


Direction le petit village de Placey dans le Doubs pour explorer un site médiéval : la motte féodale du Châtelard. Ce vestige du XIIIe siècle, inscrit aux monuments historiques depuis 1995.
La motte féodale de Placey, également connue sous le nom de Châtelard, se présente comme une élévation de terre circulaire d’environ 100 mètres de diamètre. Ce type de structure, typique des fortifications médiévales, servait de base à des constructions en bois, telles que des tours ou des palissades, destinées à protéger les habitants et les lieux de culte.
Dès 1223, cette enceinte était une dépendance de l’abbaye Saint-Paul de Besançon, abritant probablement une église et un cimetière. Cependant, l’absence de fouilles archéologiques approfondies et de documents écrits rend difficile une compréhension complète de son histoire.



Abandonnée avant la fin du XIIIe siècle, la motte fut désignée au XVe siècle sous le nom de « Chatelard », terme évoquant une fortification délaissée. Au fil des siècles, la nature a repris ses droits, recouvrant progressivement les vestiges de cette structure défensive.
Il est rare, mais non exceptionnel, qu’une motte féodale ne serve pas à asseoir la force d’un seigneur, mais plutôt à élever les prières d’un village tout entier. À Placey, le relief façonné par la main de l’homme semble avoir protégé non pas une tour de guet, mais une humble église et son cimetière. Pourquoi construire un sanctuaire sur une butte artificielle ? Était-ce pour se rapprocher du ciel, pour sanctifier un lieu déjà vénéré, ou pour isoler les morts des vivants ? Le mystère demeure entier. Aussi, dans une époque instable, même une petite élévation pouvait offrir une défense minimale, contre les pillards ou les bêtes sauvages.
Les sarcophages retrouvés çà et là, parfois enchâssés à l’intérieur de la motte, parfois dispersés à l’extérieur, témoignent d’un usage ancien, évolutif, presque organique. Ce ne sont pas de simples tombes ; ce sont les restes silencieux d’une communauté qui, génération après génération, a cherché à reposer au plus près du sacré. Était-ce le privilège d’une élite ? D’anciens seigneurs convertis à la piété ? Ou l’héritage d’un culte plus ancien encore, enfoui sous les siècles ? L’église, aujourd’hui disparue, semble n’avoir laissé derrière elle qu’une enceinte de terre et un cortège de sépultures, comme si elle-même n’avait été qu’un souffle, un passage entre deux mondes.



Ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que l’intérêt pour ce site a été ravivé. En 1995, la motte féodale de Placey a été inscrite aux monuments historiques, reconnaissant ainsi son importance patrimoniale et historique. Aujourd’hui, la commune de Placey, en collaboration avec l’Office National des Forêts, a entrepris de valoriser ce site exceptionnel. Des panneaux explicatifs jalonnent un sentier de découverte, permettant aux visiteurs de mieux comprendre l’histoire et la fonction de la motte.
Un arboretum a également été créé sur le site, mettant en avant la richesse de la flore locale. Accessible par un petit pont de bois, cet espace offre un lieu de détente et de réflexion, où l’histoire et la nature se rencontrent harmonieusement.
Des bancs en bois et en pierre jalonnent le site, invitant à la détente. Près de la motte, quelques tables de pique-nique permettent de savourer un repas en plein air. De petits sentiers mènent à des balades tranquilles, et les plus curieux pourront poursuivre sur des randonnées plus longues à travers la campagne environnante.
Bonne découverte !
Quelques photos :


























Pour s’y rendre :
Depuis Placey, prendre rue du Centre (passez devant la mairie), tourner à droite sur rue du Cimetière, suivez cette rue, passez devant le cimetière et continuer la petite route jusqu’au petit parking dans les bois. A droite, des tables de piques niques sont visibles, à gauche, le départ de l’arboretum et du sentier qui tourne autour du site.
A proximité :
- Cimetière des pestiférés à Recologne
- Fontaine de la Roche à Courchapon
- Fontaine de Vauchon à Franey
Sur la carte :



