Le cimetière fortifié – Hartmannswiller (68)

Le Cimetière Fortifié de Hartmannswiller : Gardien Imperturbable de l’Histoire Alsacienne

L’édification des murs, amorcée à la fin du 15e siècle, avait pour dessein la protection de la population face aux menaces extérieures. L’enceinte, d’une hauteur imposante de 4 à 5 mètres en 1862, présentait une configuration complexe avec deux tours bien conservées et un chemin de ronde soutenu par une rangée de corbeaux. L’ancienne porte, jadis dotée d’un pont-levis, demeure aujourd’hui murée, un vestige évocateur d’une époque où la sécurité des villageois était une préoccupation constante.

Le cimetière fortifié de Hartmannswiller se distingue en tant que seul exemple alsacien de ce type d’architecture aux côtés de celui de Hunawihr. L’enceinte, initialement entourée de douves, dévoile une structure épaisse d’environ un mètre, parsemée de tours et d’archères.

À l’intérieur de cette enceinte, l’église Saint-Blaise, bien que non fortifiée, abrite une histoire intrigante. Vers 1495, ses combles furent adaptés en espace de stockage, soulignant l’ingéniosité des villageois face aux nécessités de l’époque.

L’église Sainte-Blaise :

Ce lieu de culte a connu un parcours sinueux à travers les époques. Il est probable qu’à l’origine, une église romane s’élevait à cet endroit, comme en témoignent les parties les plus anciennes de la structure actuelle remontant au 13e siècle. Cependant, son destin fut marqué par la destruction infligée par les bandes anglaises en 1376. Un siècle plus tard, en 1469, une reconstruction voit le jour, donnant naissance au clocher et à la nef. Le chœur, caractérisé par une architecture gothique tardive, ne prend sa forme définitive qu’en 1495, date gravée sur la fenêtre centrale.

L’évolution architecturale de l’église ne s’arrête pas là. En 1881, face à la vétusté du toit en bâtière du clocher, une décision est prise de le surélever et de le coiffer d’une majestueuse flèche couverte d’ardoise. Cette transformation confère à l’église une allure distinctive, mêlant le charme du passé à une élégance renouvelée.

À l’intérieur, la nef actuelle présente un seul vaisseau avec un plafond, mais des indices suggèrent qu’à l’origine, elle était voûtée. Les amorces de murs et l’arc triomphal, visibles dans les combles, témoignent de la structure initiale, invitant les visiteurs à imaginer l’ancienne splendeur de cet espace de prière.

En savoir plus sur les pierres tombales…

Les dalles de grès rose, témoins silencieux du passé, reposaient humblement sur le sol, mêlant leur présence au sein du chœur et de la nef de l’église. Leur nombre, apparemment douze, se déployait avec des dimensions imposantes de 2,00 x 1,00 x 0,3 mètres. Une trace du XIVe siècle, ces pierres ont connu un destin particulier.

En l’an 1903, au cours de l’installation de l’autel central, ces blocs furent déplacés de leur position d’origine. Une transformation qui les mena à être cédés à la communauté locale. Une vente qui laissa son empreinte dans l’histoire locale.

Les registres de Théobald, lors de l’inventaire, ne mentionnaient que trois de ces pierres, créant ainsi une énigme autour du destin des autres. Toutefois, en 1993, une observation plus attentive révéla l’existence d’au moins quatre de ces stèles. Une énigme persistait sur la disparition des autres.

La première pierre, datant du XIVe siècle, portait une inscription fascinante. (Hein) / rich. von . Senheim69 unde … / … / ° Noch. sanc Ne. Ambrosien . tage / Domini MCCC, une narration fragmentée par le temps. L’emblème, un chien, un loup, un lévrier, ajoutait une dimension mystérieuse à cette relique historique.

Curieusement, la deuxième pierre, toujours présente, s’intégrait dans le mur extérieur de l’église du côté nord. Son inscription partiellement illisible ajoutait une touche d’intrigue à cette relique du passé. Un puzzle qui suscite la curiosité.

Quant à la quatrième pierre, elle recouvrait autrefois un puits sur la propriété de M. GLAENTZLIN Théodore jusqu’à l’aube des années 1990. Son inscription, Niclaus wilt zum Gott genad. Arno domini 1520 Mmoch zum. 4! A., révélait un récit datant du XVIe siècle. Un legs du passé transformé en objet de contemplation.

En 1993, M. HAAS Marc fit don de cette pierre à la commune, ajoutant une nouvelle page à son histoire. La décision du conseil de fabrique de l’église de la réinstaller en 1995 promettait de redonner vie à cette relique du passé.

Les détails de ces stèles se mêlaient au récit d’une chapelle de l’église qui, selon GRANDIDIER, abritait les armes de deux époux de la Maison d’Autriche. Une tombe évoquait Jean Anstat de WALDNER, chancelier de l’Empire au XVIe siècle.


L’Alsace, autrefois parsemée de nombreux cimetières fortifiés, voit aujourd’hui en Hartmannswiller un témoin exceptionnel de son passé. Avec ses tours, ses murailles épaisses, et son histoire riche, ce site emblématique continue d’inspirer les amateurs d’histoire et les curieux, les invitant à plonger dans les détails fascinants de l’époque médiévale alsacienne.

Adresse : 2-6 Rue de l’Église, 68500

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  • 28 février 2024

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