La pierre aux Neuf Gradins – Soubrebost (23)

La Creuse regorge de lieux naturels et mystiques. Parmi les plus remarquables, qui attisent la curiosité de nombreux visiteurs, nous vous présentons la pierre aux Neuf Gradins située non loin de la commune de Soubrebost. Deux accès permettent l’ascension, depuis le hameau de La Martinèche ou depuis le hameau de Perseix. Nous vous conseillons ce dernier, on peut se garer facilement sur un parking spécialement aménagé (et aussi parce que ça monte moins !).

La taille du parking et les diverses infrastructures en disent long sur l’affluence des visiteurs en ce lieu. La pierre aux neuf gradins se mérite, il faut grimper jusqu’au sommet du puy Maria à 574 mètres d’altitude. Bon je vous rassure, le parking est à une altitude de 532 mètres, ce qui représente un dénivelé de 42 mètres. Le sentier est agréable, ombragé, des escaliers sont aménagés à quelques endroits et la signalétique est parfaite.

Nous arrivons pratiquement au sommet de la colline à quelques dizaines de mètres du sujet qui nous intéresses,. On remarque de gros blocs de granite dispersés. La présence de ses blocs s’explique par un travail naturel d’érosion. L’eau de pluie a sculpter les pierres, leurs donnant des apparences étranges. Elle a aussi creusée les pierres, offrant de grandes cuvettes et de petits bassins parfaitement arrondis.

Nous arrivons enfin au point culminant, on contourne une énorme pierre et l’on constate neuf marches taillées par la main de l’homme permettant d’atteindre son sommet. On s’y engage et on remarque deux cuvettes reliées entre elles. Ce site représente un véritable mystère archéologique. On ne sait pas quand, ni par qui, ni dans quel but. Les chercheurs se sont aperçus que sur le dessus de la pierre, la surface a été taillée pour être plate et aussi qu’une gouttière a été taillée en bas de l’escalier. D’après eux, trois autres pierres seraient l’œuvre du travail de la main de l’homme, mais ça ne saute pas forcément aux yeux des visiteurs. En 1881, le site est décrit comme lieu de sacrifice gaulois, entouré d’une étendue de menhirs.

Martin Nadaud (1815-1898) aux titres de maçon de la Creuse, franc-maçon et homme politique français, avait une maison natale au hameau de La Martinèche, à seulement 500 mètres de la pierre. Il écrit “Pendant les soixante ans que j’ai habité Paris ou Londres, dans les courtes visites que j’ai pu faire au pays, j’ai revus bien des fois les lieux où j’ai gardé les troupeaux, et les ruisseaux où je pêchais à la main, les goujons et quelques fois les truites : mais où je me rendais avec le plus d’agrément, c’était au sommet de l’une des trois montagnes qui entourent notre village et que nous appelons le Puy Maria.”

Passons maintenant en revue les croyances :

  • La première fait état d’un lieu où les druides effectuaient des ablations et mettaient à nu les entrailles de leurs victimes.
  • La seconde évoque un tribunal, ou une pierre de justice au temps des romains, et aussi pourquoi pas au Moyen Age.
  • Un poste de garde, tout simplement.
  • Plus fantastique, on disait que c’était un trône fabriqué par le diable, détruit à la suite d’un désaccord, il ne reste plus que les marches menant aux trône.

Parfois, les croyances mènent dans le monde des guérisons surtout quant il s’agit d’entrer en contact avec de l’eau. Ici on prétendait que l’eau dans les bassins soignait la teigne ou tout autre maladie du cuir chevelu, il fallait baigner la tête de l’enfant dans le bassin remplit d’eau. Le même procédé pouvait arrêter une fièvre, à condition d’en boire. On pouvait effectuer d’autres souhaits : guérison d’une maladie, faire un vœux de réussite, ou autres… En principe, il fallait jeter une pièce ou une épingle dans l’eau du bassin sans être vu (très important) pour que cela fonctionne. De même, les jeunes filles amoureuses qui souhaitaient se marier dans l’année venaient offrir se rituel dans la discrétion la plus complète.

En cas de guérison ou d’obtention d’un vœux, en remerciement, on déposait un linge ou une coiffe sur la pierre.

Bonne découverte !

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis le centre de Soubrebost, prendre la direction du cimetière. Au croisement, prendre à gauche du cimetière et continuer sur la Départementale 13 sur deux kilomètres, puis tourner à droite en direction de Perseix, puis à 150 mètres, tourner à gauche pour atteindre le parking.

A proximité :

  • Motte castrale du Creux-du-Renard à Saint-Hilaire-le-Château
  • Chute du Poirier – Le Poirier
  • Sanctuaire gallo-romain du Puy-Lautard à Saint-Pierre-Bellevue
  • La tour Zizim à Bourganeuf

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