les villages avoisinants, on peut voir des maisons qui ont été construite à l’aide de ces pierres de récupération.

En décembre 1979, une association voit le jour. Elle permettra de sauvegarder les lieux et de l’entretenir. C’est grâce à cette association, qu’aujourd’hui, on peut visiter la forteresse sans crainte, et avec un réel plaisir de visite. Un grand merci donc à l’Association pour la Renaissance d’Urfé et à ces bénévoles.

A ce jour, le château est en cours de restauration. On le voit tel qu’il était à l’époque de Guichard d’Urfé. Le plus impressionnant, c’est ce donjon de 18 mètres de hauteur. On peut entrer à l’intérieur est accéder à sa plateforme. De là-haut, on voit un magnifique panorama. On peut également voir sur place la cuisine, la tour du canon, la petite et grande tour, la citerne, la tour rouge et la tour du coin.

Le château est ouvert tous les jours, il se visite gratuitement et librement.

 

Quelques photos : 

 

Pour s’y rendre : Le château est assez bien indiqué dans un rayon de 10 kilomètres à la ronde. Depuis Champoly, passer devant le cimetière pour sortir de la commune, passer les hameaux suivants : Le bos, la Gasse, jusqu’à celui de Rochefort. Tourner à gauche sur une petite route qui continue de monter et qui mène droit au parking du château.

A proximité :

  • La pierre branlante à Cervières
  • Rochers de Peyrotine à Notre-Dame de l’Hermitage
  • Le lit de la Vierge
  • Le sentier “Géologie au pays d’Urfé”
  • Le mégalithe “Tête de tortue”
  • La cascade de Corbillon

 

Sur la carte :

 

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