L’abbaye de Cherlieu – Montigny-Lès-Cherlieu (70)

 

L’abbaye cistercienne de Cherlieu a été bâti le 17 juin 1131. Aujourd’hui, un bien mince vestige s’offre à nous puisqu’il ne reste plus qu’un pan de mur et quelques traces sur d’anciennes bâtisses aux alentours. Avant l’abbaye, il existait un prieuré depuis 1127.

Le site se visite librement toute l’année et, est à ce jour, gratuit. Pour le visiter, il faut se rendre en Haute-Saône, dans un vallon situé entre Bougey et Montigny-Lès-Cherlieu. L’endroit a été choisi pour son isolement et sa tranquillité. Le petit ruisseau et la forêt toute proche permettent de conforter d’autres besoins.

Le premier abbé, nommé Guy, vient de l’Abbaye de Clairvaux (fondé en 1115) escorté d’une douzaine de religieux. Soutenu par Saint-Bernard, ils seront bien plus tard jusqu’à 600 moines. Guy mourra vers 1157. Au cours des 12ième et 13ième siècle, l’abbaye était l’une des plus riches de Bourgogne. Elle a participé à la création de nouveaux monastères dont Notre-Dame d’Acey à Vitreux, l’abbaye du Gard à Crouy-Saint-Pierre dans la Somme, à l’abbaye cistercienne de Haut-Crêt à Oron en Suisse, l’abbaye d’Hauterive en Suisse également, l’abbaye de Beaulieu à Haute-Amance en Haute-Marne.

Le pan de mur encore visible à ce jour est le vestige de l’ancienne église abbatiale. Elle était disait-on, au temps de sa splendeur, de dimensions comparable à la Basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay. Elle était d’une longueur de 105 mètres et de 54 mètres de large. A l’intérieur, il existait Sept chapelles. Seul vestige de cette ancienne église, une statue sauvegardée et bien gardé dans l’église de Preigney. Pour la voir, il faut en faire la demande.

 

Des plaquettes sont mises à disposition gratuitement aux visiteurs. Ainsi on peut voir un plan qui nous explique les divers bâtiments qui composaient l’abbaye. Un autre plan de l’église abbatiale nous montre sa forme originale. On peut donc mieux comprendre l’infrastructure de l’ensemble de l’abbaye et deviner où se situait la maison du procureur datant du 18ième siècle, les bâtiments agricoles, le puits, le dortoir des moines, le palais abbatial datant de 1776, l’ancienne porte de l’abbaye, la grange aux dîmes et celle de Saint Antoine.

Les moines respectaient la règle de Saint Benoît qui consistait à prier et à travailler dans les ateliers ou dans les champs. On trouvait à cette époque, dix-sept granges cisterciennes dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres.

A partir du 14ième siècle, la vie paisible des moines sera troublée par plusieurs assauts. Des brigands, appelés les “Tard-Venus” connu pour avoir ravagé la région Lyonnaise et l’Auvergne passeront à Cherlieu. Dans le même temps, l’abbaye est confrontée aux maladies mortelles comme la peste. La pauvreté, et la guerre affaiblissent également la communauté.

Le second assaut sera lancé par une autre troupe armée, nommé “Les écorcheurs”. Ils siègent durant deux ans (1437-1439) à l’abbaye, puis prennent un abbé en otage, qu’ils libèrent finalement contre une rançon.

En 1569, les nombreux tombeaux sont détruits, un incendie se déclare au cloître, ces incidents ont été menés par les hommes du baron de Savigny. Période noire de l’abbaye, le mois suivant cet incendie, on ne retrouve quasiment plus que des murs. L’abbaye sera pour ainsi dire, désertée, jusqu’à l’intervention de l’abbé Ferdinand de Rye en 1613.

Durant une vingtaine d’années, Ferdinand de Longwy, dit de Rye, fera en sorte que l’abbaye reprenne une seconde vie. On lui doit la croix que l’on peut encore voir aujourd’hui (facilement reconnaissable, daté de 1613). Malheureusement, ce rebond ne dura pas plus de deux décennies car les Français durant la guerre de dix ans maltraitent le lieu, les Suédois lors de leurs passages en 1637 finiront la destruction du site.

L’abbaye connaîtra une période de rebond entre 1701 et 1773, lorsque certains bâtiments sont reconstruits. Mais les ravages de la Révolution feront que l’abbaye n’ira pas plus loin sur l’échelle historique.

A savoir qu’à son apogée, il existait de nombreuses et remarquables sépultures sur le site de l’abbaye de Cherlieu. On note par exemple celle d’Othon IV, celle de Jean de Rupt ou encore d’Hugues de Chalon…

 

Sources : Plaquette sur site (association Cherlieu présence cistercienne), Wikipedia, panneaux sur site.

 

Quelques photos :

 

 

Pour s’y rendre : Depuis Bougey, prendre Grande Rue, puis prendre la direction de Cherlieu. Depuis Montigny-Lès-Cherlieu, prendre rue du pave (D45) puis tourner en direction de Cherlieu. L’Abbaye ruiné se trouve dans le petit hameau de Cherlieu.

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