Chapelle Notre Dame du Chêne – Bar-sur-Seine (10)

Plutôt insolite, nous voici en route pour faire le tour d’une immense chapelle construite au beau milieu d’un bois. Et ce n’est pas un hasard si elle fut bâtie à cet emplacement, entre Avaleur et Bar-sur-Seine. Tout commence en 1153 par le passage de saint Bernard de Clairvaux, peu de temps avant sa mort, il aurait été aperçu ici, entrain de prier au pied d’un chêne.

La chapelle est impressionnante de par sa taille. Elle est de style Néo-gothique et en forme de croix latine. Elle abrite ce qu’l reste de ce chêne vieux de plus de 800 ans. A l’extérieur, sur la gauche du porche, on trouve une grotte qui mène à un bassin. Sur l’entrée on peut difficilement lire une phrase traduite par «Va à la piscine de Siloé, ta foi te sauvera». Nous allons donc essayer de comprendre l’importance de ce chêne, ce qui le lie à Saint-Bernard, et pourquoi en avoir fait un lieu de pèlerinage important au mois de septembre.

C’est ici que commence la légende. Nous sommes au Moyen Âge, nous n’avons pas la date exact, mais on peut situer l’histoire plusieurs siècle après le passage du Saint (estimation entre 1300 et 1500). Un jeune paysan de Bar-sur-Seine a pour habitude de garder ses génisses en ce lieu. Il se pose en général sous un chêne pour faire une sieste (il s’agissait bien évidement du même chêne qui a invité Saint-Bernard à prier lors de son trajet entre Troyes et Clairvaux).

Il s’est toujours étendu sous le chêne mais ne l’a jamais vraiment exploré. Ce jour là, il décide d’en faire le tour, puis de grimper sur l’arbre. C’est en réalisant cet effort qu’il découvre dans une niche, une statuette de la Vierge Marie. Le jeune homme prend la statue et se dépêche de l’a ramener à sa mère. Celle-ci, émerveillée, met vite la statue à l’abris dans la demeure familiale pensant qu’elle allait pouvoir montrer ce joyau aux proches le lendemain matin.

Tout ne se passe pas comme prévu ! La statuette à disparue ! Notre jeune pâtre retourne de bon train dans la forêt, et l’a retrouve à son emplacement d’origine, dans le chêne. Il l’a ramène une seconde fois dans la maison, mais la pose dans une malle fermée à clé cette fois-ci.

La statue de la Vierge Marie disparait de nouveau. Vous avez compris le principe. On l’a retrouve systématiquement dans la niche du chêne.

Les rumeurs s’étendent très vite et parviennent jusqu’aux religieux. Ils décident de lui décerner une place dans l’église de la commune. Mais comme à son habitude, elle disparaît. On décide finalement de l’a laisser à sa place. Depuis lors, de très nombreuses personnes se ruent au pied du chêne pour prier et faire des demandes particulières. C’est ainsi que des miracles s’accomplissent tel que des guérisons pour exemple.

Les nouvelles des miracles parviennent jusqu’aux oreilles du roi Louis XI dit le prudent qui décide de rendre visite à ce chêne.

Ci-dessus, des photos de la grotte fermée par une grille. Des escaliers mènent jusqu’à une sorte de bassin remplie d’eau, il s’agit d’une source qui ne tarit jamais. Sur la droite, on voit le bénitier datant de 1668 de l’ancienne chapelle. On imagine que lors des pèlerinages, les malades se baignent dans ce bassin afin de guérir.

Revenons à notre vieux chêne et à la statuette de 12 centimètres qui exécute des miracles. Peu de temps après l’histoire du jeune berger, on construit une sorte de cabane en bois avec une ouverture sur le toit pour laisser le tronc de l’arbre ressortir.

En 1669, une demande est faite auprès de la propriétaire du bois, son altesse royale Mademoiselle de Montpensier afin d’ériger une chapelle. Demande acceptée, le chêne est en partie coupé, et enchâssé dans cette nouvelle chapelle.

Elle existera jusqu’en 1724, puisque Mr Hénault, maire de Bar-sur-Seine, décide de la remplacer par une chapelle en bois, il sécurise la statuette à l’aide d’un grillage.

En 1865, c’est le curé de Bar-sur-Seine, l’abbé Prud, décide de bâtir une chapelle, mais en pierre cette fois-ci. La première pierre est posée le 29 juillet, et se termineront deux années plus tard, en 1867.  La voici tel qu’on l’a voit aujourd’hui. A l’intérieur, on trouve, accolé à l’autel, le tronc de vieux chêne, ainsi que la statuette. Le corps de l’abbé Prud repose dans la chapelle; On prend alors conscience de l’importance du lieu, et on comprend mieux pourquoi il n’est pas aisé de la visiter. En été, il y a des horaires d’ouvertures, il faut donc se renseigner au préalable.

Sachez pour terminer, que l’on compte plusieurs centaines de miracles entre la découverte du jeune berger jusqu’à nos jours. Des miracles de tout genre, guérissons, miracles en rapport avec la moisson ou en rapport avec des protections durant des guerres ou des invasions.

Bonne visite !

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Bar-sur-Seine, prendre la D443 en direction d’Avaleur \ Villemorien. Après un kilomètre, tourner sur la petite route à gauche, continuer sur 400 mètres puis tourner à droite, faire 100 mètres et tourner de nouveau à droite, faire les 100 derniers mètres en voiture pour atteindre le parking sur la gauche. Continuer à pied jusqu’à a chapelle.

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