


Adossée au mont Saint-Étienne, sur un terrain à forte déclivité, la cathédrale Saint-Jean occupe le cœur de l’ancien quartier capitulaire, juste derrière la Porte Noire, arc de triomphe gallo-romain qui rappelle l’importance de Vesontio sous l’Empire. Les textes mentionnent un évêque, Pancrace, dès 346, ce qui laisse supposer l’existence très précoce d’un groupe épiscopal sur ou près de ce site. Son plan exact, faute de données archéologiques exhaustives, reste en partie conjectural. Le vocable de Saint-Jean n’apparaît clairement dans les sources qu’à l’époque carolingienne, au Xe siècle. Auparavant, les documents évoquent surtout l’église Saint-Étienne. Besançon a en effet possédé deux cathédrales à faible distance l’une de l’autre : Saint-Étienne, érigée en cathédrale en 1050 par le pape Léon IX, et Saint-Jean, remaniée par l’archevêque Hugues de Salins. Leur coexistence a nourri la célèbre querelle des chapitres, rivalité de préséance entre deux collèges de chanoines. L’édifice actuel est consacré en 1148 par le pape Eugène III. Pourquoi une cité a-t-elle entretenu si longtemps deux sièges épiscopaux concurrents ? Les archives n’ont pas livré tous leurs secrets.




Sur le plan architectural, Saint-Jean est un édifice composite où chaque siècle a laissé sa trace. Les trois nefs et les chapiteaux relèvent de l’art roman. Les voûtes d’ogives, héritées des remaniements du XIIIe siècle, appartiennent au premier gothique. Les chapelles latérales, ajoutées au XVIe siècle, témoignent de la Renaissance. Le plan présente la particularité rare de deux chœurs opposés, dispositif qui évoque les églises de tradition carolingienne et rhénane. Le clocher s’effondre en 1724 et endommage gravement le chœur oriental, dont la reconstruction donne lieu à l’abside du Saint-Suaire, œuvre baroque attribuée à l’architecte Germain Boffrand. Entre-temps, la cathédrale Saint-Étienne, rasée en 1668 lors de l’édification de la citadelle de Vauban, a transmis son trésor et son décor à Saint-Jean. Parmi les œuvres majeures figure La Vierge aux Saints, peinte en 1512 par Fra Bartolomeo, maître de la Renaissance florentine. On y trouve aussi une trentaine de tableaux protégés et la Rose de Saint-Jean, autel de marbre blanc à huit lobes, dont la fonction originelle intrigue encore les spécialistes.




L’autre merveille est l’horloge astronomique, conçue entre 1858 et 1860 par l’horloger Auguste-Lucien Vérité, de Beauvais, à la demande du cardinal Mathieu. Haute de près de six mètres et logée dans les parties basses du clocher, elle réunit plus de 30 000 pièces et onze mouvements animant 57 cadrans. Ils indiquent notamment les calendriers, le cours des planètes, les éclipses et l’heure des marées dans différents ports, ainsi que des automates à thèmes bibliques. Aujourd’hui à l’arrêt, elle attend une restauration complexe. La cathédrale a aussi abrité le Saint-Suaire de Besançon, linceul vénéré dès le XVIe siècle, présenté comme concurrent de celui de Turin. Il a disparu à la Révolution, et sa destruction supposée n’a jamais été entièrement élucidée. Le dernier mot revient à un fait de droit : la cathédrale est classée au titre des monuments historiques depuis 1875.
Quelques photos :






































Pour s’y rendre :
Adresse : 5 Rue de la Convention 25000 Besançon
A proximité :
- La Citadelle de Besançon
- L’horloge Astronomique de Besançon
- La Porte Noire de Besançon
Sur la carte :




C’est un lieu propice au recueillement et vraiment très beau. Dommage que l’horloge astronomique ne fonctionne plus.