
La fontaine Sainte-Guenette est implantée à Épiré, sur le versant est du coteau dominant la Loire, à l’intersection d’un itinéraire ancien menant à la Pierre Bécherelle. Le bourg d’Épiré est lui-même situé sur un site occupé depuis l’antiquité, probablement un établissement romain appelé « Pireus » au XIᵉ siècle. L’église de la paroisse fut fondée dès cette époque par les moines de Saint-Nicolas d’Angers, qui y possédaient des vignes environnantes, avant de passer sous l’autorité de l’évêché d’Angers.
L’analyse des pratiques populaires autour de la fontaine fait apparaître une origine préchrétienne, où les sources étaient des entités nourricières, protectrices ou guérisseuses. Ce lieu a ensuite été « requalifié » comme site dévotionnel chrétien, sous la forme d’un culte rendu à Sainte Guenette, sainte purement locale et imaginaire, mais investie d’une fonction sociale marquée : on lui prête le rôle caricatural de « fesser les vieilles filles » selon la tradition de Montjean et Briollay.


La tradition orale évoque qu’une statuette représentant la sainte était placée sur le mur du lavoir. Un jour, tombée dans l’eau, elle fut reconduite dans la fontaine, et devenue toute « guénée » (mouillée), donna son nom à la source. Les jeunes filles y trempaient la main pour conjurer le célibat et espérer se marier dans l’année ; les garçons jetaient une pièce en offrande. Les croyances locales lui attribuaient également des vertus pour améliorer la santé des yeux, notamment leur couleur bleue, et soigner diverses afflictions. Ces croyances révèlent un syncrétisme original entre les usages utilitaires de l’eau et des formes de magie populaire.
La fontaine n’était pas réservée aux seuls rites : elle alimentait autrefois les mariniers, pêcheurs et habitants du vallon en eau potable, bien que l’eau ne le soit plus aujourd’hui. Elle constituait un élément essentiel de la vie quotidienne et du paysage social, en bordure d’un chemin reliant le coteau à la Loire.
Au fil des décennies, la fontaine tomba dans un état de délabrement notable : les pierres menaçaient de s’effondrer dans le lavoir. En 1985, une commission de l’association Histoire des Coteaux de Loire et de Maine (H.C.L.M.) réalisa un état des lieux. Le 9 mars, le conseil d’administration valida l’opération de restauration. Le conseil municipal de Bouchemaine autorisa l’ouverture d’une souscription, tandis que le Conseil Général et l’Association Sauvegarde des Croix et Chapelles d’Anjou apportèrent leur aide. L’entreprise Cruaud exécuta les travaux avec précision, réassemblant les parties endommagées et scellant, dans la nouvelle base, des fragments de l’ancienne fontaine ainsi qu’un document destiné aux générations futures. L’inauguration mobilisa une procession d’environ deux cents personnes et des autorités locales saluèrent la qualité de l’intervention.
Quelques photos :








Pour s’y rendre :
Depuis le centre de Savennières, prendre la D111 en direction d’Epiré, prendre la rue de la Pierre Becherelle, continuer sur 20 mètres au premier croisement, puis au second croisement, nous vous conseillons de laisser votre véhicule par là puis d’emprunter la petite route qui descend sur 60 mètres, la fontaine se trouve à gauche.
A proximité :
- La Pierre Becherelle à Savannières (même secteur)
- La chapelle de Béhuard
- Le jardin des Kangourous à La Possonnière
- Le château ruiné de St-Offange à Rochefort-sur-Loire
Sur la carte :




C’est une fontaine très jolie. elle appelle au calme et au repos. C’est très agréable.