Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie – Besançon (25)

Installé dans un bâtiment du XVIIIe siècle, ancien grenier à grains, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon offre un voyage fascinant à travers les époques. Ses collections, fruit de donations et d’acquisitions, couvrent un large spectre, de l’Antiquité à l’art contemporain, en passant par l’archéologie et les arts graphiques.

Créé en 1694, le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon est le plus ancien musée de France. Il a été fondé grâce au legs de l’abbé Boisot à son couvent bénédictin de la ville (Saint-Vincent), à condition que les collections soient accessibles au public deux fois par semaine.

Les collections du musée sont riches et variées, allant des objets préhistoriques aux œuvres contemporaines en passant par des sculptures, des peintures, des gravures, des céramiques ou encore des tapisseries. Les collections du musée sont essentiellement le fruit de quatre grandes donations

Le musée abrite des œuvres d’art majeures, telles que la “Déploration sur le Christ mort” du Titien, un chef-d’œuvre de la peinture italienne, ou encore le “Taureau d’Avrigney”, une statue en bronze gallo-romaine. La collection égyptienne, l’une des plus importantes de France hors du Louvre, mérite également le détour.

Le Taureau d’Avrigney est une statue en bronze datant du Ier siècle de notre ère. Elle a été découverte en 1756 à Avrigney-Virey, en Haute-Saône, dans l’ancienne Franche-Comté. La statue représente un taureau à trois cornes, symbole puissant de la culture celtique. Le taureau était un animal sacré pour les Celtes. Il représentait la force, la fertilité et la puissance. Le Taureau d’Avrigney est probablement une représentation du dieu gaulois Tarvos Trigaranus, dont le nom signifie “taureau à trois cornes”. Ce dieu était associé à la prospérité et à la protection.

A gauche, une statue de Saint Ferjeux, saint patron de Besançon, attire le regard. Ce prêtre évangélisateur et martyr chrétien du IIIe siècle est représenté debout, vêtu d’une dalmatique, tenant sa tête dans ses mains. Figure historique et religieuse majeure, Saint Ferjeux est le fondateur de l’église de Besançon et le premier évangélisateur de la région de Franche-Comté, aux côtés de son frère, le diacre Saint Ferréol. Œuvre d’art historique, cette statue provient du jubé de la cathédrale Saint-Jean de Besançon, construit entre 1550 et 1554 et détruit en 1792. Elle occupait l’une des six niches de cet élément architectural majeur, autrefois présent dans la cathédrale.

Au centre, Saint Ferréol, figure vénérée dans la ville de Besançon et la région de Franche-Comté, était un prêtre et diacre du IIIe siècle. Son nom est indissociable de son frère, Saint Ferjeux, avec qui il partagea le destin de martyr chrétien et l’œuvre d’évangélisation. Selon la tradition, Ferréol et Ferjeux, originaires de Grèce, vinrent à Besançon vers 180 après J.C. pour y prêcher la parole du Christ. Durant une trentaine d’années, ils œuvrèrent à la conversion des habitants, bravant les dangers et les persécutions. Leur foi inébranlable et leur courage face aux épreuves les amenèrent à être décapités en 212 sur ordre du gouverneur romain Claude. Leur martyre les transforma en figures héroïques et inspira la ferveur des premiers chrétiens de la région.

A droite, Saint Etienne, premier martyr chrétien, était un homme pieux et rempli de l’Esprit Saint. Il fut choisi parmi les sept premiers diacres de l’Église primitive à Jérusalem. Son zèle et sa sagesse le distinguaient, attirant l’admiration de la communauté chrétienne. Étienne ne se limitait pas à son rôle de diacre. Il prêchait la parole de Dieu avec ferveur, s’adressant aux Juifs et aux Grecs, et suscitant de nombreuses conversions. Son message, vibrant et audacieux, dérangeait les autorités religieuses juives qui le virent comme une menace à leur pouvoir. Accusé de blasphème et de subversion, Étienne fut traduit devant le Sanhédrin, la haute cour juive. Son procès fut une parodie de justice, marqué par de faux témoignages et une haine aveugle. Malgré sa brillante défense, il fut condamné à la lapidation. Face à ses bourreaux, Étienne fit preuve d’une extraordinaire force d’âme. Il pardonna à ses ennemis et pria pour leur conversion. Son dernier regard, rempli d’amour et de compassion, a marqué les esprits et inspiré les générations futures. La mort d’Étienne n’a pas eu l’effet escompté par ses ennemis. Au contraire, elle a semé la discorde au sein du judaïsme et a contribué à la propagation du christianisme. Son courage et sa foi inébranlable ont fait de lui un modèle pour les premiers chrétiens. Ces sculptures des Trois Saints en albâtre sont de Claude Arnoux dit Lulier (1549-1554).

