Dolmen du Bois – Hamel (59)

Direction Hamel dans le Nord de la France. La commune se situe à une dizaine de kilomètres à l’Est d’Arras. Nous sommes ici au cœur de la pittoresque vallée de la Sensée. Une fois garé au niveau de l’étang de Lécluse, on traverse la route et on grimpe sur les hauteurs. C’est au sommet que l’on découvre le dolmen du Bois d’Hamel, surnommé également le dolmen d’Hamel, la Cuisine des Sorciers, Trône de la Vierge qui File, ou la Pierre Chavatte (Pierre aux Savattes ou Pierre aux Chouettes)..

D’un point de vue technique et historique, il s’agit là d’une allée couverte. A son origine, vraisemblablement du néolithique final, environ 2800 -2000 av. J.C. , elle était constitué de six énormes pierres qui formaient une allée couverte de 5 mètres de long et 1,30 mètre de large. Les dalles sont en grès dur et fin, de couleur rose. L’ensemble était initialement recouvert de terre et de pierres. Sur le monument, enfin plutôt, sur la dalle de couverture, on remarque plusieurs cavités cylindrique ainsi que des rigoles. Léon Desailly membre puis président de la société préhistorique Française visite le site en 1923 et pense que la disposition des “cupules” correspondrait à une représentation de la constellation de la Grande Ourse.

Aujourd’hui, on observe deux orthostates et une dalle de couverture seulement. Les dimensions ont changés, Le dolmen mesure 3,40 mètres de longueur sur 2,45 mètres de largeur. Ceci s’explique par les différentes dégradations qui ont impacté le site au fil des siècles. A tel point qu’il est restauré en 1936.

Le dolmen était encore intacte et debout en 1805 lors du passage de M.Bottin, secrétaire de la Société des sciences de Lille. Il en fait une description détaillée :

« Six pierres colossales composent le dolmen d’Hamel. Quatre sont posées de champs, laissant entre elles un espace vide long de cinq mètres, et dont la largeur varie depuis un mètre à 1,30 m. Une autre pierre plate, d’un volume plus que du double et d’une forme pentagone, couvre une partie de cet espace et en fait une espèce de grotte profonde de 3 m sur 2 d’ouverture, à laquelle ce qui reste à découvert fournit une sorte de vestibule.

Ainsi, cette pierre énorme, qui pèse au moins 7000 kg , ne repose que sur 3 des pierres de champs ; et comme s’il y avait eu quelques intentions mystérieuses dans l’assemblage, elle n’y repose que sur les deux tiers de son étendue, et n’a de contact avec celle-ci que par trois arêtes, l’une de 13, la seconde de 108 et la troisième de 122 millimètres. Tout le reste porte à faux. Cette circonstance donne lieu à soupçonner que cette table à, dans le principe, été une de ces pierres branlantes dont les oracles passent pour avoir été si terribles…. Les 6 pierres sont de grès dur, tel qu’on les extrait dans le pays. »

Annales [du congrès] 1896- Volume 10 – Page 541 – M.Bottin

En 1830, deux ouvriers renversent deux dalles. Six années plus tard, le site est pillé par des chasseurs de trésors.

Parlons maintenant de la tradition populaire. On surnomme le dolmen “la Pierre Chavatte” en patois grossier ce qui donne la Pierre Savate (ou la pierre aux Chouettes), en raison des gravures formant une savate de l’arrière pied, munie d’un talon. On nomme aussi le site comme la Cuisine des Sorciers. Tout s’explique par les cavités cylindriques où l’on prétendait voir des sorciers composer leurs filtres dans de petits pots qu’ils plaçaient précieusement dans les creux, ou qu’ils se servaient justement des creux comme récipient. Cette légende est inspiré par le passage des Caramaras dans le secteur, ce sont des Bohémiens qui au 16 et 17ème siècle étaient très redoutés. Ce qui est un fait avéré, c’est que ces groupes de Bohémiens (parfois composés de personnes malveillantes) se sont bien déplacés à Hamel, et qu’ils utilisaient ce type de monument comme refuge.

Une légende raconte que les sorcières effectuaient des sabbats autour de la pierre. Elles se mettaient debout sur la pierre et se mettaient à danser, ce qui explique les creux que leurs talons ont laissé pour empreintes. Une autre version, bienfaisante, imagine une fée, ou la Vierge Marie, assise au sommet du dolmen, et qui file la laine, les pieds de la chaise laissant les quelques marques. Une autre version parle du passage du gigantesque Gargantua.

Le dolmen est classé au titre des Monuments Historiques le 18 avril 1914.

Bonne découverte !

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis le centre d’Hamel, prendre la D43 en direction de Tortequesne. Au niveau de l’étang de l’écluse, on trouve un parking à gauche de la route. Une fois garé, il faut traverser la route face à une plateforme en bois et s’engager dans l’escalier puis sur le sentier. Il mène directement au dolmen.

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