Le sentier du Guêpier – Etrepigney (39)

Le sentier du guêpier se situe dans le Jura sur le territoire de la commune d’Etrepigney. Le point de départ se fait depuis un petit parking en bordure de la forêt de Chaux. Alors pour commencer, qu’est-ce qu’un guêpier ? C’est un terme employé par une très ancienne communauté secrète vivant dans l’immense forêt de chaux (vingt-huit kilomètres de long pour une quinzaine de kilomètres de large). Elle est fréquentée et utilisée depuis la nuit des temps, même avec tous les dangers qu’elle représentait… par exemple, on y croisait des loups, quand ce n’était pas des barbares prêts à tuer tout ce qui bouge…

Les guêpiers étaient donc les étrangers. On entend par là, ceux qui ne faisaient pas partie de la confrérie secrète des bons cousins charbonniers. Je promets et engage ma parole d’honneur de ne jamais révéler à aucun guêpier les secrets des Bons Charbonniers, de ne jamais attenter à l’honneur de leurs femmes ni de leurs filles, de prêter à tout Bon Charbonnier tous les secours qui dépendront de moi. Dieu me soit en aide. “

Nous allons parler ici des différentes curiosités à voir tout au long du sentier.

Commençons par Notre-Dame des Pôtiers :

En forêt de Chaux, une coutume persiste dans le temps alors qu’elle date du 4ième siècle. Elle consiste à placer une vierge dans le tronc d’un chêne, on trouve 6 chênes à vierge dans la forêt de Chaux. Celle-ci est toute récente puisqu’elle date de 1994. Elle est fabriquée en terre cuite. Elle rend hommage aux Pôtiers d’Etrepigney, installés depuis des centaines d’années. La vénération des arbres date de l’époque Celtique. Ils considéraient ces chênes comme lieu sacré et ils priaient la déesse mère à leurs pieds.

Toujours en rapport avec les Celtes, les chênes étaient assimilés à la force, tandis que le gui représentait l’immortalité. Les druides pratiquaient la cueillette lors de la fête de Samain en Novembre. La lame de la faucille est en forme de croissant de lune, ce n’est pas pour rien, car il faut attendre le sixième jour de la lune de Novembre pour en faire la récolte. On plaçait ensuite le gui coupé dans un linge blanc et on l’utilisait pour la fabrication de potions pour ? La recette et les bienfaits n’ont pas pu être rapporté jusqu’à nous dans le temps.

La fontaine de la Jourmaine est très réputée dans ce secteur du Jura. On y vient en nombre pour boire cette eau douce, sans calcaire. Pour vous dire, à chaque fois que j’y passe, je vois des randonneurs se servir du verre pour la goûter, ou bien même des voitures qui s’arrêtent et des gens débarquer avec de grands jerricanes.

La motte de Chatellenie : difficile à percevoir quand on arrive sur place et que l’on voit toute cette végétation. Il faut donc imaginer une motte de terre et une enceinte en bois, qui formait un cercle autour. A l’intérieur, un donjon assez modeste, entouré d’habitations, des granges, et des animaux qui traînaient… Celle-ci daterait du 11ième siècle et a été abandonnée au 15ième siècle. Elle aura tout de même vu du beau monde puisque Mathilde d’Artois au titre de princesse de la maison capétienne d’Artois, comtesse d’Artois et pair de France, comtesse de Bourgogne par son mariage avec le comte Othon IV de Bourgogne ainsi que les comtes d’Auxerre, de Montbéliard y ont séjourné. Hugues de Bourgogne y venait souvent pour y résider lors de parties de chasse.

Un oratoire a été érigé en plein cœur de la forêt de Chaux (sur la route forestière Grandjean en direction de la Bretenière) pour ne pas oublier le passage de Saint-Thibaud dans le secteur, on y retrouve bien sûr des symboles bien distincts… La statue représentant Saint-Thibaud est en bois. L’oratoire est  construit sur l’emplacement d’un ancien oratoire détruit lors de la Révolution en 1790. L’oratoire se présente comme une meule de charbon de bois, avec à son sommet, une flamme en cuivre. Il est placé sur une dalle de forme triangulaire, et l’on observe, des triangles rouges sur son contour.

Constitué de terre argileuse, c’est le dernier four à pain en terre que l’on peut trouver en Franche-Comté (Il est classé aux Monuments Historiques depuis 1987). Il aurait servi depuis bien longtemps jusque dans les années 1941 par 5 familles qui vivaient dans des baraques à proximité. Au 18ième siècle, ils étaient huit familles à vivre aux baraques du cinq, ils faisaient cuire des miches mais aussi des michottes, un dessert qui régalait les enfants (pomme à l’intérieur d’une pâte à pain).

Le Baccu était une sorte de cabane où vivaient temporairement les bûcherons et les charbonniers. Ils vivaient en famille dans des baraques, mais ils devaient s’absenter et se déplacer loin dans la forêt. Ces baccus leur permettaient donc de pouvoir se nourrir et dormir sans faire d’interminables trajets. Ce sont souvent leurs femmes, qui, munies de paniers, apportaient de quoi se restaurer durant plusieurs jours.

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Dole, prendre la direction de Besançon (Départementale 673). Passer Rochefort-sur-Nenon, et entrer dans Orchamps. Après la gendarmerie, tourner à droite (rue Louis Besson), et à nouveau à droite pour passer sur le pont. Suivre la D76 jusqu’à Etrepigney. Une fois dans la commune, prendre à droite de l’église, monter rue de l’église, tourner à droite rue de la poterie jusqu’à la ferme, puis s’engager sur le chemin de droite jusqu’au parking du sentier.

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