
Au sud de la commune d’Artannes-sur-Thouet, dans le Maine-et-Loire, coule un bras secondaire de la rivière Thouet, nommé localement le Fossé d’Artannes. C’est dans ce cadre particulièrement préservé que subsistent deux anciens ponts mégalithiques. Le territoire, classé au sein du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, offre un contexte archéologique riche où se rencontrent mégalithes, vestiges gallo-romains, et toponymes à résonance ancienne.
Le pont mégalithique que nous découvrons repose sur un dispositif robuste : un tablier constitué de deux dalles massives (6 m et 4 m de long, environ 1 m de large) en grès éocène, s’appuyant sur une pile centrale et deux culées sur les rives. L’ensemble suggère une construction d’envergure, réalisée avec précision.

Ce pont, par son architecture, évoque les dolmens néolithiques encore présents dans la région (notamment la forme de tabliers posés sur supports). Bien que aucun processus de datation scientifique n’ait été entrepris, les similitudes structurelles incitent à envisager une origine très ancienne. Le franchissement du cours d’eau à cet emplacement est probablement millénaire. Une voie secrète que nos ancêtres ont institutionnalisée. Toutefois, en l’absence de traces stratigraphiques ou fouilles, leur âge exact reste hypothétique. Le matériau employé pour le pont principal est un grès éocène d’une dureté remarquable. Ce grès ne provient pas du seul terroir local : l’une des dalles serait originaire de Verrie, situé à plus de 10 km. Le transport d’un tel bloc témoigne d’une organisation matérielle non négligeable, peut-être associée à un rite ou à une exploitation régionale planifiée. Cet aspect interroge sur les capacités logistiques et les motivations profondes des constructeurs.
En dépit de leur simplicité apparente, ces deux ponts sur le territoire de la commune sont désormais reconnus sur le plan patrimonial : ils figurent dans l’Inventaire général du patrimoine culturel français. Cette labellisation souligne leur valeur archéologique et historique — mais aussi le caractère unique de ces structures dans le patrimoine local. Leur insertion dans le cadastre dès 1813 confirme leur ancienneté mais également leur continuité dans le paysage rural.
Bonne visite !
Quelques photos :














Pour s’y rendre :
Depuis le Coudray-Macouard, prendre la D162 en direction de St-Just-sur-Dive, après avoir passé le hameau de la Motte, tourner à gauche (avant le pont), un panneau signalétique indique le pont mégalithique, le pont se trouve facilement à 50 mètres à partir du croisement.
A proximité :
- Le château de Brézé à Bellevigne-les-Châteaux
- La Pierre Fiche à Artannes-sur-Thouet
- Le dolmen de la Vacherie à Distré
- Le manoir de la Bouchardière à Saint-Cyr-en-Bourg (Bellevigne-les-Châteaux)
Sur la carte :




Ce pont est vraiment exceptionnel. Je ne pensais pas que de tels ouvrages pouvaient exister.