

Le dolmen se situe sur le territoire de la commune de Chemellier, proche de la lisière forestière du massif de Milly, dans le val de l’Aubance. Le site est repéré à environ 47,3421 N – 0,3482 W, à une altitude variant selon les sources entre 74 et 90 m. Il est localisé dans le lieu-dit parfois désigné « la Motte » ou « Moulin de Piau ». Cette toponymie rappelle la présence d’un moulin (ou d’une structure hydraulique ancienne) associée au terrain au fil des siècles ce qui suggère que la topographie et l’occupation humaine du secteur ont évolué autour du monument.
Sur le plan historique, la commune possède un substrat d’occupation remontant au Néolithique : on y retrouve des haches polies attribuables à cette période, et le dolmen y figure comme vestige mégalithique important dans l’Anjou. Le patrimoine local met en avant ce monument comme élément clé du passé néolithique de la région.
Le Maine-et-Loire recèle plusieurs sites mégalithiques, dont des dolmens, pierres couvertes et sépultures sous dalles. Le style angevin, caractérisé par certaines particularités architecturales, est présent dans plusieurs de ces monuments. Le dolmen de Moulin Piau se rattache à ce style régional, ce qui suggère qu’il appartient à une tradition locale de sépultures collectives ou individuelles datant du Néolithique moyen à final.
Dans le cadre des études comparatives, ce dolmen apparaît dans une étude d’orientations des dolmens de l’ouest de la France, sous la désignation “Chemellier : P. C. du Moulin de Piau (#60)”, soulignant que son orientation mériterait d’être comparée aux axes solaires ou lunaires dans la même zone.



Le dolmen aujourd’hui visible est constitué de plusieurs blocs mégalithiques qui subsistent. Les descriptions les plus fréquentes mentionnent cinq pierres telles qu’elles se présentent actuellement : deux orthostates latéraux, une table de couverture (ou ce qu’il en reste) et d’autres éléments fragmentés. Les orthostates, légèrement inclinés vers l’intérieur, mesurent souvent près de 4,20 mètres de hauteur longitudinale et environ 2 mètres selon certaines sources.
La chambre interne a été estimée dans certaines sources à environ 4,0 × 3,0 mètres — ce qui constitue une estimation raisonnable vu les pierres conservées — bien que cette mesure ne représente probablement pas toute la surface originelle.
Le chevet du monument est aujourd’hui tombé ou effondré, rendant la reconstitution de cette paroi difficile. La table de couverture paraît fragmentée, certains fragments reposant sur les orthostates, ce qui atteste d’une dégradation au cours du temps. Quant à l’entrée (souvent orientée à l’est dans les structures analogues), elle n’est pas clairement identifiable sous la forme d’un portique visible aujourd’hui — son tracé a été largement perturbé ou perdu.
On mentionne parfois une antichambre initiale plus étroite en avant de la chambre principale, mais cette partie est disparue ou non reconnue formellement dans les vestiges. Les relevés ne permettent pas de restituer avec certitude son amplitude ou sa forme. L’orientation originelle de l’édifice (notamment de l’axe d’entrée) était vraisemblablement orientée vers l’est, ce qui est une caractéristique fréquente dans les dolmens de la région. L’étude “Orientations of Dolmens of West-Central France” le recense sous l’entrée #60, ce qui suggère qu’il possédait une orientation notable. Toutefois, en l’absence de relevé topographique contemporain publié ou de cartographie précise dans les sources accessibles, on ne peut pas confirmer avec précision l’azimut de l’axe de l’entrée ou son alignement astronomique.
L’un des éléments les plus intéressants du dolmen de Moulin Piau est le mobilier archéologique retrouvé dans ou à proximité de la chambre funéraire : onze haches polies, dont au moins une en silex, ont été signalées dans plusieurs sources. Ce type de mobilier est caractéristique des sépultures néolithiques de prestige ou de statut, et suggère que l’occupation du monument n’était pas simplement utilitaire mais dotée d’une signification symbolique ou de hiérarchie sociale.
Par ailleurs, deux nécropoles ou zones funéraires ont été identifiées à proximité immédiate du dolmen :
- Une série de tombes ovales contenant des ossements brûlés, ce qui évoque un usage funéraire par crémation ou un rituel de combustion.
- Des fosses taillées dans le substrat (tuffeau), prenant approximativement la forme des corps, ce qui pourrait correspondre à des inhumations plus directes ou à un usage secondaire postérieur au dolmen.
Ces découvertes suggèrent que le site ne fonctionnait pas seulement comme une tombe mégalithique isolée, mais s’inscrivait dans un ensemble funéraire plus large, possiblement sur plusieurs générations.
À la lumière de ce mobilier et de la structure, on peut avancer quelques scénarios raisonnables :
- Le dolmen aurait pu servir de caveau sépulcral à un personnage de pouvoir local, voire à une lignée familiale. Le nombre d’objets, notamment les haches polies, renforce l’idée de statut.
- Le choix des dalles, de la structure et de l’orientation (vers l’est) pourrait refléter une intention astronomique ou liturgique (lever solaire, rite solaire).
- L’existence de nécropoles périphériques suggère un espace funéraire complexe où le monument central servait de lieu de mémoire ou de sanctification, auquel s’ajoutèrent des pratiques funéraires secondaires (crémation, inhumation).
- Avec le temps, le monument a été détérioré : effondrement, bris des dalles, peut-être pillage (mobilier déplacé), usage secondaire du sol alentour.
Mais il reste un mystère quant à la période exacte de construction, les phases d’occupation, la relation entre le dolmen et les nécropoles annexes, et la chronologie relative du mobilier.
Le dolmen de Moulin Piau est en état partiel de conservation. Le chevet est tombé, la table de couverture fragmentée, et l’entrée largement détruite ou illisible. L’érosion, les intempéries, et les activités humaines (agriculture, construction, perturbations territoriales) ont sans doute altéré sa structure. Les vestiges visibles permettent néanmoins une lecture partielle de l’architecture originelle.
Bonne visite !
Quelques photos :



















Pour s’y rendre :
Depuis Chemellier, prendre Chermin de la Pierre Couverte, le chemin monte à travers les vignes, puis au croisement, prendre à gauche, continuer sur 150m puis tourne à gauche sur le sentier qui mène directement au dolmen.
A proximité :
- L’hélice Terrestre à Gennes-Val-de-Loire
- Dolmen de la Forêt à Gennes-Val-de-Loire
- Dolmen de la Bajoulière à Brissac Loire Aubance
Sur la carte :



