

Au cœur du charmant village de Charmoy, dans le département de Saône-et-Loire en Bourgogne-Franche-Comté, trône majestueusement l’église Saint-Martin. Cette édifice, témoin du temps qui passe, est imprégné d’une riche histoire qui remonte à des siècles révolus. Classée au rang des monuments historiques le 29 mars 1971, cette église dévoile des secrets architecturaux et culturels, faisant d’elle un lieu d’une valeur exceptionnelle.
Érigée au XIIe siècle par les moines clunisiens de Mesvres, l’église paroissiale se distingue par son clocher massif recouvert d’un hourd de bois, une caractéristique unique qui suggère qu’il a pu servir de refuge contre les incursions au XVe siècle.
Qu’est ce qu’un hourd ?
Un hourd en bois est une structure défensive temporaire qui était ajoutée aux murs d’un château ou d’une église pendant les périodes de conflit. Il s’agit d’une plate-forme en bois suspendue à l’extérieur des remparts, soutenue par des poutres en bois appelées corbeaux. Les hourds permettaient aux défenseurs de lancer des projectiles sur les assaillants au pied des murs sans être exposés aux tirs ennemis. Les hourds en bois étaient généralement démontés en temps de paix en raison de leur vulnérabilité au feu et aux intempéries. Ils ont été remplacés plus tard par des structures en pierre permanentes appelées mâchicoulis. Notez que l’utilisation de hourds en bois sur une église est assez inhabituelle, car ils sont généralement associés à des structures militaires.
Le chœur barlong au chevet en hémicycle et le clocher qui le surmonte datent du XIIe siècle, tandis que la nef a été reconstruite au XIXe siècle. Sur la face nord de la nef, une chapelle construite vers 1540 témoigne de l’évolution architecturale de l’église.




À l’intérieur de cette édifice chargé d’histoire, le visiteur est accueilli par une œuvre fascinante datant du XVIe siècle : une Vision de Saint Hubert, sculptée en bois polychrome. Le devant-chœur présente également deux ensembles de boiseries peintes, illustrant des épisodes de la vie de la Vierge et des arrangements floraux. Ces chefs-d’œuvre datent du XVIIIe siècle, précisément de 1726. Une plongée dans le procès-verbal de la visite canonique de 1665 révèle qu’à cette époque, la paroisse comptait environ cinq cents fidèles, totalisant une population de 750 habitants.
Au cours du XVème siècle, le prieur Étienne de Lespinace occupa le titre en 1401 et demeura en fonction jusqu’en 1411. Durant son mandat, l’église Saint-Martin de Charmoy était rattachée au prieuré de Mesvres, sous la tutelle du duc de Bourgogne. Les moines devaient payer une rente au duc en échange de son assistance. Les comptes du bailliage d’Autun, datant de 1412 à 1470, indiquent le paiement annuel de seize pains convertis ultérieurement en trois bichets de froment.
Au tournant du XVème siècle, Jean de Saint-Sernin devint prieur en 1421. Charmoy, paroisse dépendante du prieuré de Mesvres, était sous son patronage, avec des droits seigneuriaux et décimaux. Des terriers anciens révélaient des héritages à Charmoy, dont certains étaient sous la juridiction du prieur de Charmoy. L’église de Charmoy, également dédiée à saint Martin, partageait cette vénération avec une fontaine locale.
L’écorchage du prieuré par des bandits en 1442 témoigne des défis auxquels il fut confronté. En 1483, Anthoine de Chalon devint prieur et introduisit le régime commendataire, une période où la résidence des religieux n’était plus obligatoire. Le terrier renouvelé en 1483 indique déjà une séparation claire entre le prieur et les religieux dans la gestion des revenus. L’introduction du régime commendataire reflète la diminution du nombre de religieux et l’évolution des structures monastiques de l’époque.
Cette transition s’est opérée dans un contexte de changements économiques, avec des répartitions d’impôts temporaires. Le prieur Anthoine de Chalon, en plus de sa charge ecclésiastique, jouissait d’une position influente dans la société de Charmoy, illustrée par la gestion du four banal.
Ainsi, le XVème siècle a été une période de transition et d’adaptation pour l’église Saint-Martin de Charmoy, avec des défis sécuritaires, des changements dans la gouvernance et des ajustements face aux réalités économiques de l’époque.
L’église de Charmoy abritait alors deux chapelles en activité : l’une dédiée aux Alixans, fondée en 1609, et l’autre à Espoisse, liée aux seigneurs du lieu. Deux autres chapelles étaient également présentes, une au château du Bost et l’autre au château de Batant, cette dernière créée en 1655. Cependant, deux autres chapelles, la chapelle de la Pierre et la chapelle Boivin, étaient en ruines, les revenus des fondations anciennes étant inexploités et revendiqués par les seigneurs locaux.
Un mémoire rédigé en 1670 par le curé Jean Gauché souligne que certains paroissiens refusaient de s’acquitter de leurs devoirs pascaux. Cette même année, le prieur de Mesvres, messire Louis Roger Dansse, fut contraint de financer les réparations du clocher en décrépitude de Charmoy, pour une somme de 800 livres et 30 boisseaux de seigle.
Sources : Mémoires – 1875 – la bibliothèque de l’État de Bavière (Gall.sp. 221 p-4)
Mémoires de la Société Éduenne – Société éduenne des lettres, sciences et arts (Autun, France) · 1875
Classée monument historique depuis 1971, l’église Saint-Martin a bénéficié d’une restauration en 1976 grâce à la Sauvegarde. Aujourd’hui, elle continue de fasciner les visiteurs avec son riche patrimoine et son architecture impressionnante. Venez découvrir ce joyau historique au cœur de la Bourgogne-Franche-Comté !
Quelques photos :
















Pour s’y rendre :
Depuis Le Creusot, prendre la D1 direction Montcenis, puis D980 en direction de Blanzy, peu après le hameau « les Beaujours » au prochain croisement, prendre à droite en direction du hameau « Montfaucon », continuer sur cette petite route jusqu’à atteindre un grand croisement. Prendre à gauche et atteindre Charmoy.
A proximité :
- Musée de la mine à Blanzy
- La tour de Bost à Charmoy
- La pierre croule à Dettey
Sur la carte :




le clocher ressemble à une tour de guet
Merci à vous de parler de mon village
Votre article est très intéressant et donne envie de visiter cette église pour y découvrir les oeuvres présentent à l’intérieur.