Site gallo-romain de Grand (88)

 

Pour la petite présentation, le site gallo-romain se situe dans les Vosges, plus précisément dans la commune de Grand. Il y a deux secteurs majeurs qui se visitent : L’amphithéâtre, et le musée dans lequel on trouve une mosaïque. Pour le reste, les archéologues et quelques privilégiés peuvent y accéder, sachant que certaines parties sont malheureusement sous terre. Le site est de renommée internationale, des chercheurs venus du monde entier tentent d’en connaître davantage sur la vie des anciens habitants de Grand.

Voici quelques informations glanées ici et là, certains éléments sont à ce jour incertains : La cité se serait appelée “Andésina“. Le peuple gaulois ayant vécu là, était des Leuques. Ils étaient environ 20 000 à vivre dans la cité. Il existait un sanctuaire dédié à Apollon Grannus. Grannos, dans la mythologie celtique gauloise, était un dieu solaire, dieu guérisseur. 

Parking prévu pour les visiteurs

 

L’amphithéâtre : L’entrée est payante mais le billet est jumelé avec l’entrée du musée où l’on trouve aussi la mosaïque. Il est d’une taille impressionnante (petit axe : 64 mètres et grand axe : 148 mètres, ce qui le classe parmi les plus importants du monde), on dit qu’il était possible d’installer entre 17 000 et 20 000 spectateurs  Presque la totalité de la cité romaine de cette époque ! Il aurait été construit au 1er siècle après Jésus-Christ.

L’amphithéâtre a été bâti à l’extérieur des remparts de Grand. Il aurait été rénové une première fois en l’an 213. Mais bon, il est préférable de parler d’améliorations ou d’un embellissement à l’occasion de la venue d’une personnalité. Puis en 1995, après 2 années de travaux, le gradin est refait en partie puisque celui-ci peut accueillir 4500 spectateurs. Pour la conception du gradin, ils ont utilisé comme couverture, un bois provenant d’Afrique subsaharienne : le Milicia excelsa. La particularité de ce bois est qu’il adopte une couleur en vieillissant faisant penser aux cités antiques romaines mais surtout le fait qu’il ne pourrit pas.

Chronologie des fouilles : le site est connu depuis très longtemps ! L’amphithéâtre est cité par un moine au 12ième siècle. Il s’appelait Rupert de Deutz et il venait de l’actuel Belgique, mais il a dû fuir la Belgique pour l’Allemagne suite à une controverse (De voluntate Dei). D’autres reconnaissances sont faites en 1760. Les toutes premières fouilles sont réalisées à partir de 1820 par Jean-Baptiste Prosper Jollois. Cet ingénieur français, s’intéressait à l’archéologie et à l’Egypte où il a fait plusieurs voyages et où il a découvert le tombeau d’Amenhotep III avec son ami Edouard de Villiers du Terrage. En 1840, d’autres fouilles sont menées, cette fois par de vrais archéologues : Jules Laurent et Félix Voulot. Entre-temps, les habitants des environs se sont gracieusement servis des pierres pour leurs demeures. Le site doit être classé au titre des monuments historiques, c’est chose faite en 1846.

 

En 1880, de nouvelles fouilles sont effectuées, puis en 1936 et 1938 qui sont de faibles envergures. Après cela, les fouilles sont mises en pause durant la guerre puis, reprises de nouveau en 1963 et en 1976. Un vrai gruyère ! Justement ! A propos ! En 1990 on remarque un réseau souterrain d’une longueur de 7 kilomètres, il correspondrait éventuellement à un réseau hydraulique, d’où débuterait l’eau jaillissant d’une source sacrée pour les Leuques. C’est à partir de cette source que fut construit le sanctuaire. En 2018, on sait qu’il existe 15 kilomètres de galeries souterraines.

Voici les noms de deux personnalités qui sont venu au sanctuaire de Grand :  L’empereur romain Constantin 1er et l’empereur Caracalla (Lucius Septimius Bassianus).

