Château de Maulnes – Cruzy-le-châtel (89)

Situé à moins d’une heure de Troye, dans l’Yonne, plus exactement sur le territoire de la commune de Cruzy-le-Châtel. Le château de Maulnes est criblé de mystères archéologiques et architecturaux. Des questions sans réponses qui se mélangent à des contes et des légendes

Une très grand parking longe une route ombragé. Il renseigne de l’importance du lieu et de l’afflux de visiteurs que l’on peut trouver lors des beaux jours. Une fois le véhicule garé, il faudra monter quelques dizaines de marches à travers un petit bois pour atteindre la grille d’entrée du château. Sachez qu’il est possible pour les personnes en situation de handicap de prendre une navette, il faudra cependant contacter les gérants par téléphone ou tout simplement via le site internet.

L’histoire du Château de Maulnes :

Tout commence le 7 mai 1566, le duc d’Uzès, Antoine de Crussol demande la construction du château de Maulnes selon ses plans, il devra être capable de frapper les esprits, non pas par sa taille ou sa beauté, mais par son originalité . Sa femme Louise de Clermont, comtesse de Tonnerre, duchesse d’Uzès, l’aide et le soutien dans sa démarche. Lui est protestant et elle catholique, ils sont tout deux des proches de la cour mais surtout de Catherine de Médicis.

Les années qui suivent le lancement de la construction du château sont troubles. Certaines villes environnantes sont assiégées, tantôt par les Huguenots, tantôt par les hommes du Prince de Condé… Pourtant ça n’a pas empêché aux ouvriers sur le chantier de poursuivre les travaux durant trois années.

En 1569, Louise de Clermont alors âgée de 72 ans, décide de venir habiter au château de Maulnes, elle sera rejoint par son bien-aimé Antoine de Crussol une année plus tard. Ils resteront peu de temps dans la forteresse, il part sur Paris puis rejoint le siège de La Rochelle, tandis qu’elle s’en va pour le Languedoc. Il tombe malade et revient à Paris ou à Uzès, où il s’éteint le 14 août 1573. Louise de Clermont-Tallard séjourne à Maulnes durant de petites périodes, Elle meurt à l’Hôtel-Dieu de Tonnerre en mai 1596.

Louise de Clermont n’a eu aucun enfant au cours de sa longue vie (92 ans). C’est son petit-neveu  Charles-Henri de Clermont qui devient comte de Maulnes. En 1610, il fera faire quelques travaux. Malgré quelques querelles familiales, le château restera dans la lignée des De Clermont jusqu’en 1683. Les Louvois achètent le château et restera en leurs mains jusqu’en 1715.

De 1721 à 1844, le château est occupé par des gardes forestiers, des ouvriers, des bûcherons et des voituriers. Quelques bâtiments sont remaniés et devient une verrerie fabriquant d’abord des vitres, puis des bouteilles.

Maulnes ferme en 1844, il est laissé à l’abandon durant 150 années.

La renaissance du Château de Maulnes :

En 1997, le château de Maulnes devient la propriété du Conseil Général de l’Yonne. S’enchaine des groupes de scientifiques, d’archéologues, d’historiens afin d’effectuer des fouilles et des recherches dans les archives.

Mystèrieux Château de Maulnes :

Après vingt quatre années, des mystères persistent. Comme par exemple, la forme pentagonale du château. Certaines thèses évoquent la villa Farnèse à Caprarola, qui aurait inspiré le maître maçon. Sur un plan, à l’intérieur d’un pentagone, on peut tirer des traits et former ce qu’on appel un pentagramme, c’est à dire :une étoile à cinq branches, principalement utilisé en magie et en ésotérisme (dont le satanisme). Ce qui est d’autant plus étrange, c’est qu’au milieu du château, donc, au centre du pentagone, on trouve un puits qui peut desservir six étages. Un escalier tourne autour de ce puits et permet d’accéder à différentes pièces.

L’histoire de la fée Mélusine :

Il existe plusieurs variantes, on l’a nommait fée Merlusine, Mée Lusigne, ou Mère Lusigne.

« Parmi toute la phalange de fées, il en était une qui avait particulièrement le don de terroriser les gens de la région de Cruzy-le Châtel : c’était la fée Merlusine, ou Mée Lusigne, ou encore Mère Lusigne.

Mélusine habitait, jadis, sous l’aspect d’une noble dame, un château situé dans la forêt de Maulnes. Elle était très hautaine et si dure pour ses vassaux que ceux d’Arthonnay finirent par se révolter. Mélusine fit le siège du village, qu’elle dirigea elle-même. L’ayant emporté, elle réduisit le pays en cendres et fit passer les habitants au fil de l’épée. A son retour, tous les habitants du château s’empressèrent de la féliciter. Seule, une jeune fille du nom de Suzanne qu’elle avait prise en affection, resta silencieuse, ne pouvant même retenir ses larmes, au récit des horreurs dont les courtisans complimentaient la châtelaine.

