Carrière souterraine d’Aubigny – Taingy – Les Hauts de Forterre (89)

La Carrière Souterraine d’Aubigny : Un voyage fascinant sous la terre

Il y a 200 millions d’années, la région d’Aubigny était une mer tropicale. Imaginez un océan chaud et peu profond, grouillant de vie marine. Au fil du temps, les squelettes d’animaux marins, tels que les moules et les huîtres, se sont accumulés sur le fond marin, formant un immense banc de calcaire. Ce calcaire oolithique, du grec “oo” (oeuf) et “lithos” (pierre), est une roche blanche à grain fin, d’une grande résistance et d’une grande beauté.

Parfaitement adaptée à la sculpture et à la construction, la pierre d’Aubigny a été utilisée pour bâtir de nombreux monuments prestigieux. On la retrouve dans l’Opéra Garnier, l’Hôtel de Ville de Paris, le Conservatoire National des Arts et Métiers, le Louvre et même les cathédrales d’Auxerre et de Sens. Sa résistance à la compression, d’environ 110 kg/cm², en fait un matériau de choix pour les constructions durables.


L’exploitation de la Carrière Souterraine d’Aubigny à l’époque romaine et au Moyen Âge

L’époque romaine

Des vestiges romains

Des fouilles archéologiques réalisées dans la carrière ont permis de découvrir des vestiges romains importants, tels que des outils, et des monnaies. Ces vestiges attestent de l’importance de la carrière pour l’économie romaine dans la région.

L’extraction de la pierre dans une carrière souterraine :

L’extraction de la pierre dans une carrière souterraine a connu une évolution considérable au fil des siècles, tant au niveau des techniques employées que des outils utilisés. Voici un aperçu des principales différences entre l’époque romaine, le Moyen Âge et l’époque moderne :

Époque romaine (1er siècle av. J.-C. – 5ème siècle apr. J.-C.)

  • Techniques:
    • Extraction manuelle à l’aide de pics, de marteaux et de ciseaux en fer.
    • Utilisation de coins en bois et de leviers pour détacher les blocs de pierre.
    • Creusement de galeries et de chambres souterraines pour suivre les veines de pierre.
    • Ventilation naturelle par des puits et des cheminées.
  • Outils:
    • Pics en fer de différentes formes et tailles.
    • Marteaux et ciseaux en fer.
    • Coins en bois et leviers.
    • Lampes à huile pour l’éclairage.

Moyen Âge (5ème siècle – 15ème siècle)

  • Techniques:
    • Amélioration des techniques romaines avec l’introduction de la scie à pierre.
    • Utilisation de treuils et de machines simples pour soulever et transporter les blocs de pierre.
    • Début de l’utilisation de la poudre à canon pour le fendage des blocs.
  • Outils:
    • Scies à pierre à lame de fer.
    • Treuils et machines simples.
    • Poudre à canon.

Époque moderne (15ème siècle – 20ème siècle)

  • Techniques:
    • Mécanisation progressive de l’extraction avec l’introduction de machines à vapeur et d’outils pneumatiques.
    • Développement de techniques de dynamitage plus puissantes et contrôlées.
    • Amélioration de la ventilation et de l’éclairage des galeries souterraines.
  • Outils:
    • Machines à vapeur et outils pneumatiques.
    • Explosifs et détonateurs.
    • Systèmes de ventilation et d’éclairage électrique.

Ici à Aubigny :

Extraction du bloc:

  1. Le carrier creusait des tranchées verticales et une large tranche basse avec des outils manuels (lance et aiguille).
  2. Des coins de bois étaient insérés dans les tranchées pour faire basculer le bloc de pierre.
  3. À partir du 19ème siècle, la scie crocodile a été utilisée pour obtenir une face arrière bien dressée.
  4. Le bloc était ensuite transporté sur des rouleaux de fer et acheminé par voie d’eau ou par convois muletiers.

Production et conditions de travail:

  • Un carrier produisait environ 0,5 mètre cube de pierre par jour, payé à la surface de tranche effectuée.
  • Aujourd’hui, les carriers extraient 4 mètres cubes par jour avec des machines.
  • L’extraction en souterrain est nécessaire pour protéger la pierre du gel et de l’altération.

Traces et indices:

  • Les stries, faces lisses, trous et taches sur les parois et plafonds de La Carrière indiquent les techniques d’extraction et l’éclairage utilisés.
  • En observant ces traces, on peut voyager dans le temps et découvrir l’histoire de La Carrière.

Points importants:

  • La pierre est extraite en souterrain pour la protéger de l’altération due au gel.
  • Les outils manuels ont été utilisés pendant longtemps, puis remplacés par des machines.
  • Les traces laissées par les outils et l’éclairage permettent de retracer l’histoire de l’exploitation de la carrière.
  • L’extraction de la pierre était un travail manuel et laborieux à l’époque romaine et au Moyen Âge.
  • L’époque moderne a connu une mécanisation progressive de l’extraction, rendant le travail plus efficace et moins pénible.
  • La sécurité des travailleurs s’est également améliorée au fil du temps grâce à de meilleures techniques et à un meilleur équipement.

Durant le Haut Moyen Âge et le Moyen Âge, la carrière d’Aubigny a connu une exploitation continue. La pierre calcaire oolithique, facile à tailler et d’une grande résistance, était utilisée pour une variété d’applications.

