Le château de Belcastel – Belcastel (12)

L’histoire du Château de Belcastel est intimement liée à celle de la région. Les premières traces d’occupation humaine nous mènes au Roc d’Anglars. Des fouilles archéologiques ont révélé des traces d’occupation datant du XIe au XIIIe siècle, mais son histoire exacte demeure inconnue. Certains y voient un poste de péage carolingien, tandis que d’autres murmurent des légendes de Sarrazins et de trésors cachés. En parlant de légendes et de mystères, plus tard, dans l’article, nous évoquerons les créatures, les fantômes et la dame blanche, mais commençons tout d’abord par le commencement…

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Sainte Marie-Madeleine, protectrice de Belcastel

Le château de Belcastel : De la forteresse médiévale au joyau architectural

Le nom d’Umbert de Belcastel apparaît pour la première fois entre 1031 et 1062. La famille de Belcastel, parmi les principaux seigneurs du Rouergue et de l’évêché de Rodez, est mentionnée dans plusieurs actes entre le XIe et le XIIIe siècle. Au XIIIe siècle, les Belcastel font une série de donations à l’abbaye de Bonnecombe. En 1262, certaines possessions de Ramond de Belcastel sont vendues au comte de Rodez. La complexité des relations juridiques entre les seigneurs est soulignée, avec une co-seigneurie centrée sur les droits seigneuriaux et les châteaux à la fin du XIIIe siècle. Imbert de Belcastel, chanoine d’Albi, fait un testament en 1349, créant deux chapellenies pour le château. À la fin du XIVe siècle, les Belcastel semblent ne plus avoir de droits majeurs sur les terres de Belcastel, mais la lignée continue en gardant le nom de “seigneur de Belcastel”. Le château est alors ouvert aux armées anglaises et à leurs bandes de routiers incontrôlables.

  • Guillaume II de Saunhac devient le premier de sa famille à porter le titre de seigneur de Belcastel.
  • Guillaume II est l’écuyer du comte d’Armagnac, Jean II, à qui il rend de grands services.
  • En 1360, le traité de Brétigny est signé entre les Français et les Anglais, et le Rouergue passe sous la domination anglaise.
  • La guerre de Cent Ans est en cours, avec ses atrocités et ses bandes de mercenaires appelées compagnies de routiers. Ces compagnies agissent pour un camp mais se libèrent souvent de leurs liens et pillent les châteaux forts peu défendus.
  • En 1365, le pape Urbain V excommunie les compagnies de routiers tout en leur proposant une croisade en Espagne, menée par Du Guesclin, lui-même ancien chef de mercenaires.
  • Les comtes de Toulouse et de Rodez se révoltent contre le roi de France au début de 1369 dans tout le Rouergue. Jean II d’Armagnac prend La Roque-Valsergue, puis Albi, puis Rodez le 19 février.
  • Villefranche-de-Rouergue suit rapidement.
  • Les Anglais quittent le Rouergue au début de 1370.
  • En août 1373, Jean II d’Armagnac rachète Figeac à la bande de routiers qui l’occupait.
  • En 1376, les consuls de Rodez acceptent la demande du viguier de Toulouse de mettre le siège devant Belcastel pour chasser une compagnie de routiers toujours présente. Entre 1376 et 1377, ces derniers évacuent les places fortes de BalaguierPrévinquières et Belcastel.

Dans l’ouvrage “Sites et monuments du département de l’Aveyron de 1838”, un texte d’Emile Caron raconte une histoire effrayante sur le château de Belcastel. Selon une vieille femme que Caron rencontre, le château était une place forte pour les bandits qui rançonnaient les environs. La terreur était telle que personne n’osait s’aventurer loin de chez soi sans une bonne raison.

L’histoire se concentre sur un homme nommé Pierre Viallat, qui vivait à Rignac avec sa mère veuve. Pierre avait dû se rendre à Rodez pour une affaire qui aurait pu améliorer leur situation. Sur le chemin du retour, il est attaqué par des hommes d’armes. Ils l’attachent à la queue d’un cheval et le traînent jusqu’au château de Belcastel.

