Mausolée Sainte Thérèse – Saint-Etienne-lès-Remiremont (88)

Le Mausolée Sainte-Thérèse, installé dans les hauteurs boisées de Saint-Étienne-lès-Remiremont, se situe à une altitude avoisinant les 700 mètres, dans un secteur escarpé de la forêt domaniale du Fossard. Invisible depuis les voies principales, il n’apparaît qu’à ceux qui prennent le soin d’emprunter les sentiers sinueux qui serpentent au nord de la commune. Le monument se dresse à la lisière d’un replat forestier, protégé naturellement par un rideau d’arbres à haute futaie, ce qui accentue l’impression de retrait, presque d’oubli.

Malgré son nom évoquant une sainte bien connue, aucune trace hagiographique directe ne relie Thérèse de Lisieux à cette construction. L’appellation serait davantage à mettre en lien avec un choix symbolique, plutôt qu’avec une tradition religieuse locale avérée.

La source du Grabon :

Non loin du monument, une source naturelle, surnommée fontaine du Grabon, alimente depuis des siècles la forêt du Fossard. Ce point d’eau, mentionné sur certains plans cadastraux anciens, aurait été utilisé par les bûcherons, pèlerins ou chasseurs. Plusieurs promeneurs y ont noté une ambiance particulière, comme si ce lieu conservait une part d’intemporalité rituelle. Bien qu’aucun lien formel ne soit attesté entre la fontaine et le mausolée, la proximité géographique et la fréquence des citations dans les récits locaux laisse supposer une connexion indirecte, peut-être d’ordre symbolique ou pratique (ravitaillement des troupes, lieu de recueillement discret).

Au‑dessus de l’entrée, une plaque gravée révèle la mission première du monument :

Mausolée Ste Thérèse  
Aux manants et exploitants
de Purifaing de 1550 à 1944
17 foyers 14 fermes
Moyne 71 habitants
détruit guerre 1944
IN MEMORIAM
Alt 709 mètres.

Cette inscription énonce avec précision la portée historique de l’édifice : il s’agit d’un cimetière familial privé, érigé par René Thomas, accompagné d’une chapelle funéraire dédiée aux soldats et civils du hameau de Purifaing disparus en 1944. L’inscription évoque un continuum de vie paysanne, commencé dès le XVIᵉ siècle, brutalement interrompu par les combats de la Libération.

Le cimetière privé, situé sur un rebord forestier, contient les tombes de plusieurs membres de la famille Thomas. Sa construction est postérieure à la destruction de la ferme du Grand Jubilé en 1944, érigé comme geste mémoriel par René Thomas. En plus de noms gravés, on peut discerner la présence de pierres anciennes inscrites “JBP / JP / CD 1776” et “Louis Alphonse Thomas 1912–1936”, qui suggèrent l’ancienneté des marques mémorielles au sein de la propriété.

La plaque mentionne « 17 foyers, 14 fermes, Moyne 71 habitants ». Cette densité agraire permanente existait depuis 1550. En 1912, la famille Thomas, originaire de Puthières, s’est installée dans la ferme du Grand Jubilé avec huit enfants. Trois décennies plus tard, la Libération a entraîné une destruction systématique : la ferme s’écroule, et le hameau est vidé de ses habitants, dont la famille Amé Thomas, qui s’est réfugiée à Puthières.

À ce jour, aucun classement officiel Monuments Historiques n’est répertorié pour ce mausolée et sa chapelle. L’absence de fiche Mérimée ou Palissy souligne le besoin de sensibilisation locale et de signalétique structurée afin de préserver ce témoignage exceptionnel de mémoire privée et communautaire.

Bonne découverte !

Soit depuis Saint-Etienne-lès-Remiremont, en passant par Menafaing, puis Purifaing, continuer tout droit sur 400 mètress puis tourner à droite en direction du Mausolée. Soit depuis Cleurie, monter au Col du Singe, puis marcher tout droit jusqu’au Mausolée.

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