

La vieille église Saint-Germain, dont les vestiges se dressent aujourd’hui à flanc de falaise sur le cap de Carteret, constitue le plus ancien lieu de culte paroissial connu de l’ancienne commune de Carteret, aujourd’hui rattachée à Barneville-Carteret dans la Manche. Sa fondation est généralement située au tournant des XIe et XIIe siècles, datation que confirme la présence, sur les vestiges de la nef, d’un appareil en arête-de-poisson, technique de maçonnerie caractéristique de l’architecture romane du Cotentin. L’édifice est placé sous le vocable de saint Germain le Scot, évangélisateur présumé du Cotentin au Ve siècle, mort en 480 selon la tradition hagiographique locale. Le premier document connu mentionnant formellement l’église remonte à 1125 : un acte atteste que Renaud de Carteret en fait don à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, geste s’inscrivant dans la politique d’assise territoriale que menait alors l’abbaye normande sur le littoral du Cotentin. Le chœur, à chevet plat percé d’un oculus, résulte quant à lui d’une reconstruction gothique attribuée aux XIVe ou XVe siècles, tandis qu’une chapelle nord, voûtée sur croisée d’ogives, retient particulièrement l’attention des archéologues : les arcs de sa voûte reposent sur des culots sculptés figurant les quatre évangélistes, dont l’aigle de saint Jean demeure encore partiellement identifiable. Des fouilles menées en 1975 sur cette chapelle ont permis de préciser certains éléments du phasage de l’édifice, sans qu’une datation absolue n’ait pu être établie avec certitude, laissant subsister plusieurs zones d’ombre sur la chronologie exacte des campagnes de construction successives




Exposée aux assauts conjugués du vent et de la mer, l’église paroissiale devient progressivement inadaptée à l’exercice du culte : elle est abandonnée entre 1686 et 1689, puis partiellement démolie, ses pierres étant réemployées pour agrandir la chapelle castrale Saint-Louis, qui lui succède dès 1684 dans sa fonction paroissiale. Ne subsistent aujourd’hui que les murs nord et sud de la nef et du chœur, dégagés au bord du sentier littoral du GR223, ainsi que la base d’une croix marquant l’emplacement de l’ancien cimetière attenant. Une tradition orale locale, dont aucune trace archéologique n’est venue à ce jour confirmer la réalité, rattache l’origine du site à la disparition d’un village primitif englouti par un raz-de-marée en 709 ou peu à peu recouvert par les sables des dunes voisines, un épisode qui continue d’alimenter les hypothèses des chercheurs sur l’occupation ancienne du cap. Le terrain sur lequel s’élèvent les ruines, propriété de la commune de Barneville-Carteret, est intégré depuis un arrêté du 2 janvier 1942 au site classé du cap et du phare de Carteret, une protection qui porte sur le paysage et ses abords plutôt que sur l’édifice pris isolément.
Bonne promenade !
Quelques photos :
















































Pour s’y rendre :
Depuis le centre de Barneville-Carteret, prendre la D902 en direction du sémaphore du Carteret, puis tourner à droite à Route du plateau des 3 Grunes. Descendre jusqu’au parking visiteurs. Continuer à pied.
A proximité :
- Fontaine Saint-Germain à Barneville-Carteret
- Les dunes d’Hattainville
- Le dolmen du Breuil (Autel des Druides) à Les-Moitiers-d’Allonne
Sur la carte :