Pierre est jeté dans un cachot, puis amené dans une grande salle éclairée par des flambeaux de résine. Accusé d’être un espion pour Jean d’Armagnac, il est torturé par des exécuteurs. L’histoire se termine sur une note sombre, avec Pierre toujours en captivité.

La Révolution française passe sans s’attarder sur le château, le laissant à son triste sort. Au XIXe siècle, Rose Acquier, une villageoise, voit en ses pierres une opportunité et l’achète pour la modique somme de 750 livres (environ 1 650 euros aujourd’hui) à Marie-Agathe Dorothée de Comminges, veuve et héritière de Jean Buisson de Bournazel. Son objectif : transformer le château en carrière.

Des clients peu scrupuleux extraient les pierres les plus belles, laissant derrière eux des blessures béantes dans la structure. Au début du XXe siècle, la façade ouest s’effondre dans un fracas retentissant, sonnant le glas du château. Le démantèlement continue jusqu’en 1928, année où le Ministère français de la Culture prend enfin conscience de sa valeur et l’inscrit au patrimoine des monuments historiques.

Pendant les 46 années qui suivent, la végétation reprend ses droits, envahissant les ruines et transformant le château en un terrain de jeux pour les enfants du village. Un lieu oublié, hanté par les souvenirs d’un passé glorieux.

Au XXe siècle, Belcastel tombe en ruine. Mais grâce à la passion et à la ténacité de deux hommes, Fernand Pouillon et Claude Cayla, le village renaît de ses cendres. Le château est restauré avec talent, les maisons du village rénovées et le patrimoine mis en valeur.

Fernand Pouillon, né en 1912, fut un architecte prolifique de l’après-guerre. Sa rapidité et son talent lui permirent de construire des cités entières, comme La Tourette à Marseille, avec une esthétique sobre et élégante.

Son histoire avec le Château de Belcastel débute en 1972, lorsqu’il découvre ce joyau médiéval en ruine. Tombé amoureux de l’endroit, il entreprend sa restauration, s’y consacrant pendant plus de huit années.

Ce chantier titanesque lui permit de mettre en pratique son savoir-faire et sa passion pour la pierre. Il redonna vie à ce château féodal, lui insufflant une nouvelle âme tout en respectant son histoire.

Belcastel devint sa dernière demeure, un havre de paix où il s’éteignit en 1986.

Les mystères et les légendes autour du château de Belcastel sont légions. Nous allons ici évoquer les plus célèbres :

Alzias de Saunhacs II, Baron de Belcastel, né en 1420, épouse Cécile de Vernhes en 1452, alors âgée de 17 ans. Des documents historiques attestent leur décès soudain à l’âge de 53 ans.

Mystère :

Selon la tradition familiale, Alzias, de retour d’un long voyage, découvre sa femme en compagnie d’un autre homme dans le boudoir royal. Fou de rage, il la précipite par la fenêtre, la tuant sur le coup. Se retournant vers l’amant, il est blessé mortellement lors d’un duel et succombe quelques jours plus tard, le 2 novembre 1488.

Hantise :

De nombreux hommes, dont Fernand Pouillon, affirment avoir entendu une femme les appeler par leur nom dans le château. Solitaire et plus mystérieuse qu’effrayante, elle se tient au coin d’une rue, chuchotant des paroles inaudibles, et n’est perçue que par les hommes. Intrigué, Pouillon découvre à la bibliothèque municipale de Rodez un livre confirmant qu’une femme de la famille Saunhac a été jadis jetée par la fenêtre pour infidélité.

La Dame Blanche du Château de Belcastel serait-elle le fantôme de Cécile de Vernhes, errant à jamais pour expier son adultère ? Ou bien s’agit-il d’une simple légende née du tragique destin de cette jeune femme ? La question reste ouverte, alimentant le mystère et l’ fascination qui entourent ce château ancestral.


