Château du Hugstein – Buhl / Guebwiller (68)

Les communes de Buhl existent dans deux départements Alsaciens, l’une se situe dans le Bas-Rhin et celle qui nous concerne, dans le Haut-Rhin. Buhl et Guebwiller sont séparés par une petite zone industrielle. C’est dans ce secteur que l’on peut emprunter la Rue de l’Ermite, montante jusqu’à la clinique Solisana de Guebwiller. Cinquante mètres plus loin, on tourne à droite, sur le redoutablement pentu chemin du Château.

Le château du Hugstein date autour de l’an 1227. Hugstein signifie le rocher de Hugues. Faisant référence à Hugues de Rothenbourg, le prince abbé qui fera édifier le château.

Hugues de Rothenbourg, appelé Hugo, est tout d’abord un simple abbé à Murbach. De retour de croisades, il est promu par Frédéric II de Hohenstaufen comme prince du Saint-Empire romain germanique. Hugo fait alors construire plusieurs châteaux dans ce secteur, dont celui de Buhl / Guebwiller. Son rôle est de défendre d’une part Guebwiller, mais aussi l’entrée de la vallée du Florival, là où se situe l’abbaye de Murbach. L’édifice sera totalement terminé le 26 février 1313 avec la consécration de sa chapelle castrale par le prince abbé Konrad von Stauffenberg.

Le prince abbé Stoer de Stoerenburg prend le relai, il séjourne dans le château durant dix années (1377-1387), et reconstruit une partie du château détruite lors du passage d’une compagnie Anglaise.

Légende :

Une centaine d’année passe, et c’est le prince-abbé Barthélémy d’Andlau qui devient maître des lieux (vers 1457). Lui aussi restaure l’édifice, et améliore sa défense,. Pour exemple, il fait bâtir une tour-porte ornée d’une frise, dotée d’un pont-levis.  Il enrichi également la bibliothèque de l’abbaye voisine. On y trouve d’ailleurs un ouvrage contant les exploits d’un certain Vlad III l’Empaleur. Barthélémy d’Andlau, ce mystérieux personnages a qui ont prêtait des pouvoirs maléfiques est sujet d’une légende : Elle raconte qu’un chat noir aurait tué Barthélémy d’Andlau à l’intérieur du château le 1 juillet 1476 (soit la même année de la mort de Vlad III). alors qu’il discutait avec un domestique. On doit faire transporter le cercueil du château jusqu’à l’abbaye, mais tout est compliqué par la lourdeur de ce cadavre dans cette dernière demeure. Il faut donc faire atteler quatre chevaux. Arrivé à l’abbaye de Murbach, on constate que le cercueil est totalement vide. La rumeur se repend très vite comme quoi Barthélémy est devenu un mort-vivant.

Le chat noir était-il le diable en personne ? Il n’est pas question d’une première visite concernant le malin. Auparavant, deux seigneurs du château du Hugstein aurait prétendu voir le malin sous l’apparence d’un marchand. Lors d’un repas, l’homme étrange aurait transformé le vin en eau et aurait fait pousser des poils de barbe sur le menton des servantes.

À un quart de lieue de Guebwiller, sur un coteau peu élevé descendant jusque vers la route, se trouvent les ruines du château de Hugstein.
Ses anciens possesseurs étaient deux frères, chevaliers pillards, menant une vie de débauche. Ils s’étaient donnés au diable corps et âme.

Ils guettaient les marchands et les voyageurs qui se rendaient de France en Allemagne ; ils se saisissaient d’eux, exigeant de grosses sommes de bon argent sonnant, et, si les marchands et voyageurs n’étaient pas assez riches pour les satisfaire, ils les enfermaient dans une fosse et les laissaient mourir de faim. On disait que cette fosse était pleine d’ossements.

Un soir, les deux sires de Hugstein aperçurent au loin une voiture lourdement chargée. Ils se mirent en embuscade, avec leurs gens, derrière une haie et s’emparèrent facilement du pauvre marchand qu’ils enfermèrent dans une des pièces les plus noires de leur château, en attendant que fût fixée sa rançon.

