Le Saint-Mont – Saint-Amé (88)

Nous voici sur les pas d’un haut lieu cultuel et historique dans le massif des Vosges. Le Saint-Mont se trouve entre Saint-Amé et Saint-Etienne-Lès-Remiremont, son point culminant est à 672 mètres d’altitude. L’ascension peut se faire seulement à pied, depuis les deux communes, ou bien depuis le lieu-dit de “Saint-Romary”.

Tout commence au temps des Gaulois, on vénérait en ce lieu le Dieu panceltique “Belen” ou “Belenos”. Aucunes représentations de ce dieu n’ont été retrouvées, mais des inscriptions permettent d’attester son existence (ou même des gravures, comme sur le Chaudron de Gundestrup par exemple). La principale fête celtique lui était dédiée, il s’agissait de Beltaine (en gaélique). Pour les Gaulois, il s’agissait d’un dieu suprême et guérisseur, il soignait grâce à la brillance de sa lumière.

Les romains en ont fait un castrum, c’est à dire un campement fortifié. Les soldats romains qui fréquentaient le lieu, vouaient un culte à la déesse Mithra. Il s’agissait également d’une divinité suprême aux origines indo-aryenne en lien avec le soleil, le rayonnement et la brillance.

L’histoire nous plonges ensuite au 7ième siècle. Deux Saints : Amé et Romaric. Tous deux étaient mystiques, intransigeant, prédicateurs itinérant et passionnés de solitude dans les grandes contrées sauvages et retirées. Saint Romaric, seigneur à la cour de Clotaire II, est converti par saint Amé qu’il suivit, en 617, au monastère de Luxeuil, adoptant la règle de saint Colomban. Saint Amé, quant à lui, était moine du monastère de Saint-Maurice-d’Agaune en Suisse. Il est amené au monastère de Luxeuil par Eustache de Luxeuil. En l’an 620, Saint-Amé et Saint-Romaric décident de faire bâtir l’abbaye colombanienne du mont Habend (ancienne appellation du Saint-Mont). Charlemagne, Louis le Pieux et Lothaire Ier auraient séjournés plusieurs fois au Saint-Mont. A cette époque, le Saint-Mont et le Morthomme juste derrière sont des coins reculés, où l’on vit en harmonie avec la nature. L’endroit est entouré de forêts et de rivières.

A ce sujet, le Morthomme a intéressé un troisième saint et l’a invité au recueillement. Il s’agit de Saint Arnould. Ancêtre de Charlemagne., précepteur du roi Mérovingien Dagobert 1er, Maire du Palais d’Austrasie, Évêque de Metz. Après avoir abandonné sa charge, il est venu rejoindre Saint Romaric au Saint-Mont, puis, s’est retiré au Morthomme en quête de solitude et pour soigner les lépreux jusqu’à sa mort, le. 16 Août 640. ( Lire l’article sur la croix et l’ermitage de Saint-Arnould ).

A savoir : Le Saint-Mont et le Morthomme sont séparé par un pont en bloc de pierres non taillées. D’après une légende, il est appelé “le pont des fées”. Sa mystérieuse construction n’apparait dans aucunes mentions. Voici le lien menant à l’article correspondant au pont des fées.

Le “monasterium Habendum” est abandonné au 9ième siècle par les religieuses (auparavant, il était le premier monastère féminin d’Austrasie). Le Saint-Mont sert de refuge lors de diverses invasions et, est occupé de temps en temps par des ermites, puis par le bienheureux Richard, abbé de Saint-Vanne de Verdun et quelques disciples.

Le site est officiellement réinvesti au 12ième siècle par un prieuré augustin, qui deviendra bénédictin et qui perdure jusqu’à la Révolution. Durant les deux derniers siècles de son existence, le prieuré subit une série d’incendies, il est reconstruit à chaque fois.

Abandonné depuis 1790 et ce, durant 29 années. Un entrepreneur décide d’acheter le site en 1819. Il détruit tout pour construire une maison en récupérant les pierres sur place. En 1965 débutent des fouilles archéologiques,

Ce que l’on peut voir actuellement au Saint-Mont :

  • La maison d’habitation contemporaine, utilisée pour l’archéologie.
  • La chapelle érigée en 1852 par Charles Galmiche, qui abrite un sarcophage. Construite sur les fondations de l’ancienne église Saint-Pierre
  • Les vestiges de la chapelle Saint-michel
  • Les vestiges de bâtiments conventionnels
  • Les vestiges du prieuré médiéval
  • Les vestiges de deux chapelles médiéval, et d’une aire funéraire comprenant 90 tombes.
  • Les vestiges d’un rempart.
  • Les restes d’une villa mérovingienne.

Le site du Saint-Mont est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1995,

Quelques photos :

Pour s’y rendre :

Depuis Remiremont, prendre la D417 en direction de Gérardmer, au rond-point de la zone commerciale de Remiremont, prendre la sortie indiquant Saint-Étienne-lès-Remiremont en empruntant l’avenue de l’Europe. Continuer rue de la Moselotte. Au prochain rond-point, prendre la première sortie rue des 5ème et 15ème BCP, une fois devant la Gendarmerie, continuer en empruntant la route de Saint-Romary. Se garer face au restaurant du lieu-dit “Saint-Romary”, un parking pour les randonneurs a été aménagé.

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