Issu de la lignée des seigneurs de Belcastel, Rainon, seigneur du château d’Aubin, se distingue par son tempérament impétueux et capricieux. Au Xe siècle, son comportement lui vaut l’excommunication de l’Église.

Raymond de Trencavel, vicomte de Carcassonne et de Béziers, lassé de ses frasques, charge un chevalier de le tuer. Mais la justice divine semble intervenir : Rainon est foudroyé et meurt sur le coup, tombant de son cheval.

Un des plus importants trésors médiévaux du monde, le Livre des Miracles de Sainte-Foy, raconte cet événement extraordinaire. La sainte patronne de Conques semble avoir protégé son sanctuaire en frappant le seigneur rebelle.

Le tympan de la cathédrale de Conques, sculpté avec magnificence, immortalise ce miracle. Un chevalier, figurant Rainon, gît à terre, terrassé par la colère divine, à l’entrée de l’enfer.

Le destin tragique de Rainon sert d’exemple et rappelle la puissance de la foi et la punition divine face à l’orgueil et la désobéissance.


La chapelle du Château Belcastel, datant du IXe siècle, abrite une fresque remarquable de Marie-Madeleine, peinte probablement au XIIe siècle.

Selon la légende, après la mort de Jésus et la dispersion des disciples, un bateau sans voiles ni rames accosta miraculeusement sur les côtes de Provence. Trois femmes nommées Marie, dont la Vierge Marie et Marie-Madeleine, débarquèrent avec Lazare aux Saintes-Maries-de-la-Mer, nommées ainsi en souvenir de leur arrivée.

En 1279, des fouilles dans la crypte de l’église de Saint-Maximin mirent au jour des tombes du Ier siècle et un sarcophage en marbre. Charles II, comte de Provence et chef des fouilles, affirma avoir été guidé par un rêve dans lequel Marie-Madeleine lui apparut. Lors de l’ouverture du sarcophage, les personnes présentes sentirent une «odeur très douce» qu’elles interprétèrent comme la présence d’anges. Charles II fit construire une grande basilique, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, à la place de l’ancienne église. Les reliques supposées de Sainte Marie-Madeleine y sont toujours exposées. Le crâne, grâce au pape Boniface VIII, possède désormais une mandibule en or.

L’exposition lors de notre visite est le bestiaire médiéval de France, il serait impardonnable de ne pas en parler sur Lunetoile. Voici donc quelques spécimens de ce que l’on trouve dans nos contrées :

1. Le Basilic:

  • Description: Un reptile légendaire dont le regard est capable de tuer. Il est souvent représenté avec un corps de serpent et une tête de coq.
  • Origine: Le Basilic est une créature originaire de la mythologie grecque et romaine. On le retrouve également dans le folklore médiéval européen.
  • Légende: On raconte que le Basilic naît d’un œuf de coq couvé par un crapaud. Son regard est si puissant qu’il peut tuer instantanément quiconque le croise. Le Basilic peut être vaincu en lui faisant se regarder dans un miroir, ce qui le pétrifie de sa propre image.

2. Le Griffon:

  • Description: Une créature ailée avec le corps d’un lion et la tête d’un aigle. Il est souvent considéré comme un symbole de force et de courage.
  • Origine: Le Griffon est une créature originaire de la mythologie grecque et perse. On le retrouve également dans le folklore médiéval européen.
  • Légende: Le Griffon est un gardien vigilant des trésors et des lieux sacrés. Il est également connu pour sa férocité au combat.

3. La Stryge:

  • Description: Un oiseau de nuit mi-femme mi-oiseau, souvent considéré comme un être malveillant qui s’attaque aux enfants.
  • Origine: La Stryge est une créature originaire de la mythologie grecque et romaine. On la retrouve également dans le folklore médiéval européen.
  • Légende: On raconte que la Stryge est une femme qui a été transformée en oiseau en punition de ses péchés. Elle se nourrit du sang des enfants et peut également causer des maladies et des malédictions.

