Château (ruines) à Montjoie-le-Château (25)

Les vestiges du château se situent sur la commune de Montjoie-le-Château dans le Doubs en Bourgogne Franche-Comté, aux environs de la frontière Franco-Suisse.

La forteresse aurait été construite en 1230 par Richard Ier de Glère, seigneur de Glère, à l’emplacement exact d’un très ancien camp néolithique (station de hauteur) ; sur un éperon rocheux dominant la vallée et pouvant ainsi contrôler les allés et venus.

Avant de continuer l’historique du château, faisons une petite parenthèse sur la chapelle encore debout aujourd’hui. Elle est placée à mi-hauteur entre le hameau et les ruines du château. Elle date de 1320.

 

Elle abrite un corps momifié, il appartient à Claudine de Montjoie, c’était une ancienne châtelaine du lieu. Pourquoi avoir placé sa « relique » dans l’actuelle chapelle ? On a retrouvé son corps intact 74 ans après sa mort, on parle alors d’un « miracle ».

Ce que l’on sait à propos de Claudine de Montjoie : Née en 1571, elle vivait au château de Montjoie avec son père Jean de Thuillières (elle était la 5ième fille de Jean). On l’a connaissait d’une incroyable générosité, elle distribuait aussi bien l’argent qu’elle avait en sa possession que de la nourriture aux plus nécessiteux. Elle était tout l’inverse de son père, qui lui, était réputé pour être impitoyable, sans cœur et très autoritaire.

De cette différence naît une belle histoire qui dans le temps s’est transformé en légende avec plusieurs variantes :

Claudine ne supportant pas de voir son peuple souffrir de la faim, descendit en cuisine et prit du pain pour le distribuer aux pauvres, malheureusement pour Claudine, son père, toujours aussi cruel et se doutant de l’action de sa fille pleine de bonnes volontés, lui demanda d’ouvrir son tablier qui avait l’air de cacher des aliments. Claudine s’exécute alors devant le père menaçant et ouvre son tablier. C’est ainsi que très surpris, le seigneur remarqua un bouquet de roses. Son visage se transforme littéralement, il prit une rose et s’adressa à sa fille « tu vois cette rose ? je l’a garderais toute ma vie…. » puis d’ajouter « je t’encourage à faire le bien ma fille, distribue toute la nourriture que tu voudra, tu n’aura plus à me craindre… »

Ceci explique pourquoi Claudine de Montjoie est dans toutes ces variantes de légendes assimilé à une rose et à un terrible et triste seigneur.

 

Claudine meurt en 1612 après avoir menée de bonnes actions tout au long de son existence. Son corps est alors retrouvée un peu par hasard lors de la mort d’une certaine Marie-Françoise de la Thuillières, le 01 janvier 1686. La famille de la défunte fait creuser une tombe à l’intérieur de la chapelle, et découvre avec stupeur le corps quasi intact de Claudine de Montjoie. C’est ainsi que le miracle de Sainte-Claudine ou miracle des roses prend naissance. La miraculée est alors vénérée durant plusieurs siècles. Les croyants venaient parfois de loin pour se recueillir auprès du corps préservé dans un reliquaire mais le miracle n’a jamais été reconnu de façon officielle par la religion catholique.

Retour au château :

Ce solide château essuie plusieurs attaques, la première par le comte Jean de Thierstein, seigneur de Pfaffingen, gouverneur d’Ensisheim en 1428.  Seize année plus tard, il subit un nouvel assaut par les troupes impériales, puis a nouveau en 1475 par les confédérés helvétiques.

Le château possédait trois enceintes pour sa défense, entre la première et la seconde se trouvait confiné entre les murailles, la chapelle . Depuis celle-ci, on remarque les vestiges d’un mur à gros bossages datant du 15ième siècle ainsi que d’une tour en encorbellement. Le site comptabilise au total plus de 85 ares. Au sommet, on trouve l’imposant donjon, et ce qui reste de deux cheminées, de latrines donnant sur le bas-côté et d’un lave-mains.

