

Situés au nord-est du village de Saint-Léger-de-Montbrillais, non loin de l’impasse de Rabaté et à proximité d’une station d’eau appelée « Fontaines de Son », ces dolmens s’élèvent dans un paysage agricole typique du nord de la Vienne. Le village lui-même domine les vignes du Loudunais, mais sous cette surface bucolique se cache un témoignage millénaire d’occupation humaine. L’Atlas des paysages du département signale que ces mégalithes sont bien implantés dans la plaine, marquant des repères historiquement visibles, tant dans les paysages anciens que sur des cartes postales du début du XXe siècle.
Les dolmens de la Fontaine de Son consistent en deux édifices distincts, très proches l’un de l’autre (à environ trente mètres). Le dolmen n° 1, plus imposant, est de type angevin : il présente un portique trilithique, utilisant de grandes dalles en grès. Sa chambre interne, orientée nord-est, mesure environ 4,80 m de longueur et 2,20 m de largeur, tandis que l’ensemble s’étire sur près de 7,50 m. Trois orthostates (piliers verticaux) soutiennent encore la table de couverture, aujourd’hui brisée en deux segments ; un quatrième pilier est renversé, et une dalle supplémentaire, sous la table brisée, pourrait représenter la dalle de chevet. Selon des croquis et plans anciens, ce dolmen n’a pas subi de dégradation massive depuis le XIXᵉ siècle.
Le dolmen n° 2, quant à lui, se distingue par un état de ruine plus avancé. Sa table de couverture, estimée autour de 6 m par 4,50 m, repose sur cinq piliers, mais plusieurs blocs sont dispersés aux abords du monument. Un plan ancien réalisé par Le Touzé de Longuemar montre déjà au XIXᵉ que l’édifice était très abîmé. L’ensemble indique une architecture ambitieuse, bien que fragilisée.




Ces deux dolmens sont datés du Néolithique, ce qui les place parmi les structures funéraires anciennes typiques du mégalithisme ouest-européen. Cependant, à ce jour, aucun mobilier archéologique (ossements, poteries, silex, parures) n’a été associé clairement à ces monuments : les campagnes de fouilles documentées semblent limitées et les sondages récents n’ont pas livré d’éléments funéraires évidents. Cela complexifie l’interprétation de leur usage : s’agissait-il uniquement de tombes collectives ? Ou avaient-ils aussi une fonction rituelle ? L’absence de vestiges peut indiquer soit des pillages anciens, soit des pratiques funéraires qui n’impliquaient pas un dépôt important d’objets.
L’intérêt scientifique pour ces dolmens ne se dément pas. En 2021, une campagne de prospection menée par des équipes archéologiques a tenté de documenter l’architecture interne, mais les sondages n’ont pas permis de clarifier la structure interne. Parallèlement, des relevés en 3D par photogrammétrie ont été réalisés : cette technologie moderne permet de modéliser précisément les blocs, d’évaluer leur stabilité, et de documenter des détails qui échappent aux relevés traditionnels.
D’un point de vue patrimonial, ces monuments sont classés au titre des monuments historiques depuis le 26 octobre 1955, sous le numéro Mérimée PA00105697. La classification témoigne de leur valeur culturelle, mais l’accès est aujourd’hui restreint : selon l’Atlas des paysages, les dolmens sont interdits au public tant qu’une consolidation n’est pas effectuée. Un programme de mise en valeur est envisagé, avec un horizon autour de 2025, pour sécuriser et rendre plus visible ce patrimoine mégalithique.
Bonne découverte !
Quelques photos :









Pour s’y rendre :
Depuis la D347 a hauteur de Montbrillais, un panneau indicateur informe la présence des dolmens, il suffit de faire 350 mètres pour les atteindre.
A proximité :
- Château de Rouvraye (privé) à Saint-Léger-de-Montbrillais
- Dolmen de Vaon à Les Trois Moutiers
- Dolmen de Vernaise à Bournand
Sur la carte :