4. Le Cerbère:

  • Description: Un chien à trois têtes qui garde les portes de l’Enfer dans la mythologie grecque.
  • Origine: Le Cerbère est une créature originaire de la mythologie grecque. Il est également présent dans le folklore de nombreuses autres cultures.
  • Légende: Le Cerbère est un gardien féroce qui ne laisse personne entrer ou sortir de l’Enfer. Il peut être vaincu par Hercule, qui l’a capturé lors de l’un de ses douze travaux.

5. La Licorne:

  • Description: Un cheval blanc avec une corne unique sur le front. Elle est souvent considérée comme un symbole de pureté et d’innocence.
  • Origine: La Licorne est une créature originaire de la mythologie grecque et romaine. On la retrouve également dans le folklore médiéval européen.
  • Légende: On raconte que la Licorne est un animal paisible et craintif qui ne peut être approché que par une personne pure de cœur. Sa corne est dotée de pouvoirs magiques qui peuvent guérir les maladies et purifier l’eau.

6. Le Phénix:

  • Description: Un oiseau de feu qui renaît de ses cendres après s’être immolé. Il est souvent considéré comme un symbole de l’immortalité et de la renaissance.
  • Origine: Le Phénix est une créature originaire de la mythologie grecque et égyptienne. On le retrouve également dans le folklore de nombreuses autres cultures.
  • Légende: On raconte que le Phénix vit environ 500 ans avant de se consumer dans un bûcher de flammes. De ses cendres naît un nouvel oiseau, qui prend la place de son ancêtre.

Belcastel aujourd’hui

Aujourd’hui, Belcastel est un village classé parmi les plus beaux de France. Son château majestueux, ses ruelles pittoresques et son cadre naturel exceptionnel en font un lieu incontournable pour les amoureux d’histoire et d’architecture.

Belcastel : Informations pratiques

Mairie

  • Adresse : Place du Château, 12390 Belcastel
  • Téléphone : +33 5 65 64 71 44
  • Horaires d’ouverture :
    • Lundi, mercredi et vendredi : 9h-12h
    • Mardi et jeudi : 14h-17h

Château de Belcastel

  • Adresse : Le Château, 12390 Belcastel
  • Téléphone : +33 5 65 64 76 78
  • Site web : https://www.chateaubelcastel.com/home
  • Horaires d’ouverture :
    • Avril à octobre : 10h-12h et 14h-18h
    • Novembre à mars : fermé

Office de Tourisme du Pays Rignacois

Hébergement

  • Le village de Belcastel propose plusieurs options d’hébergement, des gîtes ruraux aux chambres d’hôtes.
  • Vous pouvez également trouver des hôtels dans les villages environnants, comme Rignac ou Najac.

Restaurants

  • Le village de Belcastel compte quelques restaurants, dont un restaurant gastronomique au sein du château.
  • Vous trouverez également des restaurants dans les villages environnants.

Conseils

  • Le village de Belcastel est très fréquenté en été. Si vous souhaitez le visiter en toute tranquillité, privilégiez le printemps ou l’automne.
  • N’oubliez pas de vous munir d’une bonne paire de chaussures pour marcher dans les rues pavées du village.
  • Si vous visitez le château, pensez à réserver votre visite à l’avance.

Bonne visite !

Depuis Rodez, prendre la départementale 994 sur 24 kilomètres, puis le plus pratique est de tourner à gauche en direction de Riguetorte, descendre via la D997 jusqu’à Le Pont Neuf, tourner à gauche en direction de Belcastel en longeant la rivière Aveyron. Le château se situe sur les hauteurs de Belcastel.

Statistiques :

  • 1 646 567
  • 689 164
  • 736
  • 614
  • 14 juin 2024

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2 Comments

  1. Ludivine
    16 mars 2024
    Reply

    J’habite près de Belcastel et je ne connaissais pas la légende de la dame blanche.

  2. Louison
    20 mai 2024
    Reply

    Un château somptueux ! J’ai adoré l’architecture et l’histoire du lieu. A voir absolument si vous passez dans l’Aveyron !

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