Les richesses que contenait la voiture était si nombreuses que les deux frères passèrent la nuit à les dénombrer.

Au matin, un valet vint leur dire :
« Le voyageur ne veut ni manger le pain sec que je lui porte, ni boire l’eau. Il dit qu’il est assez riche pour mieux manger, et qu’il est prêt à vous donner dix fois plus que ce que vous lui demanderez, à condition qu’il dîne et soupe avec vous. »
Ce qui fut accepté.
Le voyageur entra et, jovialement, il embrassa les deux sires. Il avait un visage tout rose et se mit à chanter de si bon train que tout le monde au château en était réjoui. On dressa la table et l’on but tous les vins que contenait sa voiture, vins de France, d’Espagne et d’Italie. Puis, il fit mille bons tours, changeant en eau le vin des buveurs, prenant les dents de l’un pour les placer dans la bouche d’un autre, faisant pousser de la barbe au menton d’une servante, enfin mille plaisanteries gracieuses qui faisaient plaisir à tous.

La nuit tomba et le festin continuait encore. Il déballa de riches manteaux, des soies merveilleuses, des fleurs qui ne se fanent jamais, des vases précieux, des pierreries qui jetaient des feux aveuglants.
Minuit sonna, à Guebwiller, dans la nuit calme.

Le voyageur sortit alors d’une petite caisse une bouteille qu’il agita en riant plus fort. Dans la fumée des vins, les deux Hugstein crurent voir des cornes lui pousser sur le front et son corps flamboyer. Il déboucha le flacon d’où s’échappa une petite flamme. Dans une détonation formidable qui réveilla tous les échos de la nuit, le château vola en éclats.

Ce voyageur était le diable qui venait prendre sa proie.

Jean VARIOT,
Légendes et traditions orales d’Alsace,
Crès, 1919.

En 1542, une querelle oppose deux cousins, Henri de Jestetten et Rodolphe Stoer de Stoerenbourg sur le droit de succession,  Après un siège menant à de fortes violences, ce dernier obtient gain de cause. Mais le château est fortement dégradé.

En 1598 le château est frappé par la foudre. Au 17ième siècle, le château est utilisé comme prison. On y enferme les hérétiques et les sorcières. L’une d’elle, Margartha Moritz est brûlée dans les fossés. Par la suite, le château est abandonné. On sait qu’en 1798, il est habité par de pauvres gens et que par la suite, il sert de carrière de pierres comme de bien nombreux châteaux..

L’ensemble du château : Un rempart défensif, une porte-tour et un pont levis, une cour, un logis principal de trois étages, un donjon cylindrique de 10 mètres de diamètre, une chapelle castrale et une basse-cour,

La visite des ruines du château est libre et gratuite. Cependant attention au sentier qui contourne les ruines certaines périodes humides ou enneigées. Le château du Hugstein fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques depuis 1898.

L’association « Pro Hugstein » s’occupe depuis 2006 de sécuriser, de consolider, de restaurer et de conserver la ruine du Hugstein. Merci à eux !

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

A Buhl, se rendre Rue de la République, puis tourner à droite sur rue de l’Ermite, monter jusqu’au croisement, c’est ici que l’on trouve un parking, continuer à pied sur le chemin du Liebenberg, passer devant la clinique puis un peu plus haut, tourner à droite rue du château (rue qui monte fortement en ligne droite), au second croisement, prendre à gauche et suivre le sentier qui mène directement aux ruines du château.

A proximité :

Sur la carte :

Statistiques :

  • 1 662 546
  • 697 857
  • 742
  • 630
  • 20 juillet 2024

Articles récents

Commentaires récents

Archives

Mysteres

Méta

Pages

2 Comments

  1. Cassandre
    23 février 2024
    Reply

    Le château du Hugstein, un symbole de la puissance et de la grandeur féodale. Un lieu fascinant qui nous rappelle les épopées chevaleresques.

  2. Chloé
    6 mars 2024
    Reply

    J’ai été époustouflée par la beauté de ce château en ruine ! Perché sur sa colline, il offre une vue imprenable. Ca monte un peu, mais on est vite récompensé par la vue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.