

Nichée au lieu-dit de Brettefey, près du hameau de la Forge, sur la commune de Bretteville dans la Manche, cette sépulture mégalithique constitue l’un des témoignages les plus complets de l’architecture funéraire du Néolithique en Basse-Normandie. Longue de dix-sept mètres pour une largeur intérieure d’à peine un mètre dix, orientée sensiblement nord-sud, elle appartient en réalité à la famille des sépultures à entrée latérale, bien que la tradition locale la désigne encore comme une allée couverte. La chambre funéraire, close à ses extrémités, communique avec une antichambre séparée par une dalle échancrée, dispositif fréquemment observé dans les monuments similaires de Bretagne. L’accès s’effectue côté ouest, matérialisé par deux piliers perpendiculaires à l’axe du couloir, dont l’un déborde à l’intérieur pour délimiter un compartiment où subsistent des vestiges de dallages successifs. Le monument conserve la quasi-totalité de ses supports ainsi que les traces d’un péristalithe, cet entourage de petits blocs qui bloquait autrefois le tumulus recouvrant l’ensemble et lui conférait l’aspect d’un tertre elliptique très allongé. Comment ces dalles, parfois de plusieurs tonnes, furent-elles acheminées puis dressées par les communautés néolithiques ? La question reste, aujourd’hui encore, largement irrésolue.





Les fouilles menées au début des années 1970 par Lemière et Verveur n’ont livré aucun ossement humain, probablement dissous par l’acidité des sols de la région, mais elles ont mis au jour un mobilier attribuable au Néolithique final : un gobelet à profil sinueux, des silex taillés ainsi que plusieurs pendeloques en pierre dure. Une dalle septale retrouvée en place lors de travaux de restauration en 1970 aurait par ailleurs séparé symboliquement l’espace des morts, au nord, de celui des vivants, au sud. Décrit pour la première fois en 1833, le monument fut alors baptisé « Cist-Vean », terme évoquant en breton une pierre branlante, sur la foi d’une légende selon laquelle la dernière dalle de couverture aurait servi d’épreuve pour juger de la fidélité des épouses. Ce récit, repris par plusieurs érudits du XIXe siècle, illustre la fascination durable exercée par ces vestiges sur les populations locales, qui y virent tour à tour l’œuvre de fées ou le refuge de trésors enfouis. L’édifice échappa de peu à la destruction en 1905, lorsque des carriers entreprirent d’en débiter les pierres ; les traces de leurs forages restent visibles encore aujourd’hui. L’allée couverte de la Forge est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1862.
Quelques photos :























Pour s’y rendre :
Route de l’Allée Couverte – 50110 Bretteville
A proximité :
- Fort de Digosville
- Menhir de la Grande Pierre à Maupertus-sur-Mer
- Château des Ravalets à Cherbourg-en-Cotentin
Sur la carte :




Une allée couverte digne des plus grands sites de bretagne !elle est vraiment très belle.