Le rocher de Peyrotine – Notre-Dame de l’Hermitage – Noirétable (42)

Nous sommes ici dans le département de la Loire, au cœur du Forez, sur un sommet de 1110 mètres d’altitude. Le village le plus proche étant Noirétable, il est important de s’en servir comme point de repère. Sur une carte, on situe le lieu entre Noirétable et Vollore-Montagne. Ce site est lié a une légende d’un précédent article que l’on retrouve ici : Château de la Corne d’Urfé.

Cette légende raconte :

Nous sommes en 1418, Jean d’Urfé vit au château avec sa femme Eléonore de Lavieu et leurs fils. Jean a comme projet d’acheter de nouvelles terres, et pour ce faire, il a récolté une très grosse fortune qu’il a soigneusement cachée et gardée dans l’enceinte du château. Une servante à l’ouïe fine, entend les douces voix murmurant l’intention. Elle en parle aux autres domestiques et ils mettent au point un plan machiavélique consistant à tuer toute la famille, récupérer le butin, et fuir.  Les historiens ont eu vent de cette affaire grâce à l’aide d’un manuscrit du 16ième siècle. Heureusement, l’autre fils, Pierre I d’Urfé, qui au moment des faits avait 8 ans se trouvait à Paris… Il deviendra chevalier et vivra jusqu’en décembre 1444. Pour la suite, tout n’est pas très clair car la légende évoque un véritable massacre, ne laissant aucun survivant. Le seul événement qui est une certitude dans cette histoire, c’est l’assassinat de Jean d’Urfé. Quant à sa belle et jeune femme, elle fut assassinée à son tour. Dans la chambre parentale, à l’intérieur du Donjon, le manuscrit fait état d’un berceau avec un nourrisson, appelé Antoine. Les domestiques devenus des assassins, ne savaient pas trop quoi faire du petit. Certains suggéraient de le tuer, d’autres de l’épargner. La légende raconte qu’un des tueurs aurait tendu une pomme et une pièce d’Or. Antoine choisit la pomme et fut sauver. Le sire d’Albon, seigneur de Saint-Forgeux, furieux en apprenant les faits, s’empresse de faire mener une enquête et de retrouver rapidement les assassins. Les coupables sont vite retrouvés et sont interrogés. Bien sur, à cette époque, on avait les moyens de faire parler… Ils avouèrent très vite, et furent tous tuer à l’aide du supplice de la roue. Tous ? Sauf un… La légende veut que l’un des voleurs se soit enfui au sommet d’une montagne, il se serait caché sous les rochers de Peyrotine. Il aurait vu la Vierge à cet endroit, et depuis il aurait vécu une vie d’ermite.

Pierre à bassin du rocher de Peyrotine

La Vierge serait donc apparue au 7ième siècle à un criminel qui se serait converti et qui aura mené durant de longues années une vie de pénitent et d’ermite, ce qui explique le nom donné à ce haut-lieu de pèlerinage. Le rocher de Peyrotine porte plusieurs noms dont, Perrotine ou Peiro-Boutine ce qui signifie Pierre aux Chèvres.

Au jour d’aujourd’hui, on trouve en ce lieu si isolé un monastère reconstruit en 1746 qui accueil randonneurs et pèlerins. Une église compose le site, elle date de 1935. On suppose qu’une église précédait celle-ci au 11ième siècle.

Depuis le monastère, le chemin de Saint-Antoine mène à la chapelle de la Source. Une balade ombragée et agréable. C’est ici que la légende se termine : nous sommes au 12ième siècle, le criminel voit l’apparition de la Vierge à la place de cette chapelle et non sur le rocher comme on pourrait le croire.

Quelques mots à propos du rocher de Peyrotine : au nombre de deux, les rochers sont en granit, l’un porte la statue de Saint-Joseph portant l’enfant dans ses bras (1873) tandis que l’autre porte une croix. On peut y monter et profiter de la vue. Au pied de la croix, on remarque un bassin mesurant 1,40m creusé artificiellement, et une rigole. L’utilisation du bassin n’est que supposition. A des fins cultuelles telle que des pèlerinages, rites, ou baptême ? Ou bien, plus ancienne, à des rites païens, des sacrifices ? Une autre explication vient mettre un coup de pied dans tous ces éléments comme une boule dans un jeu de quilles. Il s’agirait en fait d’une meule dormante qui servait à un moulin à vent.

Jetez-y un œil lors d’une balade dans le Forez et faites vous votre propre opinion !

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Noirétable, prendre la départementale 53, passer la Post, puis à la croix prendre à gauche sur la départementale 101. Monter jusqu’à Vérines puis jusqu’à la Tavanie. Tourner à droite sur la D101.5 jusqu’à Notre-Dame de l’Hermitage.

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Sur la carte :

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