

Mis au jour en mars 1956 lors de travaux de terrassement destinés à la construction d’un groupe scolaire, le baptistère de Portbail constitue l’un des vestiges paléochrétiens les mieux conservés de Normandie. Daté par les archéologues entre le IVe et le VIe siècle selon les hypothèses retenues, l’édifice présente un plan hexagonal concentrique associant un bâtiment d’environ neuf mètres de diamètre à une cuve baptismale de plan identique, encadrée de deux absidioles marquant l’entrée. L’alimentation en eau reposait sur un système hydraulique remarquablement ingénieux : à l’extérieur, une canalisation de tegulae scellées au mortier et recouvertes de dalles de pierre acheminait l’eau vive, recommandée pour l’immersion baptismale, jusqu’à un tuyau de plomb débouchant au centre du bassin. Un vase d’expansion maintenait un niveau constant d’environ quarante-cinq centimètres, tandis qu’un réseau d’évacuation, lui aussi bâti en tegulae, régulait le flux. Le sol et les parois du bassin, profond de soixante centimètres, étaient recouverts de dalles de schiste et enduits d’un mortier blanc-rose, dont des traces subsistent encore aujourd’hui.

L’implantation de ce baptistère en milieu rural, alors que le droit de baptiser relevait en principe des seuls évêques officiant dans leur cathédrale le jour de Pâques, demeure une énigme partiellement résolue par les archéologues. La position de Portbail dans le diocèse de Coutances et son importance à l’époque expliqueraient l’octroi précoce du droit de baptême au clergé local. Plus troublant encore : les fouilles de 1999 ont révélé, à quelques mètres à l’ouest, les fondations d’un fanum, temple païen de tradition celtique, ainsi que les traces d’un atelier de fonte de cloches, suggérant une continuité cultuelle du site antérieure au christianisme dont l’aspect exact reste à ce jour hypothétique, l’élévation du bâtiment n’ayant jamais pu être restituée avec certitude. Abandonné après la disparition progressive du baptême par immersion aux VIIe ou VIIIe siècles, l’édifice fut transformé en chapelle funéraire entourée d’un cimetière, avant d’être détruit après 1697 ; le cimetière ne ferma définitivement qu’en 1910. Un abri de protection fut érigé en 1977 pour préserver les vestiges. Le baptistère de Portbail est classé au titre des monuments historiques depuis le 1er juillet 1958.
Quelques photos :










Pour s’y rendre :
37 Rue Edgar Quinet
50580 Port-Bail-sur-Mer
A proximité :
- Moulin à vent de Fierville-les-Mines
- Ancien moulin à vent et sa chapelle de Besneville
- Eglise ruinée de Saint-Sauveur-de-Pierrepont
Sur la carte :