Mélusine, furieuse de l’attitude de Suzanne, s’élance sur elle et la précipite dans le puits du château. Revenue à elle, elle veut faire retirer sa victime du puits, mais la jeune fille n’est plus qu’un cadavre. A cette vue, Mélusine, désespérée, entre dans un nouvel accès de fureur, pousse un cri déchirant et se jette à son tour dans le puits. Depuis là, Mélusine est inconsolable. Elle vient souvent errer autour de son ancien manoir, criant en sanglotant : « Maulnes ! Maulnes ! tant que Maulnes sera, mal­heureuse serai ! ».

Depuis ce temps aussi Mélusine a pris en haine les habitants de ces contrées. Point de malheurs, de tracas, de misères, qu’elle ne se plaise à leur causer. Celui-ci qu’elle rencontre à l’écart est roué de coups ; celui-là, frappé d’un sommeil irrésistible, est obligé de passer la nuit dans un fossé.

C’est aux enfants surtout qu’elle s’at­taque, comme pour se venger particulière­ment sur eux de la mort de leur chère victime. En saisit-elle un, elle l’emporte pour toujours dans l’antre inconnue qu’elle habite… ».


\\\ Autre variante \\\

« L’histoire de Mélusine est aussi racontée avec cette variante : Mélusine était la femme d’un seigneur qui était très fier de la beauté de sa dame.

Une seule chose traversait le bonheur du châtelain, c’était qu’à un certain jour de l’année, Mélusine se faisait invisible pour tous, même pour lui.

Vainement la suppliait-il de lui faire connaître la cause de cette retraite. Mé­lusine ne répondait que par des larmes. Obsédé par des sentiments de toutes sortes, un jour ce seigneur résolut de découvrir à tout prix le mystère.

II pénètre secrètement dans l’habi­tation de sa femme, et au moyen d’une fente pratiquée dans la porte, plonge le regard dans la chambre où était la châtelaine.

Mort et enfer ! qu’aperçoit-il ? Mélu­sine ayant toujours, de la tête à la cein­ture, sa beauté divine de femme, présente, dans le reste de son être, la forme d’un hideux serpent.

A cette vue le seigneur jette un cri. Mélusine, qui l’entend, est si courroucée et si honteuse d’avoir été surprise en cet état qu’elle pousse à son tour une clameur qui fait trembler le château et la forêt, et se précipite dans un puits où elle trouve la mort.

A partir de ce moment, on la voit encore, de fois à autre, sous cette apparence de demi-métamorphose. Mais elle a voué une haine mortelle aux maris trop curieux, qu’elle punit d’une manière terrible ».

Sources : Charles MOISET

« Usages, croyances, traditions superstitions de l’Yonne »
« Les usages, croyances, traditions, superstitions de l’Yonne » – pp. 88-89 – réimpression de l’édition 1888 – LAFFITTE REPRINTS – Marseille – 1982.

L’eau et le paranormal :

J’ai souvent entendu dire qu’il existait un lien entre l’eau et le paranormal. En 1988, Jacques Benveniste émet une hypothèse  selon laquelle l’eau qui a été en contact avec certaines substances conserverait une empreinte de certaines propriétés de celles-ci alors même qu’elles ne s’y trouvent statistiquement plus. On peut parler aussi des différentes sources et fontaines que l’on utilisent depuis des siècles pour soigner divers maux. Sans parler d’expert en paranormal qui prétendent que la présence d’une source d’eau favoriserait les phénomènes inexpliqués. Pour ma part, je ne préfère rien prétendre et laisser à chacun se faire un avis sur ce qu’il reste d’une légende de deux cent ans, mais sachez tout de même que le château a été construit sur trois sources sortant d’une roche qu’on peut contempler lors de la visite des souterrains.

La château de Maulnes est classé aux Monuments Historiques depuis 1942.

Bonne visite !!!

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Châtillon-sur-Seine, prendre la D965 en direction de Laignes, traverser Cérilly, Laignes, à Pimelles, tourner à droite sur la D12, arrivé à Cruzy-le-Châtel, traverser tout droit dans le village en restant sur la D12 sur 3,5 kilomètres jusqu’au parking du château.

A proximité :

  • Château de Tanlay
  • L’ancien café des Chiens Blancs à Laignes
  • Sculpture de la résurgence de la Laigne à Laignes
  • Château d’Ancy-le-Franc

Sur la carte :

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