Ci-dessus : Le tableau “Les Enfers” a été ramené de Naples en 1814 par la Grande Armée. Cachés derrière le pseudonyme Monsù Desiderio se trouvent deux artistes français originaires de Metz : Didier Barra, spécialiste des paysages, et François de Nomé, maître de l’architecture fantastique. Ce dernier s’est formé à Rome auprès de Tempesta et de Jacques Callot, deux figures majeures du maniérisme. Le thème des enfers est particulièrement répandu à la Renaissance, notamment chez les peintres nordiques. À la fin du XVIe siècle, Brueghel peint un “Inferno” pour le cardinal Borromée, contribuant ainsi à la diffusion de ce sujet en Italie. L’œuvre de Monsù Desiderio s’inspire de l’imaginaire antique. Au premier plan, à gauche, Pluton et Proserpine observent l’agitation de leur royaume. On retrouve également les figures incontournables des enfers : l’Achéron, le passeur Charon et sa barque, le chien Cerbère, ainsi que les âmes errantes des morts privés de sépulture, ballottées par les vents du monde souterrain. L’œuvre se distingue par sa richesse de détails et son dynamisme. La composition est complexe et grouillante de personnages, créant une atmosphère infernale à la fois fascinante et effrayante. La palette de couleurs, dominée par les rouges et les noirs, accentue l’impression de chaos et de damnation. “Les Enfers” est un témoignage fascinant de la fascination qu’exerçait le thème de l’au-delà sur les artistes de la Renaissance. L’œuvre de Monsù Desiderio, avec sa précision hallucinante et son sens du grotesque, offre une vision saisissante des enfers telle que la concevait l’imaginaire antique.


Un lieu de vie et d’échanges

Le musée ne se résume pas à une simple collection d’objets. Il s’agit d’un lieu de vie et d’échanges qui propose tout au long de l’année des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques, des conférences et des visites guidées.

Ci-dessus : Les momies Séramon et Ankhpakhered sont deux momies égyptiennes exposées au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon. Elles ont été découvertes à Thèbes et datent de deux époques distinctes :

  • Séramon était un scribe royal de haut rang qui vivait à la fin de la XXIe dynastie (1080-950 av. J.-C.).
  • Ankhpakhered était un dessinateur talentueux au service du dieu Amon, actif pendant la XXVIe dynastie (665-525 av. J.-C.).

En 2007, les momies ont été scannées par Samuel Mérigaud, un étudiant en médecine, pour sa thèse de doctorat. Cette technologie non invasive a permis de découvrir des détails fascinants sur leurs corps et leurs parures funéraires, sans les endommager.

Séramon était âgé d’environ 60 ans au moment de sa mort. Il a été momifié avec une grande expertise, selon les techniques de l’époque, et porte de nombreuses amulettes protectrices et des bijoux en or. Ankhpakhered était âgé d’environ 35 ans au moment de sa mort. Sa momification est moins élaborée que celle de Séramon et il a été enterré avec des outils de dessin et des amulettes symbolisant sa profession.

Ces deux momies offrent un aperçu unique de la vie et de la mort dans l’Égypte antique à deux époques distinctes. Elles constituent un précieux outil de recherche pour les archéologues et les égyptologues, et contribuent à notre compréhension des pratiques funéraires et des croyances religieuses de l’époque.


Un musée rénové et accessible

Les visiteurs pourront apprécier le musée dans une ambiance conviviale et chaleureuse, tout en découvrant les trésors qui s’y cachent. Après quatre ans de fermeture pour un lifting complet, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon a réouvert ses portes en 2019 sur la plus ancienne collection publique de France. Une visite au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon est une expérience enrichissante et inoubliable.

Adresse : 

1 Pl. de la Révolution, 25000 Besançon

Statistiques :

  • 1 644 927
  • 688 282
  • 736
  • 614
  • 14 juin 2024

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2 Comments

  1. Eddy
    9 mars 2024
    Reply

    J’aime beaucoup venir dans ce musée où les collections sont vraiment sublimes. Merci pour votre article qui m’a permis de mieux connaître certaines oeuvres exposées.

  2. Raphaël
    11 mars 2024
    Reply

    La partie égyptienne est vraiment surprenante

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