

Le site du menhir s’implante à proximité du hameau de Cumeray, au sein de la commune dite de Le Thoureil, aujourd’hui fondue dans la commune nouvelle de Gennes-Val-de-Loire (département de Maine-et-Loire, région Pays de la Loire). Les coordonnées géographiques relevées sont approximativement 47 °21′47″ N et 0°16′43″ O. L’altitude du site est estimée à 64 m environ, sur un petit plateau ou versant du coteau ligérien. Le paysage ancien offrait une vue dégagée sur le fleuve et les plaines alluviales, ce qui suggère l’attractivité du lieu pour l’érection d’un monument visible. Le plateau de Saumurois est reconnu pour sa forte densité de mégalithes : menhirs, dolmens et tumuli y forment un paysage archéologique remarquable. Le menhir des Varennes de Cumeray s’inscrit dans cette trame préhistorique.
Le monument se présente comme une dalle de grès dressée. Les sources documentées indiquent une hauteur d’environ 3,30 m, certaines la mentionnant jusqu’à 3,50 m. La largeur à la base n’est pas toujours précisée de façon uniforme. Le grès, matériau local, a été extrait, transporté puis dressé avec soin. La face visible est triangulaire, légèrement évasée vers la base, ce qui confère une stabilité accrue. Aucun ornement connu n’a été signalé sur ses surfaces, ce qui correspond à la plupart des menhirs de type simple dressé dans la région. L’état du monument est jugé « remarquable » selon certaines fiches, ce qui indique un bon état de conservation pour ce type de vestige.

Le menhir ne se situe pas isolé : à seulement quelques mètres au nord-est se trouvent deux tumuli très aplatis, identifiés lors de prospections comme des tertres funéraires associés. Dans l’un des tumuli, des cercles concentriques en pierres reliés par des rayons ont été observés, formés de petites dalles posées à plat. Le second tumulus contenait une grande dalle couchée. Par ailleurs, tout autour se trouvent deux dolmens (le grand et le petit dolmen des Varennes de Cumeray), eux-mêmes en grès, qui constituaient probablement une nécropole néolithique étendue. Cette proximité fonctionnelle suggère que le menhir faisait partie intégrante d’un schéma funéraire ou rituel : dressé comme point de repère ou marqueur visuel, il pouvait signaler l’emplacement du tumulus ou activer une symbolique collective. Le paysage archéologique local montre que le plateau était longuement occupé et aménagé, avec des outils de silex et des haches polies mis au jour près de l’actuel cimetière de Le Thoureil, attestant d’une présence humaine dès le Néolithique.
L’analyse technique du monument et de son environnement conduit à envisager plusieurs fonctions, que le chercheur doit aborder avec prudence. Premièrement, le menhir peut avoir servi de repère visuel, implanté sur le versant du coteau, visible depuis la Loire et ses voies de navigation ou d’échanges. Deuxièmement, dans une logique funéraire, il pourrait avoir signalé un espace de mémoire collective ou un lieu d’accès vers la ou les tombes enterrées sous les tumuli. Troisièmement, il s’agit peut-être d’un marqueur symbolique assurant la relation entre le ciel, la terre et les vivants encore présents dans le territoire. Le fait que deux tumuli très plats soient adjacents suggère que la pierre dressée était associée à un système d’ensevelissement ou de cérémonie autour de la mort ou de la transformation des individus dans le Néolithique. Cependant, aucune inscription ni gravure n’a été repérée, ce qui limite les interprétations iconographiques. Un élément reste pourtant mystérieux : la présence d’une petite dalle en grès dressée à quelques mètres à l’est, dont l’authenticité est douteuse, pourrait indiquer un système de « satellite » ou un second marqueur, mais son rôle n’a pas été définitivement établi.
Au regard de la typologie régionale des mégalithes en Maine-et-Loire, on situe l’érection des menhirs dans la fourchette ≈ -3200 à -1800 avant notre ère. Le menhir des Varennes de Cumeray s’inscrit donc très vraisemblablement dans cette période néolithique ou chalcolithique ancienne. Aucune fouille systématique récente n’a permis de dater précisément l’érection de cette pierre, ce qui laisse ouverte l’hypothèse d’une phase tardive de mise en place ou de remaniement. L’association avec des tumuli et des dolmens, types de structure funéraire du Néolithique moyen à final, renforce l’attribution à ce large horizon culturel. Il est à noter que la région a connu des réemplois à des époques ultérieures, mais pour ce menhir, aucune trace archéologique visible n’indique une destination autre que celle des premiers temps de l’agriculture et de l’érection de monuments.
Le menhir est accessible via des sentiers de randonnée sur le coteau de Le Thoureil, dans un environnement boisé ou semi-boisé. A ce jour, il n’est pas spécialement bien indiqué.
Bonne découverte !
Quelques photos :








Pour s’y rendre :
Depuis Gennes-Val-de-Loire, prendre la D751, traverser le Sale Village, puis, au second croisement, tourner à droite en direction de Le Thoureil, comptez 950 mètres puis garez vous. Emprunter le chemin forestier à droite sur 85 mètres puis tourner à gauche dans le bois, le menhir n’est plus très loin.
A proximité :
- Grand dolmen des Varennes de Cumeray
- Pierre-Longue ou menhir de la Filoussière
- Dolmen de la Butte aux Houx
- Menhir de Saint-Gondon
- Pierre de Torche Anesse
- Menhir de Bessé
- Menhir de Nézan
Sur la carte :



