La grotte de Tante Arie – Pierrefontaine-Lès-Blamont (25)

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Sur le chemin …

Avant de commencer de parler de la légende de tante Arie qui nous fera voyager dans la féerie du pays de Montbéliard, nous allons essayer de situer la grotte et de décrire ce que l’on voit tout au long du trajet qui nous y mène. Tout d’abord, depuis Blamont, une longue descente nous achemine à un croisement, prendre le sentier à droite qui continue de descendre jusqu’à la fontaine des morts.

La fontaine des morts :

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La fontaine des morts, également appelée la fontaine des Vaugonderis (fontaine des Fontenottes ou fontaine Carré), date du 16ième siècle. Son nom provient de la funeste maladie de l’époque : la peste. Les villageois avaient pour lugubre habitude mais sans meilleur choix que d’enterrer les morts en contrebas de la fontaine dans le val des Vaugonderis (Combe Noire). La fontaine est partie “aux oubliettes” jusqu’en 1990. C’est en passant à proximité, qu’un groupe de randonneurs remarque les blocs de pierres sous la végétation. La fontaine a pu être redécouverte et restaurée.

La grotte de la tante Arie :

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C’est ici, dans cet antre que débute la légende de Tante Arie. Cette bonne mère était considérée comme une fée bienfaisante dans le pays de Montbéliard, elle aurait selon la légende habitée cette minuscule grotte creusée dans la falaise. Vous connaissez sans nul doute l’histoire du Père Noël, l’homme à la barbe blanche chargé d’apporter des cadeaux sur son traîneau et de les distribuer aux enfants sages. Dans l’agglomération de Montbéliard, la Tante Arie remplace le Père Noël, et au lieu d’avoir des rennes comme moyen de transport, elle avait comme compagnon “Marion”, un âne qui pouvait charroyer les cadeaux et les confiseries à partager.

Le 24 décembre au soir, elle avait pour habitude de déambuler sur les routes du coin à l’aide d’un bâton, le son des clochettes que portait Marion endormait les enfants; Tante Arie dans un élan de générosité pouvait ainsi faire la distribution de jouets, de bonbons, de biscuits qu’elle avait pris soin de confectionner tout au long de l’année.

On dit que cette grotte était son lieu d’habitat, vrai et faux, la bonne fée habitait d’autres grottes comme celles du Mont-Bart à Bavans, celle de Vyans-le-Val en Haute-Saône, ou encore la grotte de Milandre à Boncourt en Suisse. On peut dire que celle-ci était son principal logis, celle ou elle passait le plus clair de son temps. Ces autres grottes servaient de point relais car elle aimait beaucoup voyager et veillait toute l’année à ce que les enfants et adultes soient bien.

A l’entrée de la grotte, on trouve une “offrande” dans un creux :

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La tradition populaire veut que si on lui apporte une offrande et qu’on l’a place dans cette petite lucarne, la fée nous protège tout au long de l’année. Tante Arie apprécie bien volontiers les fleurs, quelques branches de gui, du pain, et du lait. Lors de notre visite nous avons pu constater que la tradition perdure comme en témoigne la photo.

 

On peut lire sur les parois de la grotte de Tante Arie  deux inscriptions intrigantes . Tout d’abord  « IHS – Eine Feste Burg ist unser Gott » ; ce qui est traduit par « une forteresse est notre Dieu ». La seconde inscription est une date “1855”.

Il faut savoir que “IHS” est un monogramme chrétien utilisé par l’Eglise protestante de Genève signifiant “Iesus Hominum salvator”.

“Eine Feste Burg ist unser Gott” est une Cantate de Jean-Sébastien Bach BWV80. Martin Luther est également à l’origine d’un cantique protestant : Ein’ feste Burg ist unser Gott tiré de la bible, psaume 48.

En 1855, l’Eglise luthérienne du Pays de Montbéliard était rattachée à l’Eglise luthérienne d’Alsace et de Lorraine (jusqu’à la guerre de 1871)  et  formait une entité connue sous l’appellation :  Eglise de la Confession d’Augsbourg  (église luthérienne).

