


Au détour d’un bois paisible de la commune de Marey, dans les Vosges, subsistent les traces discrètes d’un lieu chargé de recueillement : le prieuré dédié à Saint Laurent. Cet ancien établissement religieux, fondé au XIIᵉ siècle, témoigne d’une vie monastique de femmes, puis d’hommes, et plus tard d’ermites. Plongeons dans son histoire en six parties, pour en découvrir toutes les facettes.





Ce prieuré fut créé au XIIᵉ siècle, conçu comme une communauté de moniales de l’ordre de Ordre de Cluny (dans la mouvance bénédictine), suivant la règle de Saint Benoît de Nursie. Sur le territoire du duché de Bar, la paroisse de Marey accueille ainsi un établissement religieux, qui avait vocation à vivre le retrait du monde, la prière et la gestion de biens. On lit dans une source : « communaute de filles de l’ordre de saint Benoît … fondé par Manegaud, abbé de Saint-Mihiel. »
Manegaud fut abbé de l’abbaye de Saint-Mihiel à partir de 1150 jusqu’à environ 1178. C’est lui qui donna les impulsions pour la création du prieuré de Marey, actant la dépendance de cette communauté féminine sous la tutelle de l’abbaye mère. Il incarnait l’esprit de l’époque où les abbayes s’étendaient par la fondation de prieurés afin de rayonner dans les campagnes, d’assurer la gestion des domaines, et de favoriser la vie monastique dispersée. Grâce à cette fondation, Marey devint un lieu d’ancrage religieux sur un terroir jusque-là plus rural que monastique.


Durant le Moyen Âge, cette maison monastique féminine remplit les fonctions habituelles : offices réguliers, vie communautaire, gestion agricole et forestière. Elle vivait dans l’esprit bénédictin du « ora et labora ». Avec le temps, l’établissement passa sous d’autres formes d’occupation : notamment, il semble qu’à une période ultérieure des moines vinrent occuper les lieux, marquant un tournant dans l’usage initial. Le prieuré était ainsi un point d’équilibre entre solitude et ancrage local.
Les registres paroissiaux de Marey témoignent d’un épisode plus tardif : un certain « frère Jean, ermite de Saint-Laurent », a vécu dans ce lieu. Son acte de décès est bordé en date du 18 avril 1692. Cette mention confirme que le prieuré s’était mué en ermitage, accueillant des religieux en solitude plutôt que la communauté initiale. Ce passage de la vie communautaire à une forme plus solitaire révèle les évolutions religieuses et économiques du site, qui n’avait plus l’essor d’antan.
En 1710, le prieuré fut uni au chapitre de Chapitre de Deneuvre, marquant une nouvelle étape administrative. Cela signifiait que la tutelle et les revenus du lieu passèrent dans la dépendance de ce chapitre, au-delà de l’usage prioritaire de la communauté religieuse originelle. Cette union s’inscrit dans la période de rationalisation des établissements ecclésiastiques, où les petites maisons monastiques perdaient souvent leur autonomie.
Aujourd’hui, l’ancien prieuré / ermitage de Saint-Laurent à Marey n’est plus un lieu de vie religieuse active. Néanmoins, les vestiges et le cadre boisé offrent une belle opportunité de promenade contemplative. On peut envisager de retracer les contours de l’ancienne installation
Aux alentours, une cabane abandonnée :



Et la roche culbutée :




Autre curiosité en bordure de chemin, la roche culbutée, une énorme roche massive recourverte par la végétation.
Bonne randonnée !
Quelques photos :

















































Pour s’y rendre :
Depuis le centre de Marey, prendre Grande Rue, puis le Pryolet. Se garer à la patte d’oie (au niveau des bacs à déchets) puis continuer sur le chemin qui part sur la droite sur 1km en passant par la roche culbutée. Puis, tourner à droite, sur le petit pont de bois, et continuer le sentier sur 100m pour atteindre l’ermitage.
A proximité :
- La roche pissotte à Marey
- L’allée des Fées à Marey
- Roche gravée du Mulot à Bleurville
- La cave en Faroche à Bleurville
Sur la carte :




Une fois de plus, les Vosges nous offrent une très belle découverte. C’est vraiment une région magnifique que j’adore.