Allée couverte du bois de la Plesse – Montsenelle (50)

Sur le versant méridional du mont Castre, dans les bois qui dominent le village de Lithaire, aujourd’hui rattaché à la commune nouvelle de Montsenelle, subsistent les vestiges d’une petite nécropole mégalithique restée ignorée jusqu’au milieu du XXe siècle. C’est en 1964 que l’archéologue et ethnologue Bernard Édeine repère, au milieu d’un taillis récemment coupé, un amas de blocs de grès manifestement disposés par la main de l’homme. Deux allées parallèles occupent le bois de la Plesse, tandis qu’une troisième, en propriété privée, se dissimule dans le bois du Mont voisin. L’édifice le mieux conservé, orienté globalement d’Ouest en Est avec une entrée tournée vers le levant, mesure environ huit mètres de longueur pour une largeur moyenne de deux mètres ; il se développe sur la parcelle cadastrale 413 de la section B, alors propriété de l’Hospice de Lithaire. Sa structure associe un vestibule d’accès et une chambre funéraire close par une cloison de dalles plantées de chant, l’ensemble étant à l’origine cerné d’un péristalithe, cette ceinture de pierres dressées qui matérialisait le pourtour du tertre. Sur la quinzaine de piliers supposés à l’origine, seuls quatre à neuf sont aujourd’hui debout, et aucune dalle de couverture n’a été retrouvée en place, ce qui a conduit certains chercheurs à formuler l’hypothèse d’un plafond de bois, aujourd’hui disparu? hypothèse qui, faute de preuve directe, laisse ce détail architectural largement ouvert à discussion.

La campagne de dégagement et de restauration menée en 1966-1967 par Bernard Édeine, avec le concours du Centre-École de fouilles du Mont-Joly, révèle un mobilier archéologique modeste mais significatif : quelques lames et éclats de silex taillé, des fragments de céramique et une petite pendeloque en argile cuite percée d’une perforation biconique. L’acidité du sol granitique du mont Castre, en revanche, n’a permis la conservation d’aucun reste osseux, privant les archéologues de toute analyse anthropologique directe sur les défunts qui y furent inhumés, une lacune qui maintient un doute persistant sur l’identité exacte des populations concernées. Ce monument, rattaché typologiquement aux allées couvertes de tradition armoricaine et rapproché de modèles observés en Bretagne et jusqu’en Irlande, est attribué au Néolithique final, entre 3000 et 2500 ans avant notre ère, période où les sociétés sédentaires de la région pratiquaient une inhumation collective réutilisée sur plusieurs générations avant que le monument ne soit obstrué puis, bien plus tard, partiellement profané. Élément funéraire unique en son genre pour la Basse-Normandie continentale, cette allée du bois de la Plesse demeure entourée d’un relatif mystère quant à ses bâtisseurs et à l’usage exact de sa chambre. Contrairement à la crête rocheuse voisine, protégée au titre des sites classés depuis 1966, l’allée couverte du bois de la Plesse elle-même ne fait à ce jour l’objet d’aucun classement ni d’aucune inscription au titre des monuments historiques.

Depuis Lithaire (ancienne commune), prendre Route du Plan d’eau, au croisement des Sept Feux, allez tout droit et continuer jusqu’aux grands parkings. Engagez vous sur le sentier découverte pour admirer l’allée couverte.

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One thought on “Allée couverte du bois de la Plesse – Montsenelle (50)

  1. Cette balade permet à la fois de profiter d’un lieu agréable et de découvrir des vestiges de notre passé

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