Le sorcier de Chadebec – Bonnefond (19)

Personnage mystique de Corrèze, je vous présente Léonard Viossanges, né le 11 juillet 1816 à Sarran, décédé le 19 août 1890 à Grandsaigne à l’âge de 74 ans.
Certaines sources datent sa mort en 1910. Il fait partit de ceux que l’on appelait les metz (metzes), on entend par là : sage, mage, savant. Autrement dit, sorcier.
Il y avait plusieurs sorciers sur le territoire de la commune de Bonnefond, mais Léonard se démarquait des autres. Tout d’abord, il portait de nombreux surnoms :
Nouné, Vauzanges, ou tout simplement le sorcier de Chadebec, nom du lieux-dit où il vécut de nombreuses années. Les gens venaient des quatres coins du Limousin pour le rencontrer et
se faire soigner, parfois, ils venaient des régions voisines. On pretait de nombreux pouvoir à Léonard Viossanges, il pouvait charmer le feu (un classique), mais il lui arrivait de stopper les graves hémorragies à des soldats ou des chasseurs.


Plus étonnant encore, la fois où le curé de Tarnac, le mène au chevet d’une jeune femme atteinte d’un cancer en phase ultime, abandonnée par la médecine. Une heure éprouvante où il récite des choses incompréhensibles, effectue une entaille accompagné de signes cabalistiques.
Après quelques jours de repos, l’état de santé de la jeune femme s’améliore.
Des anecdotes, il y en a, à la pelle. Mais celle que je préfère est plutôt loufoque. Léonard Viossanges ne demandait pas d’argent. Pour subvenir à ces besoins, le soir, il braconnait.
Ce matin là, deux gendarmes le pourchasse. Notre bonhomme n’était pas bon coureur. Il s’arrête net, se retourne en direction des gendarmes, ferme les yeux et baragouine quelques mots. Les gendarmes sont immobilisés par une force inconnue.
Ils sont conscient mais ne peuvent ni bouger, ni parler. Le sorcier reprend ses activités et revient les libérer le soir. Ils repartiront avec difficultés jusqu’à Bugeat, et n’ont plus voulu entendre parler de braconnage à Bonnefond. La veille de ce jour, des témoins étaient présent et ont décrit une scène irréaliste. Ils précisent que les deux gendarmes se sont mis à danser. Ils tournaient perpétuellement sur eux-mêmes. Quand le sorcier lève le sort, ils repartent à pied, complètement épuisés.

A la fin du XIXième siècle, Gaston Vuillier réalise un reportage dans la région. Il est venu à la rencontre du sorcier et profite de l’occasion pour le dessiner… (image ci-dessus à droite). Ce dessin est au musée du Cloitre à Tulle.


Chadebec est un joli hameau où l’on peut voir aussi :

Le puits à balancier

Egalement appelé “système à bascule”, le balancier est un système de levage qui permet de tirer l’eau d’un puits. Le principe est simple : Un récipient ou un sceau à un bout, et un contrepoid à l’autre bout. La variation du poid d’un des bras permet de créer le mouvement de bascule. Ce puits aurait été bâti au 12ième siècle par les moines cisterciens. Il se situe au centre du hameau.

La croix médiévale :

Cette croix médiévale se trouve le long d’un mur en pierre sèche sur l’ancien chemin de la Messe. Il n’y avait pas de lieux de culte à Chadebec, les moines cisterciens passaient par ce chemin pour se rendre à l’église de Bonnefond.

Ces moines ont construit une digne en contrebas du hameau de Chadebec, des textes anciens parlent d’une donation du domaine de Chadebec par le vicomte de Comborn à l’abbaye cistercienne d’Aubazine autour de 1150. L’abbaye fait construire une “grange” , on entend par là, une exploitation agricole confiée à des frères, moines paysans qui consacraient un peu moins de temps aux chants et à la prière que leurs autres moines. (Article sur le moulin de Chadebec à venir…)

Chadebec, un village de résistants

Chadebec est un hameau isolé, durant les guerres, ils étaient aisé de s’y cacher. Alors que la France était occupé en 1943, les jeunes refusant les chantiers de la jeunesse française prônées par le gouvernement Pétain. Un panneau d’information posé par le comité de Bugeat raconteEn 1943, le nombre de jeune refusant le service de travail obligatoire augmente. De nouveaux camps pour les accueillir sont alors créer. Chadebec sera l’un d’eux. Une sape est aménagé mais les gendarmes de Bugeat interviendront et viendront déloger les occupants.”

En 1944, après le débarquement de Normandie, les maquisards sortent de leurs caches et les interventions avec l’ennemi se multiplient. Chadebec devient un quartier général. Justin Sauviat s’occupe des parachutages tandis que sa femme, Micheline Sauviat s’occupe de l’hébergement. Trente-trois combattants alliés rejoignent Chadebec pour participer à la bataille de libération d’Egletons le 15 aout 1944.

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Bonnefond, prendre la Départementale 18 en direction du cimetière. Au croisement de la croix du Goutardon, prendre la petite route à gauche, rouler sur 1,5 kilomètre pour arriver au hameau de Chadebec.

A proximité :

  • Le moulin de Chadebec entre Chadebec et Bonnefond
  • Le menhir du Pilard à Bonnefond
  • Le village abandonné de Clédat

Sur la carte :

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