La grotte à Pierre du Bourg – Chapelle-des-Bois (25)

Quoi de mieux pour se cacher que les forêts immenses du Haut-Doubs et du Haut-Jura ? Nous sommes ici entre Foncine-le-Bas et Chapelle-des-Bois, dans la forêt du Mont-Noir. Nous avons couplé la visite avec le Creux Maldru, mais si le temps vous le permet, je vous conseillerais également de visiter la source de la Saine à Foncine-le-Haut et de jeter un coup d’œil sur la cascade du Bief-de-la-Ruine à Foncine-le-Bas. Pour les assidus de randonnées, si ce cheminement ne vous suffit pas, il est possible de se rendre au lac des Mortes, de monter à la Roche Bernard, puis de longer le GR5, le long des bornes frontières en direction de la Roche Champion, pour enfin descendre sur Chapelle-des-Bois.

Notre randonnée démarrait depuis “Sur-les-Gits”, dans les hauteurs de Foncine-le-Haut. Après la visite du Creux Maldru et un pique-nique riche en calories, nous sommes repartis sur le GR509 en direction de “la Norbière”. Nous passons devant un oratoire à la Combe-David, il fut construit en 1732 par l’abbé Jacquin.

Ci-dessus, l’entrée de la caverne qui servait de cache à Pierre PAGNIER-DU-BOURG. Pierre est né en 1770, sa famille vivait à Bourg-de-Sirop dans le Jura. Devenu orphelin très tôt, à l’âge de 10 ans, il deviendra berger puis ouvrier agricole à l’âge de 16 ans. A l’âge de 23 ans, tout se bouscule pour Pierre. Il tombe amoureux d’une fille du village de Chapelle-des-Bois, et préparaient tous deux, leurs fiançailles. En 1793, on réquisitionnait les jeunes de 18 à 25 ans, mais Pierre était peu motivé à se battre pour la République, il ne tarde pas à rejoindre l’armée contre-révolutionnaire menée par Condé puis à déserter. Pierre du Bourg (Pira du Bou) risquait la peine de mort pour avoir déserté. Mais vaut-il mieux vivre pleinement sa vie en prenant des risques ou mourir dans l’ennui et la contrariété ? Pierre avait choisi de retrouver sa région et son amour qui lui manquait tant.

Il décide donc astucieusement de passer par la Suisse pour revenir à Chapelle-des-Bois. Mais deux gendarmes étaient postés le long de la frontière, et remarquèrent notre individu. En état d’arrestation, Pierre, étant un grand gaillard, ne se laissa pas manipuler aussi facilement. Il envoya valdinguer les deux gendarmes et s’enfuit avec une blessure au bras. Il sera par la suite, très recherché. Bon signe pour notre Pierre, à cette époque, il n’y avait pas les moyens de communication actuels. Il fera un sursaut dans sa maison, le temps d’embrasser sa future femme. Mais Pierre finira par continuer sa fuite et trouvera refuge dans cette minuscule caverne à l’entrée très étroite et bien cachée. Il y restera dix années.

Il vivait en chassant le gibier et en cueillant des fruits. Il rendait aussi quelques services aux fermes alentour, surtout l’hiver (avec l’opportunité d’y passer la nuit). Puis revenait à sa planque, cachait l’entrée avec des branches de sapin. Les gens qui ne le connaissaient pas et ceux qui le croisaient de façon hasardeuse étaient vraiment très surpris. Pierre s’habillait avec des peaux de bêtes (loup, lièvre, renards), et portait des chaussures à clous. On pouvait le considérer comme un “sauvage”.

Au bout de dix ans, Pierre apprend que Napoléon Bonaparte accorde la loi d’Amnistie aux déserteurs, et qu’il pouvait enfin rentrer chez lui sans crainte.

L’histoire de Pierre du Bourg pourrait s’arrêter là. Une belle fin comme dans les films d’aventures et d’amour. Malheureusement ce ne fut pas le cas. Pierre retourne donc chez lui, afin de retrouver sa chérie et sa chaumière. Mais une fois sur place, il voit sa tendre aimée dans les bras d’un autre homme. Pire encore, cette femme qu’il aimait tant, était déjà mère de trois enfants. Pierre retourne dans sa grotte, et il y vécut durant 30 ans.

A la fin de sa vie, Pierre du Bourg se lie d’amitié avec un homme de la Combe-David. Solitaire comme lui. Ils avaient des passions communes et se retrouvaient chaque jour pour chasser. Avec le temps, Pierre devint de plus en plus affaibli. Son ami “Jacquet”, lui propose de vivre chez lui dans sa demeure de la Combe-David. Pierre meurt dans cette maison le 1er janvier 1828.

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Deux possibilités : depuis Chapelle-des-Bois, se rendre à la Norbière. Emprunter le sentier qui traverse le champ à gauche. En suivant le balisage, il mène directement à la grotte. Depuis Foncine-le-Bas, ou depuis Foncine-le-Haut, emprunter le GR509 en direction de Chapelle-des-Bois, passer devant l’oratoire, et arriver à la Norbière, même schéma, partir sur le sentier balisé à droite cette fois.

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