Four tuilier Gallo-Romain – Villers-Farlay (39)

Le four se situe au milieu du bois de la Pommeraie à Villers-Farlay dans le Jura. Il daterait du IIIième siècle après Jésus-Christ. Il fait partie des premiers fours de se type découvert lors de fouilles en France et c’est aussi l’un des seuls a avoir été déterré dans un état de conservation aussi exceptionnel.

 

Plusieurs recherches ont été diligentées au 19ième siècle dans le secteur autour d’une source appelée  » le Puit-Terrible » car on soupçonnait à l’époque l’existence d’un site gallo-romain à proximité d’une voie antique qui reliait Besançon à Lyon. Une statuette a été trouvée en 1853 ce qui a attesté la présence de structures gallo-romaine. Les antiques constructions alors déterrées ont fait l’objet d’études jusque dans les années 1980 et n’ont quasiment jamais été ré enfoui. Les conditions climatiques, les passages, les pillages… ont déclenché une dégradation des vestiges. Depuis, une structure protectrice a été aménagé avec une toiture métallique ainsi qu’une passerelle en bois pour assurer une visite dans de bonnes conditions. D’autre part, le four est ainsi mieux protégé des aléas climatiques, et d’éventuels chercheurs de trésors.

En des temps anciens, autour de Villers-Farlay, la forêt était immense et les chênes dominaient la variété d’arbres. On trouvait des petits villages celtiques regroupés sur ce même territoire. Les druides pratiquaient des cérémonies dans ces bois au lieu-dit « le Champ Dolent » (rapprochement de Champs Dolents aux environs de Dol en Bretagne) autour d’un possible et monumental menhir ( cependant non découvert à ce jour).

 

Cette fois c’est sûr, les archéologues en sont certains, la voie romaine passait bien par Villers-Farlay, elle reliait Besançon à Lyon, une fois arrivée à Villers-Farlay depuis Cramans, elle rejoignait Grozon, puis Poligny, Lons-le-Saunier pour en finalité arrivée à Lyon.

Sur ce tracé, comme nous l’avons évoqué, elle passait proche du lieu-dit « le Puits-Terrible ». C’est à ce lieu précis que l’on découvre d’anciennes fondations, des pièces de monnaies romaines, de nombreux tuileaux à rebords, des ustensiles de ménage et la fameuse statuette. Sans pouvoir le confirmer, ce village s’appelait autrefois « Ferrata » (Ferrée en italien) et se serait transformé en Farlay avec le temps.

De nouvelles fouilles sont entreprises en 1990 et 1991, on met à jour des structures artisanales et des habitations, le site fait environ 4 hectares, et c’est lors de ces fouilles que l’on met la main sur ce four tuilier.

 

Au sujet du Four :  D’une dimension impressionnante, il pouvait cuire des milliers de tuiles en une seule fournée qui durait en moyenne une semaine.

Représentation du Four tuilier de Villers-Farlay :

Le four se compose en 5 parties :

  1. L’aire de chauffe, c’est là ou la personne se tenait debout et s’occupait du feu
  2. L’alandier, c’est le couloir principal qui servait à alimenter le feu, il reliait l’aire de chauffe à la chambre inférieur du four
  3. La chambre de chauffe, composé d’un couloir centrale et de plusieurs conduits latéraux dont l’utilité était de répartir les flammes et ainsi chauffaient la partie supérieure du four.
  4. La sole, surface où sont placé les futurs tuiles.
  5. Le laboratoire, salle de cuisson en plan carré de 4 mètres x 4 mètres et d’une hauteur de 4 mètres.

Le principe consistait à charger le laboratoire en matériaux par une ouverture (2) à l’avant du four, puis de ranger et d’empiler sur plusieurs niveaux. Les tuiles étaient entreposées en dernier, en position horizontale sur le niveau supérieur et étaient protégées par une toiture pouvant certifier la chauffe en cas d’intempérie.

Les archéologues précisent que d’autres structures entouraient le four, il y avait une zone de stockage (un peu comme dans nos structures industrielles modernes), une zone d’extraction de la terre (ou carrière), un atelier de moulage, et enfin, une zone de séchage.

Malgré sa toiture protectrice, la tuilerie fonctionnait seulement lorsque le climat permettait une production optimale : au printemps et en été.

On produisait alors deux types de tuiles :

  1. La tuile tegula était dans l’Antiquité une tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d’argile cuite au four, mais aussi, dans certains bâtiments somptueux, de marbre ou de bronze, et quelquefois dorée.
  2. La tuile imbrex,  tuiles creuses semi-cylindriques qui étaient placées au-dessus des rebords verticaux des tegula.
  3. Mais on produisait aussi des briques et des tubulures.

 

Le four tuilier est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Sa Visite se fait librement. Des panneaux pédagogiques expliquent son fonctionnement.

Sources : Panneaux sur site, Office du tourisme du Jura, Archives historiques de Villers-Farlay.

Quelques photos : 

 

Pour s’y rendre : Depuis Arc-et-Senans, prendre la D17e et D121 en direction de Mouchard, une fois dans la commune de Cramans, aller tout droit sur la D32 en direction de Villers-Farlay, tourner à gauche au niveau de la poste, prendre rue de l’Etang, continuer tout droit jusqu’au parking de l’étang. Continuer à pied sur la route goudronnée qui part droit dans le bois et se transforme en chemin.

A proximité :

  • Maison de Pasteur à Arbois
  • Saline Royale d’Arc-et-Senans
  • Baraque du quatorze à La-vieille-Loye

 

Sur la carte :

 

 

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