En juin 1635, le château dût subir une attaque lors de la guerre de Dix Ans. Celle-ci fût compliquée pour les troupes défendant la forteresse, ils faisaient face aux troupes Franco-Suédoises sous l’ordre du Cardinal de la Valette qui a assiégé les lieux durant 3 semaines. L’insistance de l’attaque a eu raison du château et du village qui finissent par être incendié.

L’Abbé Richard décrit parfaitement cet épisode du château dans son Essai sur l’histoire de la Maison & Baronnie de Montjoie.

« Le 22 mars 1634, le rhingrave Otto-Louis, général des Suédois, après avoir défait les troupes du marquis de Bade, allié du duc de Lorraine, qui soutenait les Espagnols, arrive bientôt sur les frontières de la Franche-Comté et somme le baron de Montjoie de lui livrer passage, sous peine d’être traité en ennemi. Le baron en réfère aux gouverneurs du comté de Bourgogne, ainsi qu’au marquis de Conflans, et réclame leur secours sans quoi, disait-il, il ne pouvait se défendre et était contraint d’accepter la protection de la France, qui lui était offerte. Le marquis lui répond sur-le-champ qu’il n’a rien à craindre, puisqu’il est placé sous l’égide de l’empereur ; que si le rhingrave attaque les montagnes, il a 10000 hommes de milice et des montagnards armés pour voler à son secours. Cette réponse encourage le baron de Montjoie qui, comprenant que la défense des montagnes lui appartient, envoie au rhingrave la réponse du marquis et lui refuse le passage. Otto-Louis n’ose s’avancer plus loin. Le baron de Montjoie est moins heureux l’année suivante. Le maréchal de La Force, commandant un corps français de 12000 hommes, vient camper à la fin de mai 1635 sous le château de Montjoie. Saint-Belmont, capitaine lorrain, s’était jeté dans la forteresse, dont l’assise sur un roc élevé au milieu d’une vallée profonde était sa meilleure défense. Une sommation est signifiée à Saint-Belmont, et il refuse de se rendre. Pour attaquer la forteresse avec avantage, le maréchal avait à loger son canon sur un tertre incliné de l’autre côté du ravin, au couchant ; mais pour y arriver, il n’y avait qu’un chemin dans l’étroit espace de cette coupure, au pied même des murs du château. Saint-Belmont tuait à coups de mousquet les bœufs et les chevaux attelés pour monter les canons ; et tant qu’il eut des munitions, jamais l’ennemi ne put occuper avec son artillerie le point dominant la forteresse. Quand la poudre vint à manquer, le capitaine lorrain ne se rendit pas encore : il subit plusieurs volées de canon et ne capitula qu’après que la brèche fut praticable, après plus de trois semaines d’une honorable défense. Les vainqueurs firent sauter les tours et les murailles du château, en brûlèrent les maisons, ainsi que celles du bourg ; la chapelle seule fut épargnée, ses murailles, rougies par le feu à l’extérieur, attestent encore de nos jours l’intensité de l’incendie. »

 

Après la destruction complète du château et du village, il restait un amas de ruines, quelques familles sont restées sans projets de reconstructions ou de rénovation. En 1930, on retrouve un boulet de canon de 9 centimètres, c’est un habitant de Montjoie-le-Château qui le garde précieusement.  Les premières démarches de fouilles et de restauration ont débuté dans les années 1980, elles ont permis de retrouvé de nombreux objets (pièces de monnaie, broches, clou en fer forgé et quelques carreaux de poêle…).

 

Sources : Merci à L'abbé Richard, Girardin Gilbert,  Association de sauvegarde du château de Montjoie, Wikipiedia.

 

Quelques photos : 

 

 

Pour s’y rendre : Depuis Saint-Hippolyte, prendre la rue de Sainte-Ursanne ( ou D437c) en direction de Soulce-Cernay ou de la Suisse. Quelques kilomètres après avoir dépassé la commune de Soulce-Cernay, tourner à gauche sur la D383 et traverser le pont. Au choix parking 1 : Juste après le pont, ou parking 2 : au second croisement dans la commune.

 

A proximité : 

  • Parc préhistorique et grotte de Réclère (Suisse)
  • Grotte du château de la Roche
  • Village pittoresque de Sainte-Ursanne (Suisse)
  • Grotte du Bisontin à Liebvillers

 

Sur la carte :

 

 

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