Les arcades

La mosaïque : une petite partie de cette mosaïque est découverte en 1873. En 1883, Félix Voulot met à jour la totalité de la mosaïque à l’intérieur de ce que l’on pense être une <<basilique>>. On pense qu’elle aurait été réalisée entre 160 et 175 après J-C. Elle est exceptionnelle pour quelques raisons : déjà pour son bon état général, pour la technique et la représentation, et aussi pour sa taille puisqu’elle fait 232 m².

 

Il a fallu six mois pour très vite construire un bâtiment et ainsi protéger la mosaïque. La mosaïque est classée Monuments Historiques en 1884. Les historiens pensent que c’était le lieu où les hommes très riches se réunissaient. Sur la photo de droite, ci-dessus, on peut voir une panthère, mais l’on peut également remarquer un ours, un sanglier, et un tigre sur l’ensemble de la mosaïque.

Hormis la mosaïque, on traverse quelques salles, comme dans un musée et l’on remarque de nombreux objets découverts sur le site de Grand.

 

D’autres sites sont remarquables sur la commune, on peut par exemple parler du jardin Huguet, on pense que c’est sur ce terrain qu’était construit le temple. Dans les années 60, on découvre une structure et 184 fragments de sculpture. On pourrait également parler du rempart qui entourait la cité, il faisait 1760 mètres de longueur et était composé de 22 tours. Les gens se sont servi des pierres jusqu’au 19ième siècle, c’est la raison pour laquelle il n’en reste quasiment rien.

Maigre vestige du rempart

 

D’autres endroits sur la commune sont interdits au public, comme l’actuelle église dans laquelle on trouve porte close. Des recherches sont en cours à l’intérieur. Il est fort possible que cet article soit obsolète dans quelques années, car les chercheurs continuent de trouver de nouveaux éléments.

Pour conclure et pour récapituler : L’antique cité s’est formé grâce à une source que les Leuques considéraient comme sacré. Les pèlerins venaient de très loin pour vénérer Apollon / Grannus et ainsi être guéris. On trouvait alors, de nombreuses habitations, un sanctuaire, une basilique, des thermes, des très nombreux puits…  Mais comment s’est déroulé le déclin d’Andésina ? A vrai dire, ça reste un vrai mystère. On pense que la ville aurait été abandonnée entre 300 et 400 après J-C. Mais pour quelles raisons ?

Une légende raconte qu’en 362, une jeune et belle fille répondant au prénom de Libaire était convoitée par un puissant empereur Romain venu à Grand pour massacrer les Chrétiens. Libaire n’était pas intéressée par cet homme et le lui aurait fait comprendre. Sans tarder, l’empereur furieux, apporta une statue de la divinité d’Apollon, présenta la statue à la jeune fille, et lui ordonna de vénérer ce dieu. Libaire, étant chrétienne, refusa spontanément et mit un coup sur la statue. Entrant dans une rage folle, l’empereur Julien trancha la tête de la jeune fille. Dans une légende, on peut tout se permettre, Libaire récupéra sa propre tête et se rendit à la source sacrée. Elle lava et coiffa sa tête, puis les pèlerins l’enterrèrent. C’est à partir de ce moment-là, que la cité va subir un mauvais sort. La météo changea, allant du beau à de l’orage. Un tremblement de terre anéantit la cité toute entière.

Par la suite, des guérisons miraculeuses expliqueront que Libaire devienne une sainte martyre (Sainte-Libaire ou Libaire de Grand), patronne du village.

Sachez enfin, qu’il est possible de suivre un circuit fléché dans la commune, et qu’il vous fera passer au pied de la chapelle Sainte-Libaire et des différents vestiges.

 

Quelques photos : 

 

 

 

Pour s’y rendre : Le musée et la mosaïque se situent : 4 Rue de la Mosaïque, 88350 Grand – L’amphithéâtre se situe à l’extérieur du village, au sud de la route départementale D71e qui mène à Midrevaux.

A proximité :

  • Chapelle Sainte-Libaire à Grand (visite sur demande)
  • Maison natale de Jeanne d’Arc à Domrémy-la-Pucelle
  • Dolmen du Bois du Comtot
  • Château en ruine de Lafauche
  • Le cul du cerf près de Leurville (curiosité géologique)

 

Sur la carte : 

 

 

 

 

 

 

 

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