Menhir de Nidevelle – Saint-Georges-des-Sept-Voies – Gennes-Val de Loire (49)

Le menhir se trouve sur la commune déléguée de Saint-Georges-des-Sept-Voies, désormais intégrée à Gennes-Val-de-Loire, dans le Saumurois (Maine-et-Loire, Pays de la Loire). Cette zone, très densément pourvue de mégalithes (menhirs, dolmens), est considérée comme un foyer spécifique de la culture néolithique locale, notamment du fait de dolmens typiques à portiques. Le menhir de Nidevelle s’inscrit donc au cœur d’un paysage où subsistent des témoignages matériels de pratiques funéraires, territoriales ou rituelles établies dès la fin du Néolithique.

Forme et matériau
Il s’agit d’un prisme quasi rectangulaire en grès, légèrement effilé en sa partie supérieure, dont la découpe témoigne d’une intention de verticalité maîtrisée.

Dimensions
Les mesures concordent autour de 5,5 mètres de hauteur, avec une largeur d’environ 1 mètre, ce qui fait de lui le deuxième menhir le plus élevé d’Anjou. Les écarts de mesure (jusqu’à 5,9 m selon certains relevés) sont vraisemblablement dus à la variabilité des prises de vue ou de l’assise sur laquelle il s’appuie.

Deux légendes sont liées au menhir :

La légende de Gargantua et la Pierre à aiguiser

Dans la tradition orale locale, le géant Gargantua, personnage mythique très répandu dans le folklore de l’Ouest de la France, joue un rôle central dans l’explication de l’existence du menhir de Nidevelle. On raconte qu’un jour, alors qu’il traversait la région, Gargantua aurait vidé ses bottes pleines de sable après un long périple. Le tas de terre ainsi formé aurait donné naissance à des reliefs environnants, de modestes buttes encore visibles dans le paysage.

Mais le détail le plus marquant de cette légende réside dans l’objet qu’il aurait laissé derrière lui : sa pierre à aiguiser. Outil indispensable au colosse pour entretenir ses armes et ses outils, elle aurait été négligemment posée au sol puis oubliée lors de son départ. Au fil du temps, cette pierre se serait figée dans la terre, redressée comme par une main invisible, pour devenir le menhir que nous connaissons aujourd’hui.

Cette histoire, comme beaucoup de récits attachés aux mégalithes, tente de donner une explication populaire à la présence incongrue de blocs monumentaux dans le paysage. La figure de Gargantua, tour à tour bienveillant et maladroit, incarne ici la force brute capable de manipuler des pierres que l’homme ordinaire ne saurait déplacer. Derrière l’anecdote folklorique se cache une fonction mémorielle : rappeler que ces pierres, en dehors de toute compréhension rationnelle pour les populations médiévales ou modernes, devaient être l’œuvre de géants ou de forces surnaturelles.

Ainsi, le menhir devient plus qu’un vestige préhistorique : il est perçu comme une relique de la démesure mythique, un témoignage figé de l’interaction entre le monde des hommes et celui des géants.

La légende du « Sale-Village »

La seconde légende rattache non pas la pierre elle-même, mais le toponyme du hameau voisin, Sale-Village, à une anecdote teintée d’ironie. On raconte qu’une comtesse voyageant dans la région aurait vu sa voiture s’embourber sur les chemins boueux du secteur. Furieuse de cet incident qui immobilisa sa suite, elle se serait exclamée :
« Quel sale village ! »

L’expression, conservée dans la mémoire locale, aurait fini par donner son nom officiel au lieu. Le menhir, situé à proximité immédiate de ce hameau, hérite indirectement de cette réputation et se trouve inséré dans un récit où la topographie, la pierre et la société se rejoignent.

Pour l’historien et le linguiste, cependant, ce récit n’est probablement qu’une légende étiologique, c’est-à-dire une explication inventée après coup pour justifier un nom étrange ou peu flatteur. Les toponymistes rappellent en effet que « Sale » viendrait plus vraisemblablement d’une racine pré-indo-européenne telle que sal ou sala, signifiant terrain marécageux, humide ou inondable. Cela correspond parfaitement à la nature du sol dans cette portion de la vallée de la Loire.

Cette double explication l’une populaire et imagée, l’autre scientifique et linguistique — illustre le dialogue permanent entre tradition et érudition. Dans la version légendaire, le « sale » exprime la colère aristocratique face à l’inconfort d’un chemin rural ; dans l’analyse philologique, il se révèle être un écho de strates linguistiques très anciennes, remontant à un substrat préhistorique.

Bonne visite !

Le menhir se trouve au 52 Rue du Menhir 49350 Gennes-Val-de-Loire dans le hameau de Nidevelle a l’Ouest du hameau de Sale Village.

  • Dolmen de la Forêt à Gennes-Val-de-Loire
  • La Pierre Longue à Gennes-Val-de-Loire
  • Dolmen de la Bajoulière à Brissac Loire Aubance
  • Pierre de Nézan à Gennes-Val-de-Loire

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