Dolmen de Saugré – Dénezé-sous-Doué (49)

Au cœur du Saumurois, dans la commune de Dénezé-sous-Doué, se dresse l’un des plus imposants témoignages du Néolithique dans le département du Maine-et-Loire : le Dolmen de Saugré. Situé au hameau éponyme, en bordure d’un bois et dans l’ancien domaine du Verger, ce monument attire par la monumentalité de ses blocs et par son état de conservation remarquable. Classé parmi les dolmens dits « angevins », il témoigne de la maîtrise technique et symbolique des bâtisseurs néolithiques, qui surent allier l’ingénierie des pierres massives et l’inscription de leur architecture dans le paysage.

Ce dolmen, qui associe trois orthostates massifs à une dalle de couverture de dimensions impressionnantes, fut longtemps étudié, dessiné et décrit dans les archives du XIXᵉ siècle. Sa situation singulière, au-dessus de sources encore actives, ajoute une dimension symbolique et rituelle qui intrigue autant qu’elle fascine.

L’étude du Dolmen de Saugré permet ainsi d’aborder, sous l’angle scientifique et archéologique, les techniques de construction mégalithiques, les fonctions funéraires supposées de ces monuments et leur rôle dans l’organisation du territoire néolithique angevin.

Le Dolmen de Saugré se situe dans le hameau de Saugré, sur la commune de Dénezé-sous-Doué, à environ dix kilomètres au sud-ouest de Saumur. On y accède par un petit chemin rural, à travers champs et haies bocagères, avant d’apercevoir, à l’ombre d’un bois, la masse impressionnante des pierres dressées.

Le dolmen occupe un terrain en bordure d’un champ, autrefois inclus dans le parc d’une propriété locale, Le Verger. Ce positionnement liminaire entre l’espace cultivé et le couvert forestier n’est pas anodin. De nombreux mégalithes angevins sont implantés à la limite des terroirs agricoles, dans des zones où la transition entre cultures et nature vierge devait revêtir un sens particulier.

La chambre sépulcrale

Le dolmen de Saugré appartient au type dit « dolmen angevin », caractéristique de l’Ouest de la France. Il se compose d’une chambre rectangulaire, formée de trois orthostates verticaux, contre lesquels vient s’appuyer une dalle de couverture monumentale.

Les orthostates, hauts d’environ 1,8 m, larges de 2 m et épais de 0,5 m, témoignent d’une mise en œuvre technique considérable. L’un d’entre eux est légèrement incliné, signe d’un tassement différentiel ou d’une instabilité ancienne.

L’espace interne ainsi délimité devait accueillir des dépôts funéraires collectifs, typiques des pratiques néolithiques. Toutefois, aucune fouille archéologique exhaustive récente n’a permis de confirmer la nature exacte des dépôts originels.

La dalle de couverture

La dalle de couverture est l’élément le plus spectaculaire du dolmen. Mesurant environ 5 × 6 m, pour une surface de près de 30 m² et une épaisseur de 70 cm, elle pèse plusieurs dizaines de tonnes. L’extraction, le transport et la mise en place d’un tel bloc témoignent de la maîtrise technique et de la coordination sociale des communautés néolithiques locales.

Le calage de la dalle sur les orthostates s’effectue avec une régularité remarquable. Sa surface plane, légèrement inclinée vers l’extérieur, semble avoir été choisie pour éviter l’accumulation d’eau et assurer la stabilité de l’ensemble.

Les archives du XIXᵉ siècle, notamment les notes de M. Godard, mentionnent l’existence d’un vestibule précédant la chambre. Ce portique, formé de deux pierres dressées, constituait un espace liminaire entre l’extérieur et la sépulture. Aujourd’hui, une seule pierre subsiste, couchée à plat devant le monument et presque entièrement recouverte de terre et de végétation.

Cette disparition, attestée dès le XIXᵉ siècle, laisse supposer soit un effondrement ancien, soit un remploi des blocs dans des constructions locales. Le vestibule reste néanmoins un élément constitutif des dolmens angevins, renforçant la typologie de Saugré dans cette catégorie.

Le Dolmen de Saugré a suscité l’intérêt des érudits dès le XIXᵉ siècle. Le magistrat M. de Stabenrath, en séjour à Pont-de-Varenne, réalisa un dessin du monument qui fut lithographié dans l’ouvrage L’Amphithéâtre de Doué. Sa représentation, diffusée parmi les sociétés savantes, permit de faire connaître ce dolmen au-delà du Saumurois.

La Revue de l’Anjou et du Maine de février 1859 mentionne explicitement le dessin de Stabenrath et souligne l’incertitude sur l’existence du vestibule. Ce témoignage confirme que, dès cette époque, les chercheurs locaux discutaient de la morphologie exacte du monument.

Ces documents anciens, associés aux observations archéologiques contemporaines, permettent de reconstituer l’évolution de l’état du dolmen entre le XIXᵉ siècle et aujourd’hui.

Le Dolmen de Saugré n’est pas un monument isolé. La commune de Dénezé-sous-Doué et ses environs immédiats concentrent un ensemble mégalithique dense. On y trouve :

  • Le dolmen de la Pierre Péteuse ;
  • Le dolmen de Chavais ;
  • Un menhir connu sous le nom de Pierre qui vire ;
  • Ainsi que les Caves des Mousseaux, réseau de galeries souterraines ornées de sculptures anthropomorphes énigmatiques, classées Monuments Historiques en 1969.

Ce regroupement témoigne d’une forte activité cultuelle et funéraire durant le Néolithique. Les dolmens angevins, implantés selon une logique paysagère précise, pouvaient constituer des repères territoriaux, des lieux de rassemblement communautaire et des espaces de mémoire collective.

Belle découverte !

Depuis Dénezé-Sous-Doué, prendre la D69 direction Milly-le-Meugon, au premier croisement après la sortie de la commune, prendre à droite en direction de Saugré, traverser Saugré par la rue du Lavoir, puis, tourner à gauche sur rue du Dolmen, monter jusqu’au croisement et laisser votre véhicule ici. Le dolmen est indiqué par un chemin qui traverse un bois sur 50 mètres.

  • La Pierre Couverte à Dénezé-sous-Doué
  • La cave aux sculptures à Dénezé-sous-Doué
  • La Pierre Péteuse à Dénezé-sous-Doué
  • Église Saint-Aubin de Dénezé-sous-Doué

One thought on “Dolmen de Saugré – Dénezé-sous-Doué (49)

  1. C’est un dolmen vraiment impressionnant. Il est immense et n’a rien à envier au monuments mégalithiques de Bretagne.

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