



Le moulin est implanté sur les hauteurs de Montsoreau, dans le département de Maine‑et‑Loire (Pays de la Loire). Sa position en surplomb du vignoble saumurois lui offre un accès privilégié aux vents dominants. De plus, son emplacement en fait un élément visuel fort du paysage ligérien, visible depuis la vallée de la Loire et participant à l’identité locale.
La construction du moulin est datée entre 1747 et 1786, période marquant l’essor des moulins caviers en Anjou. Cette chronologie, confirmée par la documentation patrimoniale et les panneaux d’interprétation, situe l’édifice dans un moment où la meunerie traditionnelle connaissait encore une activité soutenue, avant la concurrence industrielle du XIXᵉ siècle.
Il est important de rappeler qu’au début du XIXᵉ siècle, Montsoreau comptait encore cinq moulins identiques à celui de la Tranchée, ce qui illustre le rôle central de la meunerie dans l’économie rurale locale.




Le moulin de la Tranchée appartient à la catégorie des moulins dits caviers, fréquents en Anjou. Cette typologie se caractérise par :
- une hucherolle, petite construction en bois abritant le mécanisme et supportant les ailes, posée sur une base maçonnée ;
- une maçonnerie conique en tuffeau, matériau local emblématique, qui assure la stabilité et la résistance de l’édifice ;
- la présence de caves servant à la fois d’espaces techniques et domestiques.
Cette architecture permettait d’optimiser la captation des vents tout en intégrant des fonctions annexes utiles au meunier.
Le moulin de la Tranchée se distingue par une organisation interne complexe :
- Une cave principale abritant la salle des meules, cœur de l’activité de mouture.
- Une seconde cave dotée d’une cheminée et d’un four à pain, qui pouvait servir de logement au meunier. Cette particularité montre que le moulin n’était pas seulement un outil de production, mais également un lieu de vie.
Cette double fonction – productive et résidentielle – illustre le caractère intégré des moulins caviers, conçus comme de véritables micro‑unités agricoles.
L’édifice adopte un plan polygonal renforcé par des contreforts, assurant la solidité de la maçonnerie face aux contraintes mécaniques. Le massereau en tuffeau soutient la hucherolle, permettant aux ailes de capter l’énergie du vent.
La présence attestée de meules et de mécanismes internes, au moins partiellement conservés jusqu’à la fin du XXᵉ siècle, suggère que le moulin a conservé une partie de son authenticité technique. Un plan du système Berton daté de 1980 témoigne par ailleurs de réflexions autour d’une modernisation du dispositif éolien, bien que son application effective reste incertaine.
À l’origine, le moulin servait à la mouture des grains, transformant le blé en farine pour l’usage local. Avec l’essor des minoteries industrielles et le recul des moulins traditionnels au XIXᵉ siècle, il fut progressivement abandonné.
Désaffecté, il a néanmoins bénéficié de restaurations partielles vers 1981, visant à stabiliser la structure et préserver ses caractéristiques patrimoniales. Toutefois, aucune remise en exploitation complète n’a été documentée, et l’intérieur du moulin n’est pas accessible au public aujourd’hui.
Bonne découverte !
Quelques photos :























Pour s’y rendre :
Se garer rue du moulin de la Tranchée à Montsoreau, puis monter sur le chemin à travers les vignes jusqu’au pied du moulin.
A proximité :
- Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain à Montsoreau
- Le dolmen de la Pierrelée à Montsoreau
- Église Saint-Pierre de Montsoreau
- L’Abbaye Royale de Fontevraud à Fontevraud-l’Abbaye
Sur la carte :



