

Le fanum d’Oisseau-le-Petit : un sanctuaire gaulois métamorphosé par Rome
Sur le territoire de la commune d’Oisseau-le-Petit, dans la Sarthe, subsistent les vestiges d’un fanum, type de temple caractéristique des provinces du nord-ouest de l’Empire romain, hérité des traditions cultuelles indigènes. L’édifice se situe au lieu-dit « Les Busses », au cœur d’une vaste agglomération secondaire gallo-romaine dont les premières traces furent repérées dès le milieu du XIXe siècle. Les recherches archéologiques, intensifiées entre 1887 et 1894 puis complétées par une prospection aérienne en 1973, ont révélé l’ampleur du site : un réseau de rues orthogonales structurant des îlots d’habitations, de boutiques, ainsi que des bâtiments publics tels qu’un théâtre, des thermes et un forum. Le fanum lui-même a fait l’objet de fouilles approfondies entre 1984 et 1987, puis d’une campagne complémentaire entre 1991 et 1997, permettant de mettre au jour des structures enfouies dans son environnement immédiat. Fait notable, l’analyse stratigraphique suggère une double phase de construction : une occupation initiale remontant à l’époque de La Tène finale, puis une reconstruction au Ier siècle de notre ère, signe d’une continuité rituelle rarement interrompue par la romanisation.


Les Aulerques Cénomans
Les Aulerques Cénomans formaient un peuple gaulois membre de la confédération des Aulerques, installé dans le territoire correspondant à l’actuel Maine oriental, sur les terres qui deviendront plus tard la Sarthe. Leur capitale, Vindinum, connue ensuite sous le nom de Cenomani, a donné naissance à la ville actuelle du Mans, dont le nom dérive directement de celui de ce peuple, via l’expression « Civitas Cenomanorum ». Selon César, les Cénomans auraient engagé environ 5 000 hommes lors du siège d’Alésia. Après la conquête romaine, ils adoptèrent progressivement le mode de vie gallo-romain tout en conservant certaines traditions cultuelles gauloises, comme en témoignent des sanctuaires tels que celui de Mars Mullo à Allonnes ou le fanum d’Oisseau-le-Petit, tous deux situés sur leur territoire.
Datation du fanum
Concernant la datation : le fanum d’Oisseau-le-Petit présente deux phases de construction. La première remonte à la fin de l’époque gauloise, dite « La Tène D » (soit environ le Ier siècle avant notre ère), et correspond à un premier sanctuaire indigène. La seconde phase, qui donne au bâtiment sa forme aujourd’hui restituée, date du Ier siècle après J.-C., en pleine période gallo-romaine.
Le bâtiment, édifié en calcaire local, adopte un plan centré presque carré d’environ 21,5 mètres de côté, organisé autour d’une cella de plan quasi carré, environ 3,85 mètres sur 3,95 mètres, entourée d’une galerie concentrique et d’un portique. Cette configuration en péribole, portique, cella et galerie s’inscrit dans la tradition architecturale des sanctuaires de la civitas des Aulerques Cénomans, dont le temple le plus proche par ses caractéristiques est celui de Jublains, en Mayenne. La fonction exacte du lieu demeure discutée : certains chercheurs y voient les traces d’un culte à connotation guerrière, hypothèse que seule une divinité tutélaire, jamais formellement identifiée, pourrait confirmer. Aujourd’hui restauré et couvert afin d’en restituer le volume d’origine, le site se visite librement toute l’année, offrant un témoignage rare de la persistance des formes cultuelles gauloises en plein territoire romanisé. Le fanum d’Oisseau-le-Petit est inscrit au titre des monuments historiques depuis son classement par arrêté du 23 janvier 1987.
Quelques photos :











Pour s’y rendre :
Le temple Antique se situe vers le cimetière d’Oisseau-le-Petit, aux Grands Champs, au croisement qui mène à la Cordellerie.
A proximité :
- L’oppidum de Gesnes-le-Gandelin
- La chapelle St-Evroult à Gesnes-le-Gandelin
- Village pittoresque de Bourg-le-Roi
Sur la carte :




C’est intéressant de voir ce type de reconstitution. Cela permet d’en apprendre davantage sur les coutumes de nos ancêtres. Et l’air de pique-nique permet de se garer facilement pour venir voir l’édifice