La Fosse Dionne – Tonnerre (89)

Nous séjournons cette fois à Tonnerre dans l’Yonne où une mystérieuse source vauclusienne, connue et réputée sous le nom de Fosse Dionne attire toute notre attention. Première chose étonnante, c’est l’aspect touristique de la fosse et le monde que l’on peut y voir. Cela fais des années que j’entend parler de cette Fosse Dionne, de ses légendes et de ses mystères qui l’entoure, il est temps de se pencher sur le sujet.

Tout semblerait commencer durant l’antiquité. Jupiter, roi des dieux, dieu romain qui gouverne la terre et le ciel, ainsi que tous les êtres vivants s’y trouvant. On lui doit la création de la ville de “Tornodurum” lorsqu’il abat ses foudres sur la vallée égarée de “Pagus tornodorensis “. Au Moyen Âge, elle deviendra Tonnerre. On dit que l’emplacement de l’impact est symbolisé par la fosse Dionne. Le site était autrefois voué à une divinité antique d’où le nom “Fossa Divona “, signifiant “Divine” en latin, transformé en “Dionne”.

La zone était marécageuse au temps des Celtes, ce qui ne les empêcha pas d’aborder le gouffre. L’eau dont la clarté et la couleur émeraude est exceptionnelle a dû émerveiller la peuplade et donc, l’a considérée comme magique, apportant des guérisons miraculeuses. On pense à Divona car elle représentait une divinité pour les gouffres et les sources. Un castrum gallo-romain a été repéré en hauteur, non loin de l’église Saint-Pierre. Un escalier du 16ième siècle a été mis à jour, il permettait de joindre la Fosse Dionne au site du Castrum.

Les mystères et légendes qui entourent la Fosse Dionne sont légions. Tout débute par une légende qui parle d’une créature monstrueuse qui vivrait dans les profondeurs du gouffre et qui n’hésiterait pas à tuer n’importe quel humain tenté par la curiosité de plonger dans les profondeurs. Il s’agit du Basilic, souvent présenté comme un reptile, il a l’apparence d’un coq démoniaque à queue de dragon ou de serpent aux ailes de chauve-souris, son venin est mortel. C’est en tout as ce que rapporte plusieurs témoins au cour des siècles prétendant avoir vu la bête.

Une autre légende nous transporte loin dans l’échelle du temps. A l’époque mérovingienne, où un enfant trouve des pièces d’or le long des chemins. Il ramasse tout ce qu’il peut et les dépenses rapidement. Il remarque qu’à chaque fois qu’il dépense cet or inutilement et que cela lui porte malheur. Choses qui n’étonnes pas, puisqu’il s’agit de l’œuvre du Diable, qui, caché en embuscade attend de pouvoir récupérer l’âme de l’enfant. Mais ce petit être se rapproche de la fontaine et décide, accompagné par l’évêque Pallade de jeter les pièces dans l’eau. L’évêque se dépêcha de lancer le manteau bleu de l’enfant dans l’eau qui prendra la couleur émeraude. Le diable finira par se jeter lui aussi à son tour dans l’eau du gouffre. Une variante raconte que c’est la Vierge qui jeta son manteau bleu pour protéger une jeune femme attaquer par une créature démoniaque.

Est ce que l’endroit est maudit ? Les légendes le prétendent. Habité par des créatures fantastiques, ou servant de cache au malin, au fil des siècles on raconte qu’il n’est pas prudent de s’y aventurer. Ce qui va renforcer le mystère, se sont les trop nombreuses morts de ceux qui vont vouloir l’explorer. Tout d’abord en 1955 par Guy de LAVAUR qui n’ira pas bien loin à cause de la mauvaise visibilité. En 1962, deux spéléonautes venus spécialement de Troyes arrivent à descendre à la première chatière à 28 mètres, mais ils décèderont tout deux pour cause “accidentelle inconnue”. En 1977, Eric et Francis LE GUEN (les frères LE GUEN), tente de percer le secret en plongeant dans la cavité. Malheureusement, ils n’iront pas très loin et découvriront une bien mince parcelle souterraine. Ils retenteront l’expédition en 1979, parcourant 360 mètres à l’intérieur du gouffre, et descendront à -61 mètres. Un nouveau drame s’abat le 17 juin 1996, un spéléologue meurt entre la première et la seconde chatière pour cause inconnue.

Le lavoir encore visible autour de la fosse a été bâti, en 1758, par Louis d’Éon, père du célèbre chevalier. Marie-Louise est la dernière lavandière, elle se rendait encore au lavoir en 1977.

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

A Tonnerre, la Fosse Dionne est très bien indiquée. Elle se situe tout simplement dans la rue de la Fosse Dionne. Depuis la rue Vaucorbe, tourner à gauche rue Saint-Pierre puis rue Jean Garnier. Un parking se trouve facilement dans la rue Général Campenon.

A proximité :

  • L’ancien Hôtel-Dieu de Tonnerre
  • L’hôtel d’Uzès, maison natale du chevalier d’Éon à Tonnerre
  • L’église ruinée à Arthonnay
  • Le château de Tanlay
  • Village pittoresque de Noyers
  • Château d’Ancy-le-Franc

Sur la carte :

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