


Au lieu-dit du Grand-Breuil, sur le territoire de la commune des Moitiers-d’Allonne, se dresse un sépulcre collectif du Néolithique connu sous plusieurs appellations : allée couverte du Grand-Breuil, dolmen du Breuil ou encore Autel des Druides, parfois confondue à tort avec un monument voisin situé sur la commune de La Haye-d’Ectot. Cette architecture funéraire, orientée nord-sud et référencée au cadastre sous les parcelles D 1308 et 1309, s’étend sur une longueur d’environ 19,80 mètres pour une largeur intérieure comprise entre 1 et 1,20 mètre, la hauteur sous dalle avoisinant 1,90 mètre.
Treize orthostates subsistent sur le flanc oriental de la structure, tandis que quatre tables de couverture demeurent en place au-dessus de la chambre funéraire, les autres dalles ayant basculé ou s’étant fracturées au fil des siècles. L’ensemble a été bâti en grès local, matériau dont la dureté explique en partie la relative pérennité du monument. Sa mise en œuvre suivait un procédé technique éprouvé : les orthostates étaient d’abord dressés sur un lit de sable puis calés à l’aide de petites pierres, avant que les tables de couverture ne viennent coiffer l’ensemble. Ce type d’édifice, dit « armoricain », se caractérise par une chambre-couloir de largeur constante, initialement recouverte d’un tumulus de terre aujourd’hui disparu, dispositif qui invite à s’interroger sur l’ampleur véritable de la structure originelle, dont seule l’ossature lithique nous est parvenue. On lui connaît un pendant régional comparable, à entrée latérale celui-là, sur la commune de Bretteville-en-Saire, ce qui témoigne d’une certaine diversité architecturale au sein même des traditions mégalithiques du Cotentin.




Signalé dès 1895 à l’archéologue Léon Coutil, le monument, alors envahi par la végétation et partiellement utilisé comme abri à bestiaux, fut dégagé en 1905 puis classé au titre des monuments historiques l’année suivante. Des campagnes de restauration et de fouille menées entre 1968 et 1971 par une équipe conduite par R. Lemière ont permis la mise au jour d’un mobilier archéologique modeste mais significatif : outils de silex taillé (lames, grattoirs, pointes), grains de collier et fragments de céramique grossière, rattachés à la culture néolithique finale dite de Seine-Oise-Marne.
Ces vestiges attestent une fréquentation funéraire collective, à la manière d’une fosse commune où plusieurs générations de défunts auraient été déposées successivement, aux côtés d’un mobilier funéraire modeste mêlant armes, outils et parures. Ce type de sépulture s’inscrit dans une longue séquence chronologique du mégalithisme armoricain, dont les premières manifestations remontent à plus de quatre mille cinq cents ans avant notre ère et dont les dernières allées couvertes, dans la région, ne furent édifiées que vers 2500 avant J.-C., marquant le déclin progressif de cette tradition funéraire collective au profit de pratiques individuelles à l’aube de l’âge du Bronze. L’identité exacte des populations inhumées et la durée d’utilisation du monument restent toutefois partiellement énigmatiques, faute de datations radiocarbone publiées à ce jour, laissant planer une part d’incertitude sur les rites précis qui entouraient jadis ce lieu de mémoire collective.
L’allée couverte dite Autel des Druides est classée au titre des monuments historiques depuis le 8 janvier 1906.
Quelques photos :
































Pour s’y rendre :
Depuis Les Moitiers-d’Allonne, prendre la D425, puis, tournez à gauche en direction du Petit Breuil, continuez et passer le Grand Breuil, continuez tout droit, vous verrez sur la droite à un petit croisement avec un chemin de champs, un panneau indiquant un dolmen.
A proximité :
- Le site des trois moulins à Les Moitiers-d’Allonne
- La vieille église de Carteret
- Moulin à vent du Cotentin à Fierville-les-Mines
Sur la carte :