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L’intérieur de la grotte est peu profond mais suffisamment pour y aménager un habitat. La structure dans la cavité propose même à quelques endroits des étagères naturelles, des orifices et ce qui ressemble à une cheminée (seulement en apparence). Une cavité plus large au fond de la grotte permet de se cacher ou de pouvoir dormir un peu plus en sécurité.

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Qui était Tante Arie ? On suppose que la légende se rapporte à Henriette d’Orbe-Montfaucon qui était comtesse de Montbéliard et mariée alors qu’elle n’était qu’une enfant en 1407 à Eberhard IV comte de Wurtemberg. Lorsque celui-ci mourut en 1419, Henriette reprend la gouvernance de Wurtemberg et de toutes ses possessions. Malheureusement pour Henriette, elle est destituée par ses deux fils, elle doit alors se réfugier au château d’Etobon en Haute-Saône (Il ne reste aujourd’hui plus rien de ce château à part quelques pierres apparentes et d’anciens fossés). En remerciement, Henriette apporte tout son soutien aux habitants de ce petit village.

Elle meurt à l’âge de 57 ans, en 1444. De jolis récits à propos de cette grande dame se transmettent de famille en famille lors de veillées. Elle était tellement aimée qu’au fil des décennies, ces souvenirs se transforment en une magnifique légende qui s’est propagé dans le secteur de Montbéliard, Belfort, Blamont, Hérimoncourt, Clerval et Porrentruy dans l’Ajoie en Suisse.

Encore aujourd’hui, lors du célèbre marché de noël de Montbéliard, on peut croiser Tante Arie distribuer des friandises avec son âne Marion.

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La grotte est située dans la Combe noire, réputée être un endroit lugubre par son apparence angoissante et sombre, mais aussi par ces histoires dramatiques. Lorsque la peste toucha la région, c’est en ce lieu qu’on enterra les corps des morts. Mais bien d’autres histoires se réfèrent à la Combe noire. Par exemple, on raconte qu’un ermite vivait près de la grotte dans une cabane qu’il avait fabriquée lui même, il vécut longtemps dans la solitude la plus totale. Mais l’homme vieillit et sent qu’il va bientôt mourir, il cherche cette fois à se rapprocher des vivants. Il décide alors de faire des cadeaux pour les habitants avec ce qu’il a sous la main : du bois, des chiffons. Il fabrique quelques objets qu’il prend soin de poser devant la porte des maisons le soir de Noël. Quelques jours plus tard, des villageois découvrent le vieil homme mort dans la grotte de Tante Arie, le malheureux s’était réfugié là parce que la neige a eu raison de sa cabane. Son corps était entouré de plusieurs figurines qu’il voulait terminer pour les offrir au plus vite.

La Fontaine-Ronde : 

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Au détour de la balade, nous rencontrons la Fontaine-Ronde, d’après les notes de Charles Masson (Les nouvelles astrées. Livre quatrième. 1805) :

La creuse est une source abondante qui sort d’un rocher de tuf, dans un vallon, au dessous de Blamont ; c’est là que les femmes du lieu viennent chercher l’eau avec de grandes fatigues. Elles la portent, avec une dextérité merveilleuse, sur leur tête, dans des grands sceaux de sapin blanc, ce qui a donné lieu à ce dicton : “L’eau de Blamont fait mal à la tête”, quoi qu’il y en ait peu de si pure et de si saine. Celle de la Fontaine-Ronde, surtout, est recommandable par sa grande légèreté, et on lui attribue des qualités médicinales.

 

Sources : Panneaux communaux (Circuit Charles Masson). Publications diverses. Oeuvres de Charles Masson. Imprimés trouvés dans la grotte. Wikipedia.

 

Quelques photos : 

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Pour s’y rendre : Le plus simple est de se garer à Blamont, depuis Montbéliard prendre la D437 en direction de Seloncourt/Valentigney, suivre direction Bondeval, puis Blamont (D35). Une fois à Blamont, se garer soit sur le parking de la commune ou s’engager dans la rue des pâquerettes (en face du cimetière) et se garer le long du chemin.

A proximité : 

  • Gouffre du Trou de la Chèvre (même secteur)
  • Fort du Lomont (et ces sentiers de randonnées)
  • Fort des Roches (Mont Echeroux)
  • Source de la Doue

 

Sur la carte :

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