Deux sarcophages mérovingiens, encore visibles sur place, témoignent de l’utilisation de la pierre pour la fabrication de sépultures. Ces sarcophages, datant du VIe au VIIe siècle, sont des exemples remarquables de l’art funéraire mérovingien.

La pierre d’Aubigny était également utilisée pour la sculpture de statues et d’autres éléments décoratifs. Des sculptures provenant de la carrière ont été retrouvées dans des châteaux, des églises et d’autres monuments religieux de la région. La pierre était particulièrement appréciée pour sa blancheur et sa finesse, qui permettaient de réaliser des sculptures d’une grande précision.

Au XVIIIe siècle, et surtout au XIXe siècle, la pierre de Forterre connut un essor considérable. Exploitée dans les carrières de l’Yonne et de Bourgogne, elle devint un matériau de choix pour la construction d’édifices publics et privés dans toute la région.

L’Hôtel de Ville, le Conservatoire des Arts et Métiers, le Jardin des Plantes et l’Opéra Garnier ne sont que quelques exemples illustres de l’utilisation de la pierre de Forterre dans l’architecture parisienne.

En savoir plus sur les Compagnons du Tour de France

Les Compagnons du Tour de France : une tradition ancestrale et un mouvement unique

Les Compagnons du Tour de France sont une association ouvrière française regroupant des jeunes gens et femmes de divers métiers manuels, unis par un idéal commun : apprendre, progresser et transmettre leurs connaissances. Fondée au Moyen Âge, cette organisation se distingue par son système de formation itinérant unique, le “Tour de France”.

Le Tour de France : un voyage initiatique et formateur

Durant plusieurs années, les “aspirants” compagnons voyagent à travers la France, changeant de ville et d’employeur tous les six mois à un an. Ils perfectionnent leurs compétences dans leur métier tout en découvrant de nouvelles cultures et en s’enrichissant de rencontres humaines.

Un apprentissage basé sur la pratique et l’entraide

Au sein des maisons des Compagnons, les “itinérants” logent, mangent et reçoivent une formation complémentaire dispensée par des Compagnons plus expérimentés. L’apprentissage met l’accent sur la pratique, la rigueur et la transmission du savoir-faire.

Devenir Compagnon : un parcours exigeant et valorisant

Le parcours pour devenir Compagnon est exigeant et ponctué de plusieurs étapes :

  • L’aspiration : le candidat découvre le mouvement et ses valeurs.
  • Le “devoir” : une période d’apprentissage et de perfectionnement technique.
  • Le “chef-d’œuvre” : réalisation d’une pièce unique démontrant la maîtrise du métier.
  • La “réception” : cérémonie officielle où le candidat devient Compagnon.

Un héritage précieux et une influence notable

Les Compagnons du Tour de France ont transmis un savoir-faire précieux à travers les siècles et contribué à la construction de nombreux monuments et bâtiments emblématiques en France. Ils sont également reconnus pour leur engagement dans la promotion des métiers manuels et l’insertion professionnelle des jeunes.

En 1850, l’industrie de la pierre calcaire battait son plein dans l’Yonne. Plus de 1000 ouvriers s’activaient dans les carrières de la région, extrayant un matériau précieux pour la construction de bâtiments et d’infrastructures. La carrière d’Aubigny était l’une des plus importantes, employant à elle seule des centaines de travailleurs.

Encadré par un guide passionné, découvrez les secrets de la Carrière Souterraine d’Aubigny. Laissez-vous transporter par les récits fascinants de l’histoire de ce lieu unique et admirez la grandeur de ses galeries et salles immenses.

Votre exploration se poursuit à votre rythme. Explorez en toute liberté les moindres recoins de cet univers souterrain. Laissez-vous impressionner par les vestiges des techniques de taille de pierre et admirez les “chefs-d’œuvre” sculptés par les Compagnons du Tour de France.

N’oubliez pas votre pull ou votre gilet ! La température constante de 12°C dans la carrière vous offre une parenthèse fraîcheur bienvenue en été, mais peut être frisquette en hiver.

Que vous soyez en visite libre ou accompagnée, la Carrière Souterraine d’Aubigny vous réserve une expérience immersive et inoubliable. Un voyage fascinant au cœur de l’histoire et de la géologie, à ne manquer sous aucun prétexte !

  • Durée de la visite : 1h à 1h30
  • Température : 12°C constant
  • Vêtements : Pull ou veste conseillés
  • Horaires d’ouverture :
    • Du 1er juillet au 31 août : tous les jours de 10h à 18h30
    • Du 1er septembre au 30 juin : les week-ends et jours fériés de 14h30 à 18h30

Contact :

Depuis Auxerre, prendre la N151 jusqu’à Courson-les-Carrières, puis prendre la D9, passer Molesmes, passer à Champoux, puis à Aubigny, tourner à droite sur D148, la carrière est indiquée le long de cette route.

Statistiques :

  • 1 616 662
  • 672 963
  • 726
  • 529
  • 20 avril 2024

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Un commentaire

  1. Régis
    26 février 2024
    Reply

    C’est un lieu impressionnant par la taille de certaines salles. Les sculptures exposées sont très belles. A visiter en été, pour être au frais.

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