La Fontaine de la Bonne Dame – Lanty (58)

L’autre structure historique notable est le Fort de Lanty, maison seigneuriale mentionnée dès le XIIᵉ siècle, dont il ne reste aujourd’hui que la motte boisée entourée de fossés, visible à environ 800 mètres au sud de l’église. Elle témoigne de la présence de la seigneurie locale et du contrôle des terres agricoles et forestières environnantes. Parmi ses propriétaires, on note Françoise de Rabutin, fille de l’écrivain Roger de Bussy-Rabutin, ce qui atteste de l’importance sociale du domaine.

La Fontaine de la Bonne Dame est implantée en contrebas de l’église, au sud de celle-ci, via un chemin descendant en escaliers. Le terrain est en pente douce, le bourg de Lanty étant à flanc de colline avec exposition vers le sud. L’accès se fait sans difficulté majeure, mais l’emplacement « au pied du chemin » et en contrebas indique une intention de mise en retrait.

Les légendes entourant la fontaine confèrent une aura de mystère. Selon l’une d’elles, la source originelle coulait au chevet de l’église, mais s’arrêta subitement. Un grondement souterrain fut entendu, les fidèles prièrent, suivirent le bruit et trouvèrent la source renaissante près d’un lavoir. Depuis ce déplacement, la fontaine nouvellement située prit le nom de Fontaine de la Bonne Dame. Un autre récit place la cause de la disparition temporaire de la source dans des actes profanes : un boucher y aurait lavé ses instruments, polluant l’eau ou provoquant symboliquement la rupture de la pureté de la source. Ces légendes indiquent non seulement la fragilité de la tradition orale, mais aussi les tensions entre nature, sacré et usage profane.

Aujourd’hui, la fontaine existe toujours : l’édicule, la niche, la statue, la grille, le bassin, l’escalier d’accès. Cependant, son état montre des signes de dégradation : végétation envahissante, entretien irrégulier, traces d’usure sur la maçonnerie, peinture intérieure écaillée ou sombre. Le site n’est pas fortement mis en valeur, les abords ne sont pas aménagés pour un tourisme patrimonial structuré, mais la fontaine continue de faire partie du paysage local et de la mémoire collective. Son état “moyen” laisse présager un risque si les actions de restauration, de protection ou de valorisation ne sont pas entreprises.

La Fontaine de la Bonne Dame illustre un phénomène fréquent en France : la superposition des fonctions religieuses, populaires, et utilitaires autour d’une source d’eau vivante. L’eau, source de vie, de purification, maternelle dans le cas des rites de lactation, devient vecteur de croyance. De plus, le fait que la source se soit déplacée – selon la légende – montre le caractère mobile ou changeant des pratiques cultuelles en fonction des conditions locales (géologie, usage, appropriation).

Architecturalement, l’édifice n’est pas monumental, mais il est typique du petit patrimoine rural : matériaux locaux, intégration au paysage (butte, pente), simplicité de forme mais finesse du détail (nid de statue, décor peint). Cela en fait un témoin précieux de la culture religieuse locale et des croyances populaires, souvent mal documentées.

Bonne visite !

Se rendre à 8 rue de l’église à Lanty, puis, descendre les escaliers jusqu’à la fontaine.

  • L’Église de la Nativité de la Vierge de Lanty
  • Oppidum à Fours (propriété privé)
  • La grande halle des maîtres verriers à Fours

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